
Fig. 1 : Le psoriasis se manifeste préférentiellement au niveau des coudes, des genoux, du cuir chevelu et du bas du dos.
Le psoriasis appartient aux maladies inflammatoires chroniques de la peau, dont la cause réelle est toutefois attribuable à une réaction immunitaire déréglée – une auto-immunité. Dans le cas du psoriasis, le système immunitaire attaque des cellules saines de la peau, entraînant une production excessive de cellules cutanées. Ces modifications cutanées, souvent très inconfortables, peuvent fortement réduire la qualité de vie des personnes atteintes et constituer une charge psychologique importante.
Plus que de simples symptômes superficiels
Les symptômes typiques, tels que des plaques rouges, argentées et squameuses, généralement très sèches, apparaissent préférentiellement sur les coudes, les genoux, le cuir chevelu et le bas du dos. Le psoriasis peut également provoquer des douleurs et des gonflements articulaires et, dans certains cas, être associé à d'autres maladies telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, le surpoids et la dépression.
Une variante particulière du psoriasis est l'arthrite psoriasique (Arthritis psoriatica), qui touche environ un tiers des patients atteints de psoriasis. Outre les modifications cutanées pathologiques, des inflammations articulaires surviennent, généralement avec un certain retard par rapport à la première poussée cutanée. En règle générale, il faut des années avant que des douleurs et une raideur apparaissent au niveau des petites articulations (par ex. des doigts), mais les modifications dégénératives progressent souvent rapidement. Contrairement à la polyarthrite rhumatoïde, l'Arthritis psoriatica est asymétrique, c’est-à-dire qu’elle n’affecte souvent qu’un seul côté du corps.
Psoriasis – les faits
Le psoriasis est une maladie fréquente qui touche des millions de personnes dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 2–3 % de la population mondiale souffre de psoriasis. En Allemagne, il s’agit d’environ 1,6 à 2,4 millions de personnes. Les femmes et les hommes sont touchés à peu près également et la maladie peut survenir à tout âge, avec généralement deux pics d’apparition entre 20 et 30 ans et entre 50 et 60 ans.
Causes et déclencheurs – ce que dit la science
L’apparition du psoriasis est généralement multifactorielle et les déclencheurs concrets d’une poussée peuvent varier fortement d’une personne à l’autre. Il est utile de comprendre les principaux liens, car, avec des changements relativement simples, il est souvent possible de prévenir des poussées et d’éventuelles complications.
Même si les déclencheurs de la maladie peuvent être très différents, les causes sous-jacentes sont étroitement liées et se favorisent souvent mutuellement.
Le stress figure en première position parmi les déclencheurs du psoriasis : il s’agit à la fois du stress émotionnel et des charges psychiques [1] ainsi que du stress oxydatif [2], qui favorise la formation de radicaux libres pro-inflammatoires dans l’organisme. Il s’agit souvent de « inflammations silencieuses » que les personnes concernées ne perçoivent même pas.
Un intestin enflammé avec dérèglement de la flore intestinale [3] joue également un rôle important et est particulièrement fréquent dans les cultures occidentales. Il n’est pas rare que la santé intestinale soit si altérée qu’on parle de syndrome de l’intestin perméable (leaky gut), par lequel des substances nocives peuvent passer dans la circulation sanguine. Une dysbiose (déséquilibre de la flore intestinale) peut à son tour provoquer ou aggraver des carences en nutriments essentiels. Inversement, une flore intestinale déséquilibrée, avec ou sans inflammation, a des effets négatifs sur la psyché et les carences nutritionnelles entraînent un stress oxydatif.
Médicaments – malédiction ou bénédiction ?
Le traitement conventionnel de cette maladie auto-immune comprend principalement des médicaments topiques – c’est-à-dire destinés à une application externe – tels que les glucocorticoïdes (cortisone), la photothérapie, l’acide salicylique et les onguents contenant du goudron. Des médicaments systémiques comme le méthotrexate et divers biologiques sont prescrits pour les formes modérées à sévères; pour des symptômes très graves, l’immunosuppresseur ciclosporine peut être utilisé.
Ces médicaments synthétiques apportent souvent une amélioration temporaire des symptômes plutôt qu’une guérison durable. Un bilan bénéfice/risque attentif est donc particulièrement souhaitable afin de réduire au maximum les effets indésirables. Les glucocorticoïdes, en particulier, sont connus pour provoquer des effets secondaires désagréables en cas d’utilisation prolongée et peuvent entraîner, à l’arrêt, un effet de rebond au cours duquel les symptômes initiaux réapparaissent fortement. Pour cette raison, de nombreux patients recherchent une approche holistique pouvant provoquer une transformation plus profonde des troubles.
