Pourquoi le SOPK est-il souvent un problème chez les femmes confrontées à l’infertilité et quelles approches holistiques existent pour les femmes concernées ?
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Figure 1 : L'alchémille (Alchemilla vulgaris) est un remède végétal apprécié pour soutenir les troubles gynécologiques classiques tels que le SOPK.
De plus en plus de femmes souffrent de ce trouble du cycle : le syndrome des ovaires polykystiques, abrégé SOPK (PCOS). Rien qu'en Allemagne, environ 5 % des femmes en âge de procréer en sont affectées, soit à peu près un million de femmes. [1] À l’échelle mondiale, on estimerait même qu’une femme sur 15 est concernée. Le SOPK est un trouble hétérogène qui entraîne un déséquilibre hormonal dans l’organisme et peut provoquer une multitude de symptômes, notamment des troubles du cycle, des anomalies métaboliques et une infertilité. Les causes du syndrome sont diverses ; l’insulinorésistance est également discutée comme facteur contributif. [2]
Quelles options thérapeutiques sont à la disposition des femmes ? Que propose la médecine conventionnelle et quelles sont les approches alternatives ?
Qu’est-ce que le SOPK ?
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal qui touche en général les femmes en âge de procréer. Cette dysbalance se caractérise par des ovaires élargis contenant de nombreux ovocytes immatures (polykystes) visibles à l’échographie.
Le SOPK est une maladie chronique dans laquelle les ovocytes se développent mais ne parviennent pas à maturité et ne sont pas expulsés lors des règles mensuelles. Il n’y a donc pas d’ovulation : à chaque cycle, le nombre d’ovocytes augmente. L’ovaire peut ainsi grossir de 2 à 3 fois sa taille d’origine, ce qui peut provoquer de nombreux troubles corporels. Parmi ceux-ci figurent notamment :
- Règles irrégulières : Des cycles menstruels rares, irréguliers ou absents sont un symptôme fréquent du SOPK.
- Production excessive d’androgènes : Des taux élevés d’androgènes peuvent provoquer des symptômes tels qu’une pilosité excessive du corps et du visage (hirsutisme), de l’acné et une perte de cheveux sur le cuir chevelu.
- Prise de poids : De nombreuses femmes atteintes de SOPK rencontrent des difficultés à contrôler leur poids et tendent vers le surpoids ou l’obésité.
- Problèmes de fertilité : Le SOPK perturbe l’ovulation et peut rendre la conception difficile.
- Colorations cutanées foncées : Des plaques cutanées épaissies et foncées (acanthosis nigricans) peuvent apparaître à certains endroits comme la nuque, les aisselles et l’aine.
- Problèmes d’humeur : Certaines femmes atteintes de SOPK présentent des sautes d’humeur, des épisodes dépressifs ou des états anxieux.
La cause de ce phénomène est un déséquilibre hormonal chez une femme, avec une prédominance d’hormones dites « masculines ». [3] Parmi les facteurs favorisant ce désordre hormonal et pouvant être considérés comme causaux figurent notamment :
- Troubles hormonaux : Les femmes atteintes de SOPK présentent souvent des taux élevés d’androgènes (hormones « masculines »), ce qui peut entraîner des cycles menstruels irréguliers et d’autres symptômes.
- Insulinorésistance : Beaucoup de femmes atteintes de SOPK présentent une insulinorésistance, où les cellules deviennent moins sensibles à l’insuline. Cela peut conduire à des taux d’insuline élevés dans le sang, stimulant à son tour la production d’androgènes par les ovaires.
- Facteurs génétiques : Le SOPK peut être familial, ce qui suggère une composante génétique. On suppose que plusieurs gènes pourraient être impliqués.
- Inflammation : Des inflammations chroniques de l’organisme pourraient également jouer un rôle et contribuer à l’insulinorésistance et à l’augmentation des androgènes.

Figure 2 : Le syndrome des ovaires polykystiques est également associé à des sautes d’humeur, à de l’anxiété et à la dépression.
Les femmes atteintes de SOPK se sentent souvent dépressives, souffrent d’anxiété ou de troubles du comportement alimentaire. [4] Des symptômes physiques tels que la prise de poids incontrôlée, l’acné, les sautes d’humeur, la perte de cheveux et l’inflammation aggravent encore cet état. Dans le pire des cas, le SOPK peut conduire à une infertilité, ce qui entraîne souvent un lourd fardeau psychologique pour les femmes concernées et une souffrance profonde. [5]
Pourquoi le SOPK pose-t-il problème en cas d’infertilité ?
