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Les couleurs en homéopathie

Actualités

La prédilection pour une couleur comme symptôme homéopathique

Lien direct vers la liste couleur–remède et vers la liste remède–couleur

Version anglaise

La similitude est l’essence de l’homéopathie : l’homéopathie choisit les remèdes appropriés selon le principe de similitude. Un remède doit ressembler autant que possible à l’état que l’on appelle maladie ; il doit présenter une « image du remède » qui corresponde non seulement aux symptômes objectifs de la maladie, mais à l’ensemble de l’état pathologique. Cela inclut aussi les changements de comportement et les sensations individuelles.

Trois éléments principaux caractérisent la démarche homéopathique : l’anamnèse, la répertorisation et le choix comparatif du remède. L’anamnèse homéopathique est une forme élargie de l’interrogatoire médical habituel. Dans une vue d’ensemble, on analyse ensuite tous les aspects essentiels qui conduiront finalement au choix du remède le plus semblable. Cela peut être difficile, car la gamme de remèdes est souvent immense, et seuls quelques-uns se ressemblent suffisamment à l’état pathologique pour être efficaces sous forme homéopathique. On peut « répertoriser » les symptômes les plus importants et ainsi s’épargner les recherches fastidieuses dans de gros ouvrages. Le répertoire nous propose des remèdes correspondant aux symptômes. Parmi ces propositions, il faut ensuite filtrer le remède le plus semblable et le plus approprié.

Un exemple : Prenons une patiente qui se plaint de vertiges associés à des nausées et un réflexe de vomissement ; le vertige et l’état général s’améliorent quand elle ferme les yeux. On répertorise ces signes de la maladie (= symptômes) et on compare les remèdes potentiels proposés qui correspondent à ces symptômes. Cela donne par exemple :

Dans notre répertorisation, Conium figure en première place : les deux symptômes « vertige avec nausées » (vertige avec nausées) et « vertige, amélioration en fermant les yeux » (vertige, amélioration en fermant les yeux) nous montrent, classés selon leur valeur, les remèdes issus de cette saisie (Con, Ferr, Acon...). Con est l’abréviation de Conium (la cigüe), Ferr pour Ferrum (le fer), Petr pour Petroleum, Tab pour Tabac, etc. Qui connaît bien ses remèdes et a intégré les images des remèdes verra immédiatement, pour chaque proposition de cette première sélection, d’autres points de référence par rapport à notre patiente. Peut‑être souffrait‑elle déjà depuis l’adolescence d’une anémie par carence en fer et avait‑elle souvent besoin de préparations de fer. Alors Ferrum, en deuxième position, sera considéré de plus près pour ses vertiges. Ou il s’agit d’une vieille femme renfermée, sans mari, un peu scléreuse ou avec des signes de démence : Conium serait alors le premier choix. Ou encore d’une patiente ayant des intérêts littéraires et des troubles du sommeil, qui soigne son mari malade depuis des années : Cocculus en septième position serait alors probablement le remède, même s’il ne couvre pas le second symptôme « vertige, amélioration en fermant les yeux ».

Les remèdes homéopathiques parlent la même langue que les maladies : on peut ainsi comparer directement l’image du remède et l’image de la maladie. C’est l’un des traits décisifs de l’homéopathie, et cette équation simple rend la démarche homéopathique très pratique. La connaissance des remèdes ne repose pas d’abord sur des conceptions physiopathologiques comme pour des « antihypertenseurs » ou des « antibiotiques », ni principalement sur la réduction des taux de lipides ou de glucose sanguin. Elle consiste plutôt en images de remèdes. Des sujets sains, le plus souvent des médecins homéopathes eux‑mêmes, ont testé sur eux et sur d’autres comment les remèdes agissent sur la personne vivante et sentante. Ces « essais » ont été consignés dans des ouvrages volumineux. À l’origine, ce n’étaient que des recueils de symptômes issus des essais de remèdes. Ce foisonnement de symptômes était difficile à apprendre, mais les images des remèdes ont connu une évolution favorable au cours des 200 dernières années. Elles sont devenues plus compréhensibles et donc plus faciles à apprendre. Surtout, les symptômes originaux des essais sont devenus plus accessibles depuis l’apparition des programmes informatiques de répertorisation, qui peuvent extraire en un clic, à partir d’énormes bases de données comprenant des milliers de remèdes et des centaines de gros ouvrages, ce que l’on cherche.