Le rôle de l’alimentation
Étant donné que le psoriasis s’accompagne fréquemment de surpoids, de diabète, d’un taux élevé de lipides sanguins, de maladies cardiovasculaires ou d’inflammations intestinales et articulaires, une alimentation saine est particulièrement importante.
Au moins une étude a examiné le lien entre les habitudes alimentaires des patients et la gravité du psoriasis. Les chercheurs en sont arrivés à la conclusion que l’alimentation peut influencer l’apparition et l’évolution du psoriasis et de ses manifestations concomitantes [4].
Une alimentation équilibrée peut grandement contribuer à renforcer la fonction immunitaire, réduire l’inflammation et apporter à l’organisme tous les nutriments essentiels pour une peau saine.

Fig. 2 : Une alimentation anti-inflammatoire riche en crudités peut atténuer les symptômes du psoriasis.
Pour le psoriasis, l’accent est mis sur un mode d’alimentation aussi naturel que possible, avec des nutriments spécifiques qui permettent un renouvellement cellulaire normal, surtout dans la couche supérieure de la peau (l’épiderme). De plus, l’alimentation et les compléments alimentaires devraient compenser d’éventuelles carences (par ex. en vitamine D) et pouvoir influencer positivement les maladies concomitantes comme les troubles cardiovasculaires ou un taux de cholestérol élevé.
Le concept nutritionnel pour le psoriasis selon Marianne Sebök
Marianne Sebök est coach de bien-être diplômée et a pu soulager durablement son propre psoriasis par des moyens naturels. L’auteure du best-seller Schuppenflechte – Selbstheilung ohne Medikamente présente dans son deuxième livre les meilleures recettes et conseils pour les patients atteints de psoriasis. L’auteure décrit les points essentiels d’une alimentation favorable à la peau dans Schuppenflechte „Ade" – Genesung, die von innen kommt :
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- Consommer des crudités (salades, légumes, fruits) aussi souvent et autant que possible. Je privilégie les fruits peu acides comme toutes les variétés de melons, la mangue, la papaye, les poires mûres, les bananes, les figues et les avocats. Les agrumes comme les oranges et les mandarines contiennent en revanche beaucoup d'acide, qui peut déclencher une poussée.
- Je privilégie les fruits, salades et légumes régionaux et de saison plutôt que les produits importés. Les produits locaux sont généralement récoltés mûrs, contiennent donc plus de vitamines et parcourent des trajets plus courts, ce qui est bénéfique pour les vitamines et pour l'environnement.
- La diversité des aliments offre au corps une meilleure chance d'apporter à l'organisme les vitamines et minéraux nécessaires et vitaux ainsi que les oligo-éléments.
- Les herbes fraîches contiennent des sels minéraux qui remplacent souvent l'ajout de sel comme exhausteur de goût.
- Les produits complets favorisent la santé, car le grain entier et non décortiqué contient des nutriments précieux, de la vitamine E, le complexe de vitamines B et des minéraux tels que le sélénium, le zinc, le cuivre, le fer, le magnésium et le phosphore. Aujourd'hui, on consomme en grande partie des produits à base de céréales raffinées, traités à haute température et contenant souvent des additifs comme colorants, arômes, agents de panification et trop de sel. Ceux-ci ne font pas partie d'une alimentation saine.
- Tout aliment fortement chauffé est malheureusement dénaturé. Plus la nourriture que nous consommons est naturelle et peu transformée, plus elle est bénéfique. C'est pourquoi les légumes ne devraient par exemple être que légèrement sautés ou brièvement cuits à la vapeur afin de préserver les vitamines précieuses.
- Celui qui ne veut pas renoncer aux aliments d'origine animale devrait se contenter de viandes maigres en petites portions comme accompagnement, et au maximum une à deux fois par semaine. Il est important de réduire les aliments riches en acide arachidonique, comme les charcuteries et les viandes grasses, et d'introduire plutôt des aliments riches en oméga-3 (poissons marins).
- La consommation excessive de sucreries comme gâteaux, biscuits, chocolat, boissons sucrées (cola, sodas) augmente non seulement le risque de développer un psoriasis, mais peut également favoriser l'évolution de la maladie. C'est pourquoi la consommation de sucreries doit être réduite – mieux encore – supprimée du menu.
- Buvez suffisamment d'eau. L'eau soutient l'élimination des acides de l'organisme via la peau, les reins, l'intestin et les voies respiratoires. Les tisanes comme l'ortie ou la prêle aident également en raison de leurs effets dépuratifs.
- Gardez la modération : mangez de petits repas répartis sur la journée. Ainsi, les fortes fringales qui surviennent souvent lorsque les repas sont trop copieux sont évitées.