Pour les femmes qui souhaitent avoir un enfant, le SOPK représente un problème majeur. L’une des principales causes de problèmes de fertilité liés au SOPK est l’absence ou l’irrégularité de l’ovulation. Chez de nombreuses femmes atteintes de SOPK, les ovocytes ne mûrissent pas régulièrement, ce qui signifie que l’ovulation est rare ou inexistante. Sans ovulation régulière, il ne peut y avoir d’ovocyte fécondable, ce qui rend la conception difficile.
Un taux élevé d’hormones « masculines » (androgènes) peut également perturber la fonction normale des ovaires et inhiber la maturation des ovocytes. De nombreuses femmes atteintes de SOPK présentent aussi une insulinorésistance, entraînant une prise de poids et des difficultés à perdre du poids. Ces problèmes métaboliques peuvent, en outre, perturber l’équilibre hormonal et nuire à l’ovulation. Chez certaines femmes atteintes de SOPK, la paroi ovarienne peut être épaissie, ce qui complique la libération de l’ovocyte lors de l’ovulation. [6]
Le SOPK est-il guérissable ? Quelles sont les causes ?
La question de savoir si le syndrome des ovaires polykystiques est guérissable fait l’objet de différentes opinions. La médecine conventionnelle classique considère le SOPK comme traitable, mais pas nécessairement guérissable.
Pour rééquilibrer le cycle irrégulier, la médecine conventionnelle prescrit souvent des pilules contraceptives combinées contenant œstrogène et progestatif afin de réduire la production excessive d’androgènes. En outre, les médecins prescrivent souvent des médicaments visant à améliorer l’insulinorésistance ou à stimuler l’ovulation. [7]
Les praticiens en médecine naturelle et les thérapeutes ont développé des approches holistiques indépendantes. Lara Briden, médecin spécialisée en médecine naturelle avec un accent sur la santé des femmes, écrit sur ses expériences cliniques avec ce tableau clinique, qu’elle a souvent pu traiter avec succès au cours de sa longue pratique dans le système de santé néo-zélandais. [8]

Figure 3 : Une adaptation alimentaire vers des aliments complets riches en vitamines peut améliorer le profil métabolique chez les femmes atteintes de SOPK.
Plusieurs études étayent cette approche en montrant dans quelle mesure les plantes, les modifications alimentaires et les changements de mode de vie peuvent réellement être utiles. Pour le mode de vie, l’une des cliniques les plus reconnues des États-Unis — la Mayo Clinic — recommande notamment des mesures diététiques. En cas de surpoids, il convient, en accord avec un médecin, d’adopter un régime hypocalorique, car même une légère perte de poids d’environ 5 % peut améliorer l’état et abaisser les niveaux d’insuline et d’androgènes. Il est particulièrement conseillé de limiter les glucides afin d’éviter des pics d’insuline. Les glucides complexes provenant de fruits, légumes ou céréales complètes contribuent à une hausse plus lente de la glycémie. Outre la diététique, la Mayo Clinic recommande également de pratiquer davantage d’activité physique pour maintenir le poids sous contrôle. [9]
Approches holistiques et naturelles pour traiter le SOPK
Pour aborder le SOPK de manière naturelle, une approche holistique s’est avérée efficace en pratique. La combinaison d’une modification alimentaire, de phytothérapie, d’acupuncture et de gestion du stress, de diététique et d’exercice physique a déjà aidé de nombreuses femmes.
Causes multiples, quatre concepts — L’approche thérapeutique de Lara Briden
L’auteure à succès Lara Briden distingue quatre types différents de SOPK.
Le premier est le SOPK insulinorésistant, ce qui signifie qu’un taux d’insuline élevé est présent et peut déclencher le SOPK. Le meilleur moyen de détecter une insulinorésistance est de mesurer l’hormone insuline, et non la glycémie. [10]
Si cette mesure est négative, il peut s’agir d’un SOPK apparu après la prise de la pilule contraceptive (post-pill). Surtout lorsque le cycle était normal avant la pilule, cette cause est très probable.
