Endométriose : la voie holistique

L'endométriose est une maladie dans laquelle du tissu qui tapisse normalement l'utérus (l'endomètre) s'installe non seulement à l'intérieur de la cavité utérine, mais aussi en dehors de l'utérus. Ce tissu peut se trouver, par exemple, dans la vessie, l'intestin, les ovaires, les trompes de Fallope ou le péritoine et entraîner de fortes douleurs cycliques récurrentes.
L'endométriose est une maladie qui peut toucher profondément la féminité d'une femme, en atteignant les aspects les plus sensibles de l'être femme. La maladie s'accompagne de douleurs intenses pouvant aller jusqu'à des pertes de connaissance et des vomissements, parfois en relation avec la défécation, la miction ou les rapports sexuels. Le cycle féminin est perçu comme extrêmement pénible et éprouvant. La douleur accroît souvent la peur du cycle suivant. Cette récidive chronique des douleurs et l'angoisse des conséquences possibles, comme l'infertilité, ont valu à cette maladie la réputation d'être le « fléau » de la gynécologie.
De nombreuses femmes ont recours très jeune aux analgésiques pour supporter leurs règles. Les analgésiques entraînent cependant souvent d'autres problèmes de santé, ce que malheureusement encore trop peu de femmes savent. De plus, ils ne constituent qu'un traitement symptomatique et non causal.
- Les inquiétudes liées à l'endométriose sont‑elles fondées et que se cache‑t‑il derrière cette maladie qui touche déjà de nombreuses femmes de jeunes générations ?
- L'endométriose a‑t‑elle un rapport avec la féminité ?
- Quel rôle joue l'alimentation ?
- L'endométriose est‑elle d'origine génétique ou déclenchée par des facteurs environnementaux ?
- Existe‑t‑il des possibilités de traitement holistique ?
Je souffre de douleurs menstruelles – ai‑je une endométriose ?
D'abord : il n'est pas nécessaire qu'il s'agisse d'une endométriose, même si les règles s'accompagnent de fortes douleurs ! Il peut également s'agir d'une dysménorrhée. La dysménorrhée désigne des troubles menstruels ou des douleurs menstruelles intenses. Il en existe deux types : primaire et secondaire. La dysménorrhée primaire se rapporte aux douleurs menstruelles sans cause identifiable et touche principalement les adolescentes et les femmes dans la vingtaine. Les douleurs sont de type crampeux et peuvent aller de légères à sévères. La dysménorrhée secondaire survient à la suite d'une maladie sous‑jacente, comme l'endométriose, des tumeurs bénignes (fibromes) ou des inflammations du bassin.
Quel est exactement le tableau clinique de l'endométriose ?
Dans l'endométriose, le tissu qui tapisse normalement l'utérus (l'endomètre) se développe en dehors de l'utérus. Cela peut affecter les ovaires, les trompes, le péritoine, la vessie ou l'intestin – parfois même les poumons, la plèvre ou le cœur.
Ce tissu « déplacé » – les foyers d'endométriose – réagit toujours de façon cyclique à la production hormonale des ovaires et provoque donc des symptômes dépendant du cycle, comme des douleurs abdominales ou des gênes lors de la défécation/de la miction, qui surviennent cependant uniquement pendant les règles.
Le symptôme cardinal d'une endométriose active est les règles douloureuses.
Les foyers d'endométriose croissent avec le cycle, mais ne peuvent pas être résorbés et expulsés. Le tissu saigne alors dans les tissus environnants ou remplit des kystes de sang. Cette hémorragie irrite le tissu, entraînant inflammation et douleur. De plus, l'organisme forme des fibres dans les zones concernées pour stabiliser la région. Cela peut à son tour provoquer des adhérences et des accolements. De nouvelles douleurs ou lésions apparaissent, comme des trompes bouchées et immobiles, ce qui peut conduire à des problèmes de fertilité. [1]
L'endométriose est‑elle une maladie systémique ?
L'endométriose influence le métabolisme du foie et du tissu adipeux, provoque des inflammations systémiques et modifie l'expression génique dans le cerveau, ce qui entraîne une sensibilisation à la douleur et des troubles de l'humeur. Les répercussions de la maladie dépassent largement la région pelvienne. [2]
Comment savoir si j'ai une dysménorrhée ou une endométriose ?
Le diagnostic précis, qu'il s'agisse d'une dysménorrhée ou d'une endométriose, peut être posé par un examen médical au moyen d'une échographie abdominale. Pour un diagnostic plus précis d'une endométriose ovarienne, une échographie transvaginale est généralement préférable.
Plus la douleur est intense, plus la maladie est‑elle avancée ?
Ce n'est pas le cas. La douleur n'est pas proportionnelle à la gravité de l'endométriose. Avoir de fortes douleurs ne signifie donc pas nécessairement que l'endométriose est très avancée. [3]
L'endométriose empêche‑t‑elle une grossesse ?