- Je mange du pain. Mais pas du pain cuit avec de la levure, seulement du pain au levain, que je limite à une tranche par jour. À mon avis, notre consommation globale de céréales est beaucoup trop élevée. Plus nous consommons de produits céréaliers, plus nous renonçons aux légumes, fruits et salades. Les céréales contiennent beaucoup moins de nutriments que les légumes, fruits et salades et favorisent donc, en cas de consommation excessive, une alimentation carencée.
- Alcool : un petit verre de temps en temps est généralement sans problème. Une consommation régulière, c’est-à-dire quotidienne, peut entretenir un psoriasis existant et, si plusieurs facteurs de provocation se « conjuguent », peut même le déclencher.
Conseils nutritionnels
Ø Les fruits (toutes sortes de fruits) devraient toujours être consommés à jeun.
Ø Ne prenez pas de dessert (glace, pudding), même pas sous forme de fruits « sains ». Ils perturbent la digestion saine et provoquent des processus fermentaires dans l'intestin, ce qui entraîne une sensation de malaise.
Ø Les fruits mettent environ 30 minutes à être digérés. Attendez ce laps de temps avant de consommer autre chose.
Ø Des repas purement végétaux correctement combinés rassasient et sont faciles à digérer.
Ø Un repas contenant de la viande met environ 10 heures à être digéré. Les légumes et salades n'ont besoin que d'environ 4 heures pour la digestion.
Ø Une alimentation soucieuse de la santé n'a pas besoin d'être « uniquement » végétarienne ni composée exclusivement d'ingrédients achetés en magasin bio, tant que l'on privilégie des aliments naturels et aussi frais que possible. Je préfère acheter des légumes frais en grande surface plutôt que des légumes déjà flétris et non vitaux dans un magasin bio. La vitalité vient de la vivacité, de la vie." [5]
Les compléments alimentaires les plus importants pour le psoriasis
La médecine naturelle offre une aide douce et durable pour les maladies de la peau. De nombreux nutriments peuvent soulager le psoriasis car ils couvrent au mieux les besoins nutritionnels de l'organisme et peuvent réduire les inflammations. De plus, une peau enflammée profite de produits de soin naturels qui lui apportent des substances actives précieuses sans l'exposer à des ingrédients potentiellement toxiques.
Beaucoup de personnes atteintes souffrent d'une peau rugueuse et inflammée avec une desquamation marquée, associées à cette maladie auto-immune chronique. La peau est le plus grand organe du corps humain et, pour fonctionner sainement, a principalement besoin de vitamine A et D, d'acides gras essentiels, de zinc et d'une diversité de composés phytochimiques.
La charge psychique est souvent élevée et le stress peut favoriser une poussée de psoriasis. La vitamine D, la vitamine C, les acides gras oméga‑3, le zinc, le sélénium et le groupe des vitamines B soutiennent non seulement une fonction immunitaire saine, mais aussi le bien‑être psychique.
Acides gras oméga-3
Les acides gras oméga-3 sont des acides gras essentiels que l'organisme ne peut pas synthétiser et qui doivent donc être apportés par l'alimentation. On les trouve dans les poissons gras tels que le saumon, la maquereau et les sardines, mais aussi en grande quantité dans des huiles végétales comme l'huile de lin, de chanvre, d'algues ou de noix.
Les oméga-3 peuvent non seulement réduire l'inflammation dans l'organisme, mais aussi soutenir les performances cognitives et une bonne fonction nerveuse, ainsi que renforcer la fonction immunitaire. Plusieurs études ont montré que les oméga-3 peuvent être bénéfiques dans le psoriasis en luttant contre l'inflammation [6] et en régulant la formation de nouvelles cellules cutanées.
Pour atteindre un rapport optimal oméga‑3 / oméga‑6, les patients atteints de psoriasis devraient éviter autant que possible l’acide arachidonique, qui fait partie des oméga‑6 mais favorise les processus inflammatoires. L'acide arachidonique est principalement présent dans les aliments d'origine animale.
Vitamines A et E
Les vitamines A et E sont particulièrement associées à une peau saine. Pour traiter le psoriasis, la vitamine A doit cependant être administrée à forte dose. Un tel traitement doit impérativement se faire sous surveillance médicale car il comporte des risques et n'est pas dénué d'effets secondaires.
La vitamine E est plutôt en arrière-plan pour le psoriasis, mais en tant que puissant antioxydant elle participe à une division cellulaire normale et est connue pour son effet positif sur l'aspect de la peau. La vitamine E peut être prise par voie orale ou appliquée localement.