Si ce n’est pas le cas non plus, des inflammations chroniques pourraient être la troisième cause du SOPK. En effet, des inflammations chroniques peuvent stimuler les ovaires à produire trop de testostérone. Dans ce cas, Lara Briden parle d’un SOPK inflammatoire, qui peut s’accompagner des symptômes suivants :
- fatigue inexpliquée
- problèmes intestinaux tels que le SII (syndrome de l’intestin irritable) ou le SIBO
- maladies auto-immunes comme la thyroïdite de Hashimoto
- céphalées
- douleurs articulaires
- une maladie cutanée chronique comme le psoriasis, l’eczéma ou l’urticaire.
La quatrième cause est le soi‑disant SOPK surrénalien. Celui-ci n’est pas déclenché par l’insulinorésistance ou par l’inflammation, mais correspond plutôt à une régulation épigénétique accrue des androgènes surrénaliens. [11]
De ces quatre causes, Lara Briden déduit différentes approches thérapeutiques :
En cas d’insulinorésistance ou de taux d’insuline élevé, on recommande activité physique et régime pour inverser l’insulinorésistance. Il faut absolument éviter une consommation élevée de fructose. Briden recommande la prise de magnésium et d’inositol. Pour traiter le SOPK inflammatoire, il est important d’identifier et d’éliminer la cause sous-jacente, par exemple des intolérances alimentaires à des aliments comme les produits laitiers ou le gluten. Elle recommande, dans ces cas, des compléments alimentaires tels que le zinc et la N‑acétylcystéine. Pour le SOPK post‑pill, Lara Briden décrit une approche plus complexe : il faut éviter les produits laitiers qui augmentent l’IGF‑1 et contiennent la caséine A1 pro‑inflammatoire, et réduire la consommation de sucre. Elle utilise également avec succès divers compléments comme le zinc et le DIM (phytonutriment issu du brocoli). Pour le SOPK surrénalien, Briden prescrit magnésium, zinc, réglisse, plantes adaptogènes et acide pantothénique (vitamine B5), qui moduleraient l’hormone adrénocorticotrope (ACTH). [12]
Les ovaires peuvent guérir — L’approche thérapeutique de Randine Lewis
Cette affirmation audacieuse de la médecin américaine Randine Lewis réjouira certainement les femmes concernées. Y a‑t‑il donc une chance pour les patientes atteintes de SOPK et souhaitant concevoir ? Randine Lewis fonde son traitement sur la médecine traditionnelle chinoise (MTC), c’est‑à‑dire sur l’utilisation d’acupuncture, de phytothérapie et de diététique. Le SOPK est en MTC considéré comme un schéma d’humidité et de mucosités, reconnaissable notamment aux symptômes suivants :
- fatigue après les repas
- acné kystique ou pustuleuse
- menstruations accompagnées de tissus ou de mucus
- prédisposition aux infections cutanées
- langue humide, chargée de mucosités.
En cas de schéma d’humidité selon la MTC, Randine Lewis recommande une adaptation alimentaire avec suppression du sucre et des glucides raffinés. Il faut également éliminer les produits laitiers, l’alcool et la caféine. L’alimentation devrait au contraire être composée de protéines végétales, de légumes frais, de céréales complètes comme les flocons d’avoine et de peu de fruits sucrés.
La MTC insiste aussi sur l’importance d’une activité physique régulière. Parmi les points d’acupuncture utiles figurent Mi6, Zigong, Ren3, Ren4, Ren6 et Ma40 contre les mucosités. Des plantes importantes sont la gleditsia chinoise (Zao Jiao Ci) comme expectorant, et pour la douleur et la stase sanguine, les graines de Chong Wei Zi (les graines de l’herbe du cœur chinoise). [13]
Le règne végétal offre de nombreuses plantes médicinales — L’approche de Margret Madejsky
Mais les plantes utiles ne se limitent pas à la MTC. Ici aussi, la phytothérapie traditionnelle propose des approches naturelles pour stimuler l’ovulation. La praticienne en naturopathie et auteure Margret Madejsky est spécialisée en gynécologie. D’après son expérience clinique, des cures de tisane d’armoise (Artemisia vulgaris) se sont révélées efficaces. La tisane d’armoise stimule l’axe hormonal. Elle est particulièrement indiquée lorsque le SOPK est apparu suite à la pilule contraceptive. Dans son approche, Madejsky décrit la combinaison de la tisane d’armoise avec d’autres plantes traditionnellement rattachées à la déesse lunaire Artémis — d’où le nom latin de l’armoise. Parmi elles figurent la damiane et le romarin. [14]
Une plante très appréciée et traditionnelle en gynécologie est l’alchémille (Alchemilla vulgaris). Elle est depuis toujours symbole de fertilité. Rien d’étonnant : l’alchémille stimule l’ovulation, fortifie l’utérus, peut soulager les crampes menstruelles et est également très utile en cas de SOPK. [15]
Le plan de 21 jours — L’approche d’Amy Medling
L’approche du coach en santé Amy Medling est également intéressante. L’auteure à succès a elle‑même été touchée par le SOPK par le passé et, à partir de son expérience personnelle, elle travaille avec de nombreuses femmes concernées.