La préférence de couleur est un symptôme caractéristique. Comme nous le voyons, non seulement des symptômes comme « vertige, mieux en fermant les yeux » participent au choix du remède, mais aussi les caractéristiques générales du patient et son état subjectif ; elles peuvent même être plus importantes que certains symptômes locaux. La préférence de couleur est un de ces caractères généraux. Elle reflète l’humeur de base du patient, sa « fréquence propre », et cette fréquence résonne particulièrement quand on administre un remède qui lui correspond. Les remèdes homéopathiques ne guérissent les maladies chroniques que s’ils peuvent, par similitude avec la vibration fondamentale du patient, générer une résonance. C’est pourquoi seules de très faibles doses suffisent pour produire un effet. Mais même en cas de maladies aiguës, il est utile, parmi la petite sélection de remèdes ressemblants, de choisir celui qui a montré une préférence de couleur similaire. Nous en dirons plus dans les sections suivantes.

La préférence de couleur est comparable aux modalités, mises en évidence autrefois par Clemens von Bönninghausen et qui jouent aujourd’hui un rôle central dans l’analyse de polarité selon Heiner Frei. Elles ne sont pas non plus des signes locaux et extérieurs de la maladie comme « vertige » ou « nausée », mais les mouvements de l’organisme vivant qui cherchent à compenser le problème par certaines mesures comme fermer les yeux, ou des influences de température comme la chaleur ou le froid, ou des influences mécaniques comme la pression ou l’étirement, etc.

La couleur noire est la couleur de Conium : quand une préférence de couleur clairement exprimée revient de manière répétée sur une longue période, elle peut être utilisée comme caractéristique générale du patient. Supposons que quelqu’un préfère nettement le noir. Le choix d’un remède similaire se trouvera le plus souvent dans la rubrique Noir :  liste couleur–remède.

 

Nous remarquons que dans cette rubrique figurent par exemple la plupart des plantes de la famille des Apiacées (ombellifères), mais aussi des remèdes comme Graphites, Argent ou Titane. Conium, la cigüe, est une variante particulièrement toxique des Apiacées, avec laquelle Socrate est mort. Le récit de sa mort par la coupe de cigüe a été consigné par son élève Platon et nous donne une image relativement précise du remède Conium, montrant la paralysie ascendante avec la conscience conservée jusqu’au moment de la mort.

Conium comme origine du symptôme couleur : Socrate n’a donc pas seulement succombé au poison de la cigüe, il a indirectement aussi contribué à l’émergence du symptôme homéopathique de la préférence de couleur. Il se voyait lui‑même comme un accoucheur d’idées nouvelles, ce qui a encore des répercussions 2500 ans plus tard, car un patient de Conium inspira, au milieu des années 1980, le médecin interniste et ancien pneumologue de Cologne Dr Hugbald Volker Müller (1921–2000) à envisager la préférence de couleur comme symptôme homéopathique. Le patient disait se sentir particulièrement bien et que ses troubles s’amélioraient quand il se promenait la nuit dans l’obscurité. Il disait aussi qu’il aimait particulièrement la couleur noire. Müller vérifia ensuite chez d’autres patients qu’il avait guéris par Conium s’ils avaient aussi une préférence pour le noir, et il trouva que cela se vérifiait chez plusieurs patients, surtout chez ceux qui avaient répondu particulièrement bien et profondément à ce remède. L’idée que d’autres remèdes puissent également partager une préférence de couleur commune était née et se trouva confirmée.

 

H.V. Müller à l’âge de 80 ans

 

Le développement pratique du symptôme couleur : Pour pouvoir travailler scientifiquement avec cette idée, il fallait cependant une standardisation validée des couleurs, par exemple selon le système Pantone, RAL ou similaire, comme les imprimeurs l’utilisent. Müller choisit comme outil de mesure le « Petit lexique des couleurs » de Kornerup et Wanscher, parce qu’il était très complet et prenait aussi en compte les nuances de gris, qui se sont cependant révélées, à l’usage prolongé, plutôt gênantes. Le petit lexique est paru dans sa dernière édition en 1981 et n’est plus disponible que d’occasion. C’est avec ce système qu’il commença à définir la préférence de couleur chez chaque patient. Certains patients, guéris par le même remède, ne choisissaient pas seulement une couleur approximativement semblable, mais sélectionnaient exactement la même nuance parmi 1266 nuances. Néanmoins Müller constata vite que la précision pour un même remède variait entre certains champs de couleur définis. Il élargit alors la zone attribuée au remède à plusieurs champs de couleur. À cette époque, nous étions déjà en contact étroit avec lui et échangions nos expériences.

