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Alopécie en plaques : causes, symptômes et approches thérapeutiques

Actualités

La chute de cheveux en plaques peut survenir soudainement et est donc souvent totalement inattendue pour les personnes concernées. Derrière ces zones chauves nettement délimitées ne se cache toutefois pas seulement un problème cosmétique : la dite alopécie areata est une maladie auto-immune à médiation immunitaire, dans laquelle le système immunitaire s'attaque à des structures du follicule pileux. Dans cet article, vous apprendrez notamment ce qui caractérise la perte de cheveux en plaques, comment la maladie se développe et quels facteurs génétiques et immunologiques peuvent y jouer un rôle. En conclusion, vous recevrez dix conseils holistiques qui peuvent aider à mieux vivre la maladie au quotidien.

Qu'est‑ce que la perte de cheveux en plaques ?

Dans la perte de cheveux en plaques – désignée médicalement comme alopécie areata – une réaction immunitaire erronée s’attaque aux structures du follicule pileux et perturbe sa fonction normale. En règle générale, les follicules pileux ne sont pas détruits de façon permanente. Il existe donc fondamentalement la possibilité que les cheveux repoussent aux endroits atteints. Cette forme de chute de cheveux se caractérise par des plaques chauves apparaissant soudainement, le plus souvent bien délimitées et de forme ronde ou ovale sur le cuir chevelu. Le cours de la maladie peut toutefois varier considérablement, allant de quelques petites zones isolées à une perte étendue de cheveux.

Selon l’étendue, différentes formes d’alopécie areata sont distinguées. Dans la variante classique, apparaissent une ou plusieurs plaques chauves, tandis que l’alopécie totale entraîne une perte de l’ensemble des cheveux du cuir chevelu. L’alopécie universelle a un retentissement encore plus étendu, pouvant toucher en plus du cuir chevelu le duvet corporel. Une forme particulière est également la forme ophiasique, dans laquelle la perte de cheveux se répartit surtout en bande le long du pourtour du cuir chevelu. Cette liste de formes différentes illustre que la perte de cheveux en plaques ne suit pas toujours le même cours et peut varier fortement en termes d’étendue et de gravité.

Causes possibles de l’alopécie areata

La question des causes de l’alopécie areata n’est pas encore entièrement élucidée. Le mécanisme central retenu est cependant une réaction erronée du système immunitaire contre le follicule pileux. Les cellules T jouent notamment un rôle important en attaquant des structures du follicule pileux et en perturbant ainsi le cycle normal de croissance des cheveux. L’alopécie areata est donc classée parmi les maladies auto‑immunes à médiation immunitaire. Par ailleurs, une prédisposition génétique semble jouer un rôle important : chez une partie des personnes atteintes, la maladie apparaît de façon plus fréquente au sein d’une même famille. Une prédisposition génétique à elle seule ne permet toutefois pas de prédire si et à quel moment la perte de cheveux en plaques se manifestera réellement.

Outre des facteurs génétiques et immunologiques, divers facteurs externes sont discutés comme déclencheurs possibles. Le stress psychique en est un exemple, bien que les données disponibles ne suffisent pas à en faire une cause unique. L’alopécie areata survient également plus fréquemment en association avec d’autres maladies à médiation immunitaire, notamment des maladies de la thyroïde, le vitiligo ainsi que des affections atopiques. Cela renforce l’hypothèse que des mécanismes génétiques et immunologiques partagés peuvent intervenir. Néanmoins, l’apparition d’une perte de cheveux en plaques ne signifie pas automatiquement la présence simultanée d’une autre maladie auto‑immune.

Perte de cheveux en plaques et autres maladies auto‑immunes : existe‑t‑il un lien ?

L’alopécie areata est classée comme une maladie auto‑immune à médiation immunitaire. Cela signifie que le système immunitaire se retourne à tort contre des structures de l’organisme – ici principalement contre les follicules pileux. Parallèlement, diverses études montrent que les personnes atteintes de perte de cheveux en plaques présentent plus souvent d’autres maladies à médiation immunitaire que les personnes sans alopécie areata. Les maladies auto‑immunes de la thyroïde et le vitiligo ont été particulièrement étudiés dans ce contexte, ces maladies impliquant elles aussi une attaque du système immunitaire contre des tissus ou des types cellulaires de l’organisme. Des maladies telles que le lupus érythémateux systémique ou des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ont également été mises en relation avec l’alopécie areata dans des études.