Les vitamines B
Le rôle des vitamines B dans la santé du système nerveux, le fonctionnement musculaire normal et une peau nette est largement confirmé. Moins connu est le fait que certains médicaments fréquemment prescrits pour traiter un psoriasis sévère ou une arthrite psoriasique peuvent perturber sensiblement le métabolisme des vitamines B. Le méthotrexate, par exemple, peut inhiber l'absorption de la vitamine B12 et agit comme antagoniste de l'acide folique (vitamine B9). Une supplémentation en acide folique peut réduire nettement les effets secondaires du méthotrexate [7].
Le sulfasalazine, médicament parfois utilisé pour l'arthrite psoriasique, peut également affecter négativement le métabolisme de l'acide folique. Une supplémentation supplémentaire en folates est ici judicieuse [8].
Vitamine C

Fig. 3 : Le camu‑camu est l'une des meilleures sources naturelles de vitamine C. Il peut contenir jusqu'à 3 g de vitamine C pour 100 g de fruit.
La vitamine C est l'antioxydant par excellence et une vitamine clé pour une peau saine [9]. Une supplémentation est également recommandée pour les patients atteints de psoriasis, car cette vitamine hydrosoluble peut grandement contribuer à réduire l'inflammation cutanée et à piéger efficacement les radicaux libres. De plus, la vitamine C est très bénéfique pour la santé des articulations et des os, le système immunitaire en général et la protection contre les infections.
Vitamine D
Les preuves scientifiques sur l'importance de la vitamine D dans le traitement du psoriasis sont nettes : depuis longtemps, la vitamine liposoluble est utilisée sous forme synthétique et en application locale chez les patients atteints de psoriasis, par ex. dans les médicaments calcipotriol et tacalcitol. La prise orale de vitamine D a suscité plus d'attention dans la recherche clinique ces dernières années.
En pratique, on observe fréquemment que les patients atteints de psoriasis présentent un risque élevé de carence en vitamine D et une sous‑nutrition en vitamine D est souvent constatée [10]. Plusieurs études ont déjà montré que la gravité du psoriasis corrèle avec le taux de vitamine D et qu'une supplémentation en vitamine D peut influencer positivement l'évolution du psoriasis [11].
Probiotiques
Pour réorienter la fonction immunitaire déréglée, il faut reconstruire une flore intestinale saine. La dysbiose intestinale joue un rôle important dans l'apparition du psoriasis [12]. Les probiotiques sont des bactéries utiles que l'on trouve dans le yaourt, le kéfir et les aliments fermentés. Ils ont un effet immunomodulateur général et aident à réparer un intestin affaibli et perméable.
Pour le psoriasis, il convient également de cultiver une diversité de bactéries intestinales bénéfiques. Une alimentation naturelle riche en fibres et un bon probiotique renforcent la flore intestinale.
Zinc
Le zinc est un oligo-élément essentiel doté d'effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs marqués, et qui, aux côtés des vitamines D et E, peut apporter une contribution particulièrement précieuse à une peau saine.
Une étude relativement récente de 2019 a confirmé que les patients atteints de psoriasis présentent souvent de faibles taux de zinc [13]. Le zinc est reconnu comme oligo-élément anti-inflammatoire ayant un effet marqué sur la peau et peut être utilisé en application locale ou en prise orale.
Tirer parti de la puissance des plantes médicinales
Les plantes médicinales sont utilisées avec succès pour renforcer la santé depuis des milliers d'années. Le psoriasis peut également être soutenu par des phytothérapies. Les propriétés de Curcuma longa et de Carduus marianus (chardon‑marie) sont bien documentées.
Curcuma
Cette épice jaune est très estimée en médecine traditionnelle indienne. Le principe actif contenu dans la racine, la curcumine, est un puissant antioxydant, inhibe la division cellulaire, apaise l'intestin et possède des propriétés anti‑inflammatoires.

Fig. 3 : La curcumine extraite du curcuma est un puissant antioxydant.
Certaines études ont montré que le curcuma peut être bénéfique dans le psoriasis parce qu'il améliore la santé de la peau et réduit l'inflammation [14].
Extrait de chardon‑marie
La plante médicinale traditionnelle chardon‑marie stimule le métabolisme hépatique, favorise l'élimination des produits métaboliques toxiques de l'organisme et protège le foie des effets nocifs des toxines. Dans la thérapie holistique de toute maladie de la peau, le foie et le métabolisme global sont toujours soutenus. Le chardon‑marie, de préférence en combinaison avec l'artichaut et le pissenlit, peut apporter un soutien précieux.
Conclusion
La médecine naturelle propose également de nombreuses options acceptables pour les patients atteints de psoriasis. Pour obtenir les meilleurs résultats, discutez toujours votre plan de traitement individuel avec un médecin ou un thérapeute de confiance.
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