C’est alors que j’ai commencé à développer un système de couleurs propre, tenant compte de ces observations et spécialement adapté à l’utilisation homéopathique. Quand je le présentai à Müller en 1993, il fut immédiatement enthousiaste et estima que c’était la bonne approche, qu’il fallait la poursuivre et la publier. Les meilleurs éditeurs homéopathiques de l’époque insistaient cependant pour un tirage en quadrichromie offset, car c’était moins cher que l’impression « en tons directs ». Mais cela aurait faussé la fidélité des couleurs pour de nombreuses teintes, comme je pus le vérifier rapidement en utilisant le nuancier Pantone. La publication fut donc retardée. Malheureusement Müller mourut en 2000 et ne vit pas l’ouvrage publié en auto‑édition. En 2003, en raison des difficultés, et après que l’éditeur Haug eut lui‑même refusé le livre dans la qualité d’impression souhaitée, nous décidâmes de le publier en auto‑édition. Ce n’est qu’ainsi que nous pûmes respecter nos exigences élevées en matière de fidélité des couleurs.

C’est ainsi que le livre de couleurs rejeté conduisit finalement à la création du Narayana Verlag sous sa forme actuelle, et il allait s’avérer qu’au cours des dix années suivantes il s’imposerait, malgré tous les obstacles, comme la maison d’édition homéopathique de référence en Allemagne.

 

Le nouveau standard couleur « Couleurs en homéopathie » est paru en 2003

Cette année‑là parut pour la première fois l’atlas des couleurs Couleurs en homéopathie. L’ouvrage existe désormais en cinq langues et en est actuellement à la septième édition largement augmentée. Les préférences de couleur sont, au fil des années, devenues un symptôme supplémentaire précieux de la materia medica homéopathique. Le répertoire des couleurs est utilisé avec succès dans le monde entier et est exploité, indépendamment des écoles et des orientations, comme information complémentaire pour le choix du remède.

Grâce à la collaboration internationale de praticiens homéopathes compétents, le nombre de remèdes définis par couleur a nettement augmenté. H.V. Müller nous laissa en 2000 une base d’environ 460 remèdes, qui est aujourd’hui passée à environ 1200, soit deux fois plus qu’à l’époque de la première édition du livre de couleurs. Il est très réjouissant de constater le grand nombre de confirmations indépendantes de ces définitions colorimétriques. Beaucoup d’homéopathes rapportent avoir été amenés, grâce au symptôme couleur, à prescrire avec succès des remèdes « modestes » auxquels ils n’auraient autrement pas pensé. Ces contributions ont permis d’apporter des modifications ou des compléments à des affectations de couleurs antérieures.

Une liste sans cesse croissante des corrélations couleur–remède est mise à disposition ici gratuitement. Elle est souvent mise à jour et peut être imprimée par chaque utilisateur, de sorte que le répertoire des couleurs reste toujours à jour : lien vers la liste couleur–remède et vers la liste remède–couleur

 

Commentaire de notre site web par Jörg J. Müller

Une coïncidence rare : quelques jours avant la parution de cette Homeonews nous est parvenue cette recension du livre de couleurs :

Prêter attention au symptôme d’humeur « couleur préférée » !
Comme en homéopathie on ne traite pas des maladies mais des patients qui ont développé des symptômes spécifiques ressemblant à l’image d’un remède homéopathique, il n’y aura pas UN remède contre une infection COVID‑19. Comme toujours, il faut individualiser. En premier lieu, la préférence de couleur (la « couleur préférée » du patient) doit tenir lieu de symptôme d’humeur de plus haute valeur. Grâce à elle, on peut, en diagnostic différentiel, exclure d’emblée des remèdes. Cette méthode introduite par le Prof. Dr Hugbald Volker Müller (1921–2000, médecin homéopathe à Cologne) s’est avérée, depuis plus de 45 ans, dans des centaines de cas. Ainsi le très demandé Camphora aidera surtout les personnes dont la couleur préférée est un pourpre‑rouge (13‑14 AB 8 selon H.V. Müller ou 11C selon U. Welte) ou un orange (6C selon U. Welte). Les patients de Grindelia choisissent le noir, Chininum muriaticum préfère le rose (9A) ou le rouge (9C). D’autres remèdes mentionnés jusqu’à présent en relation avec cette pandémie sont : Bryonia (un vert olive : 1‑3DE), Kalium carbonicum (un bleu vif : 15‑16C), Lycopodium (un bleu‑noir : 15‑16E), Mercurius sol. (un bleu‑vert foncé : 19DE) et Phosphorus (un vert vif : 20‑22C). Les homéopathes qui ne travaillent pas encore avec la préférence de couleur, mais qui ont déjà obtenu des succès thérapeutiques chez des patients COVID‑19, devraient, pour vérification, interroger rétrospectivement leurs patients sur leur couleur préférée ! Je pense qu’ils seraient surpris et que cela aiderait énormément de partager ces expériences. (Planchettes de couleurs d’Ulrich Welte : Couleurs en homéopathie. Narayana Verlag)

von Narayana Verlag