Bien que cette association soit notable, cela ne signifie pas qu’un cas de perte de cheveux en plaques cache systématiquement une autre maladie auto‑immune. Les chercheurs pensent plutôt que certains facteurs génétiques et immunologiques peuvent se recouper, favorisant ainsi l’apparition de différentes maladies à médiation immunitaire. Les affections atopiques comme la dermatite atopique surviennent aussi relativement souvent chez les personnes atteintes d’alopécie areata. La présence et la nature des maladies associées varient toutefois d’un individu à l’autre. Une chute de cheveux en plaques survenant soudainement n’est donc pas, en soi, une preuve d’une autre maladie auto‑immune, mais peut justifier une investigation médicale si des signes complémentaires existent.

Quelles personnes sont particulièrement à risque ?

Comme mentionné, les personnes dont la famille a déjà été atteinte présentent un risque accru d’alopécie areata. Une revue systématique et méta‑analyse récente de 2025 a analysé 67 études portant sur plus de 24 000 personnes concernées et a retrouvé environ 17,6 % d’antécédents familiaux positifs chez les personnes atteintes d’alopécie areata.1 Cela indique une composante génétique pertinente, sans toutefois signifier que la maladie est systématiquement héréditaire. Les personnes atteintes d’autres maladies à médiation immunitaire ou d’affections atopiques, comme la dermatite atopique, les maladies auto‑immunes de la thyroïde et le vitiligo, semblent également plus souvent concernées.

Certaines caractéristiques peuvent par ailleurs être associées à la survenue de maladies auto‑immunes concomitantes. Dans une étude menée auprès de 615 personnes atteintes d’alopécie areata, le sexe féminin, les changements au niveau des ongles et la présence concomitante d’affections atopiques étaient particulièrement associés à une fréquence accrue d’autres maladies auto‑immunes.2 Un début de maladie précoce et un cours plus sévère ont aussi été, dans des études plus anciennes, liés à une charge familiale ou immunologique plus importante. Ces facteurs ne permettent toutefois pas de prédictions fiables. L’alopécie areata peut toucher des personnes de tout âge et indépendamment des antécédents familiaux.

Diagnostic, évolution et risques de la perte de cheveux en plaques

Dans la plupart des cas, le diagnostic d’alopécie areata n’est pas compliqué et peut être posé à partir de l’aspect typique. Il s’agit de plaques chauves apparaissant soudainement et bien délimitées, la peau des zones atteintes étant en général lisse et non cicatricielle. Lors d’un examen dermatologique, des modifications des cheveux au bord des plaques peuvent également être observées. Une trichoscopie, qui consiste à examiner le cuir chevelu et les cheveux au moyen d’un grossissement spécialisé, peut compléter le diagnostic si nécessaire. Des analyses sanguines ne sont pas systématiquement requises, mais peuvent être utiles si des symptômes laissent suspecter des maladies associées ou d’autres causes possibles de la chute de cheveux.

Il est difficile de prédire précisément l’évolution de l’alopécie areata au cas par cas. Chez certaines personnes, les plaques restent limitées et les cheveux repoussent en l’espace de mois, tandis que d’autres connaissent des poussées répétées ou une perte plus marquée. Outre l’alopécie areata classique avec des zones isolées, une alopécie totale ou une alopécie universelle peuvent se développer. Une perte complète de cheveux ne signifie cependant pas nécessairement que les follicules pileux sont détruits de façon permanente. Même après une longue durée de maladie, une repousse peut intervenir, bien que les rechutes soient fréquentes.