En tenant compte des nouvelles connaissances médicales et de son vécu, Amy Medling a élaboré un plan complet de 21 jours offrant aux femmes des conseils pratiques d’auto‑aide.
Elle mise sur une transition progressive de l’alimentation, combinée à des exercices quotidiens de préparation mentale et à un changement de mode de vie visant à traiter les causes du trouble. [16]
Conclusion :
Pour le SOPK, une approche holistique est recommandée : une alimentation à base de plantes axée sur des aliments complets et nutritifs, associée à beaucoup d’activité physique. Cela peut fréquemment contribuer à réguler le taux d’insuline et à réduire d’éventuelles inflammations dans le corps.
Les remèdes végétaux soutiennent l’équilibre hormonal et favorisent un cycle régulier. Avec le bon accompagnement et une approche douce et naturelle, le corps peut souvent retrouver un cycle autonome et, éventuellement, permettre la réalisation du désir d’enfant.
D’après les connaissances actuelles, les anomalies visibles à l’échographie vaginale au niveau des ovaires correspondent dans plus de 98 % des cas à des modifications normales et bénignes ne nécessitant pas d’intervention chirurgicale. Néanmoins, les processus kystiques, surtout lorsqu’ils apparaissent à partir de 40 ans ou en post‑ménopause, doivent impérativement être examinés plus en détail. [17]
Avertissement
Cet article ne remplace pas la prise en charge par un thérapeute qualifié. Il repose sur des études et la littérature actuelle. Il ne doit pas être utilisé pour l’autodiagnostic ou l’automédication. Échangez, le cas échéant, vos inspirations issues de cet article avec un thérapeute de confiance.
Livres
https://www.narayana-verlag.de/Der-sanfte-Weg-zur-Fruchtbarkeit-Randine-Lewis/b27687
https://www.narayana-verlag.de/PCO-Syndrom-heilen-Amy-Medling/b24618
https://www.narayana-verlag.de/Praxishandbuch-Frauenkraeuter-Margret-Madejsky/b24619
Sources
[1] https://www.pcos-selbsthilfe.org/pcos/lebensqualitaet
[2] https://eijppr.com/article/natural-remedies-for-polycystic-ovarian-syndrome-pcos-a-review
[3] https://www.uksh.de/frauenklinik-kiel/Bereiche/Gyn%C3%A4kologie/F%C3%BCr+Patientinnen/Ihre+Operation/Informationen+zu+verschiedenen+Operationen/Bauchspiegelung/Eierstockzysten.html
[4] http://mayoclinic.org/diseases-conditions/pcos/symptoms-causes/syc-20353439
[5] "PCO Syndrom heilen". Amy Medling
[6] https://mediatum.ub.tum.de/doc/1326159/1326159.pdf
[7] https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/pcos/diagnosis-treatment/drc-20353443
[8] https://www.larabriden.com/
[9] https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/pcos/diagnosis-treatment/drc-20353443
[10] https://www.narayana-verlag.de/Hormone-im-Lot-Lara-Briden/b31702
[11] https://www.larabriden.com/4-types-of-pcos-a-flowchart/
[12] https://www.larabriden.com/4-types-of-pcos-a-flowchart/
[13] https://www.narayana-verlag.de/Der-sanfte-Weg-zur-Fruchtbarkeit-Randine-Lewis/b27687
[14] https://www.narayana-verlag.de/Praxishandbuch-Frauenkraeuter-Margret-Madejsky/b24619
[15] https://www.narayana-verlag.de/Alchemilla-Margret-Madejsky/b15847
[16] "PCO Syndrom heilen". Amy Medling
[17] https://www.uksh.de/frauenklinik-kiel/Bereiche/Gyn%C3%A4kologie/F%C3%BCr+Patientinnen/Ihre+Operation/Informationen+zu+verschiedenen+Operationen/Bauchspiegelung/Eierstockzysten.html
Figure 1 : nnattalli/shutterstock.com; Figure 2 : Ksjundra07/shutterstock.com; Figure 3 : New Africa/shutterstock.com