Par ailleurs, l’association avec d’éventuelles maladies concomitantes fait l’objet d’investigations croissantes. Une revue systématique et méta‑analyse récente de 2026 a trouvé chez les personnes atteintes d’alopécie areata un risque relatif d’accident vasculaire cérébral augmenté de 36 % par rapport aux sujets témoins.3 Des thromboembolies veineuses et des fibrillations auriculaires ont également été observées plus fréquemment dans cette analyse. Des modifications rétiniennes possibles chez les personnes atteintes d’alopécie areata ont aussi été étudiées. Une autre revue systématique et méta‑analyse portant sur plus de 145 000 personnes a montré que des anomalies rétiniennes survenaient relativement plus souvent chez les personnes atteintes d’alopécie areata.4 En même temps, le risque absolu de telles anomalies restait faible. À ce jour, ces données ne justifient pas, en l’absence d’autres indications, des examens ophtalmologiques systématiques uniquement en raison d’une alopécie areata.

Comment la médecine conventionnelle traite‑t‑elle la perte de cheveux en plaques ?

Le traitement conventionnel de la perte de cheveux en plaques dépend principalement de l’étendue, de l’évolution et de l’activité de la maladie ainsi que de l’âge et des éventuelles pathologies associées. Pour les formes limitées, des corticostéroïdes peuvent être appliqués localement ou injectés directement dans les zones cutanées concernées. Pour les formes légères, la simple surveillance peut parfois être envisagée en premier lieu, car une repousse spontanée est possible. En cas d’alopécie areata étendue, des traitements systémiques sont désormais disponibles. Une avancée importante concerne les inhibiteurs des Janus kinases (JAK), qui agissent de façon ciblée sur des voies de signalisation de la réponse immunitaire inflammatoire. Le choix du traitement approprié doit être discuté individuellement avec une dermatologue ou un dermatologue. Étant donné que la perte de cheveux en plaques peut être source de souffrance psychique et sociale pour de nombreuses personnes, les recommandations actuelles incluent également des conseils sur les possibilités cosmétiques, le recours à une prothèse capillaire et, si nécessaire, un soutien psychosocial dans le cadre d’une prise en charge globale.

De l'hygiène du sommeil à la protection du cuir chevelu : 10 conseils holistiques pour vivre au quotidien avec la perte de cheveux en plaques

Le traitement médical de l’alopécie areata peut être utilement complété par un mode de vie équilibré. Le style de vie ne permet toutefois pas d’éliminer la réaction auto‑immune de manière ciblée et ne doit donc pas être considéré comme un substitut à une prise en charge dermatologique. Les mesures suivantes peuvent en revanche contribuer à soutenir l’organisme dans son ensemble et à faciliter la gestion personnelle de la perte de cheveux.

  • Veillez à une alimentation équilibrée : Une alimentation variée riche en légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses, oléagineux et huiles végétales de qualité apporte au corps des nutriments importants. Il convient également de veiller à un apport protéique suffisant, nécessaire au bon fonctionnement de la peau et des cheveux.
  • Faites vérifier d’éventuelles carences : Des nutriments tels que le fer, la vitamine D, la vitamine B12, le zinc et d’autres sont essentiels pour la santé des cheveux et de la peau. La prise de compléments alimentaires ne devrait toutefois se faire que de manière ciblée en cas de carence avérée ou de besoin individuel accru. Votre médecin traitant peut vous conseiller à ce sujet.
  • Évitez les régimes trop restrictifs : Des régimes fortement limités peuvent compromettre l’apport en nutriments indispensables. En cas d’alopécie en plaques, il est particulièrement important d’assurer un apport énergétique et nutritionnel suffisant.
  • Assurez‑vous un sommeil suffisant : Un rythme de sommeil aussi régulier que possible favorise la récupération physique et psychique. En cas de troubles du sommeil persistants, il peut être utile d’en rechercher les causes avec un professionnel de santé.
  • Réduisez le stress persistant : Le stress chronique est perçu par de nombreuses personnes atteintes comme particulièrement pénible et peut favoriser des processus inflammatoires dans l’organisme.5 Des techniques de relaxation telles que des exercices de respiration, la méditation ou le yoga peuvent aider à mieux gérer le stress. Elles ne doivent toutefois pas être considérées comme un traitement de la maladie auto‑immune elle‑même.
  • Restez physiquement actif : Une activité physique régulière soutient la santé physique et mentale globale. La forme et l’intensité adaptées dépendent du niveau de forme et des préférences personnelles.
  • Traitez vos cheveux et votre cuir chevelu avec douceur : Évitez dans la mesure du possible les sollicitations mécaniques inutiles, les tractions fortes sur les cheveux ainsi que les traitements chimiques ou thermiques agressifs. Un soin capillaire très élaboré n’est en revanche pas indispensable.
  • Protégez le cuir chevelu dégarni du soleil et du froid : Aux endroits dépourvus de cheveux, la peau n’a pas la protection naturelle fournie par la chevelure. Lors de séjours prolongés à l’extérieur, un écran solaire adapté et éventuellement une coiffure couvrante sont donc recommandés.
  • Veillez également à votre santé psychique : La perte de cheveux visible peut affecter l’estime de soi et la qualité de vie. Des échanges avec des personnes de confiance, la participation à un groupe d’entraide ou, si nécessaire, un accompagnement psychologique peuvent aider à mieux gérer la charge émotionnelle.
  • Restez suivi·e médicalement : Même si les plaques chauves peuvent se résorber temporairement, l’alopécie areata peut récidiver. Des contrôles dermatologiques réguliers permettent de surveiller l’évolution et d’adapter le traitement si besoin. De nouvelles zones chauves ou une augmentation nette de l’extension des plaques doivent être évaluées rapidement par un professionnel de santé.

Avertissement

Cet article ne remplace pas une prise en charge par un·e thérapeute qualifié·e. Il est fondé sur des études et la littérature actuelle. Il ne doit pas servir à l’auto‑diagnostic ou à l’auto‑traitement. Discutez des idées que vous en retirez, le cas échéant, avec un·e thérapeute de confiance.

Biographie

Katharina Korbach écrit régulièrement pour le Narayana Verlag des articles de blog sur les plantes médicinales et les principes actifs naturels. Très tôt, elle s’est intéressée à la langue et a commencé à rédiger ses propres textes littéraires. Une grave maladie pendant sa terminale l’a poussée à s’intéresser de manière approfondie aux thèmes de la santé et de la nutrition, intérêt qui perdure à ce jour. Après l’échec répété des méthodes de traitement conventionnelles, elle s’est tournée vers une approche thérapeutique naturopathique plus autonome. Une alimentation à base de plantes a constitué une clé importante dans son parcours de guérison.

Katharina a étudié les sciences culturelles (B.A.) et la littérature appliquée (M.A.). En 2022, elle a publié son roman de début « Sperling » chez Berlin Verlag. Aujourd’hui, elle vit à Berlin en tant que rédactrice indépendante, rédactrice médicale et formatrice. Son temps libre, elle le passe volontiers avec des amis ou lors d’entraînements de barre. Elle aime aussi voyager et tester de nouvelles recettes véganes.


Sources

  1. Huang Y, Jee E, Kim M, Liu X, Jiang X. Familial patterns of alopecia areata: A systematic review and meta-analysis. J Autoimmun. 2025 Feb. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39919410/
  2. Chanprapaph K, Mahasaksiri T, Kositkuljorn C, Leerunyakul K, Suchonwanit P. Prevalence and Risk Factors Associated with the Occurrence of Autoimmune Diseases in Patients with Alopecia Areata. J Inflamm Res. 2021 Sep 22. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34588794/
  3. Rahnemayan S et al. Increased stroke risk in patients with Alopecia Areata: A systematic review and meta-analysis. 2026. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2405844026007905
  4. Ameri K, Ashamalla M, Shunmugam M, Kipfer S, Donovan J. Retinal abnormalities in alopecia areata: A systematic review and meta-analysis. J Am Acad Dermatol. 2026 Jul 3. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42398776/
  5. Noushad S, Ahmed S, Ansari B, Mustafa UH, Saleem Y, Hazrat H. Physiological biomarkers of chronic stress: A systematic review. Int J Health Sci (Qassim). 2021 Sep-Oct. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34548863/
Katharina Korbach