Beaucoup de femmes se voient à tort annoncer par leur médecin, en même temps que le diagnostic, la nouvelle accablante qu'elles seraient infertiles. À tort ! Il s'agit d'une généralisation inappropriée. La plupart des femmes peuvent réaliser leur désir d'enfant de manière tout à fait naturelle. [4]
Quelles sont les causes de l'endométriose ?
Malgré la prévalence relativement élevée – environ 10 % de la population féminine en âge de procréer souffre d'endométriose – il subsiste de nombreuses incertitudes concernant les causes de la maladie. Certaines théories courantes incluent des facteurs génétiques, des dysfonctionnements immunitaires et des déséquilibres hormonaux. [5] Néanmoins, la recherche n'a pas encore abouti à un consensus sur les causes.
La recherche évoque cinq raisons potentielles :
Faiblesse du système immunitaire :
Une dysfonction immunologique est considérée comme un facteur déterminant. Il n'est cependant pas clair si ce dysfonctionnement du système immunitaire est une cause ou une conséquence de l'endométriose. [6] Les symptômes de l'endométriose s'accompagnent souvent de troubles digestifs, d'intolérances alimentaires et/ou d'allergies. [7]
Polluants environnementaux :
Plusieurs études montrent également un lien entre l'endométriose et l'exposition aux dioxines. « Les femmes exposées à de très fortes concentrations de dioxines souffraient de manière notablement plus fréquente d'endométriose. On a aussi mesuré, chez des patientes atteintes d'endométriose, une concentration plus élevée de phtalates PVC, appelés imitateurs d'hormones, dans le liquide péritonéal que chez des femmes saines. » (Ingrid Gerhard et Annette Kerckhoff) Les dioxines sont un groupe de composés chimiques toxiques qui peuvent se former comme sous‑produits lors de divers procédés industriels ou se retrouver en faibles quantités comme résidus dans des pesticides et herbicides. De même, une exposition environnementale accrue aux œstrogènes peut déclencher une croissance cellulaire incontrôlée.
Processus auto‑immun :
Dans une méta‑analyse, 26 études ont été examinées, toutes établissant un lien entre l'endométriose et des maladies auto‑immunes. Quatre de ces études ont montré une association entre l'endométriose et le lupus érythémateux systémique (LES), le syndrome de Sjögren, la polyarthrite rhumatoïde (PR), les maladies thyroïdiennes auto‑immunes, la maladie cœliaque, la sclérose en plaques (SEP), les maladies inflammatoires de l'intestin (MICI) et la maladie d'Addison. [8] La naturopathe Margret Madejsky décrit, d'après son expérience en cabinet, : « Là où il y a un processus auto‑immun, il y en a souvent un deuxième ou un troisième. » Bien que l'auteure mentionne de multiples influences, elle relève clairement aussi le rôle des polluants environnementaux comme l'une des causes principales, en insistant notamment sur une intoxication aux métaux lourds. [9]
Déséquilibre hormonal :
Selon Margret Madejsky, une endométriose s'accompagne toujours d'un excès d'œstrogènes et d'un déficit en progestérone. [10]
Ménstruation rétrograde :
On suppose également un reflux massif du sang menstruel par les trompes de Fallope, permettant aux cellules endométriales de s'implanter en dehors de l'utérus. [11]
La cause véritable de l'endométriose reste donc inconnue. On suppose toutefois une origine multifactorielle des foyers. [12]
Traitements alternatifs
La thérapie conventionnelle est invasive, elle intervient dans le système par des hormones et des médicaments. Par ailleurs, des interventions chirurgicales sont souvent réalisées, suivies d'un traitement médicamenteux. [13] Beaucoup souhaitent l'éviter, ce qui pousse de nombreuses femmes à chercher des solutions alternatives.
« La thérapie conventionnelle est invasive. Avec la naturopathie et la psychosomatique, vous pouvez atténuer ces symptômes parfois sévères de façon douce. »
L'approche de la médecin Heide Fischer
La détoxification est primordiale
Plusieurs études suggérant une exposition aux polluants environnementaux, la détoxification est l'une des étapes les plus importantes dans le traitement de l'endométriose. La gynécologue Heide Fischer recommande une détoxification et une élimination sur 4–6 semaines :
Détox intestinale avec :
- Algues comme la chlorella : 3 fois par jour, 2–4 comprimés
- Argile médicinale : 2 fois par jour, 1 c. à soupe diluée dans de l'eau
- Teinture mère d'ail des ours : 3 fois par jour, 3 gouttes
Nettoyage lymphatique avec :
- Infusion de lierre terrestre
Détoxification par la peau :
- Infusion de fleurs de sureau
Élimination via les reins :
- Feuilles de bouleau, solidage (verge d'or), ortie
Élimination via le foie :
- Plantes amères comme la racine de pissenlit, l'artichaut et l'achillée millefeuille
Pour le soulagement de la douleur
- Potentille
- Pétasite homéopathique Petasites D6, plusieurs fois par jour 3–5 gouttes
- Griffe du diable (Harpagophytum)
- Encens
Régulation hormonale
Des plantes à effet progestatif peuvent être prises pendant la seconde moitié du cycle. Celles‑ci comprennent :
- Gattilier (Vitex agnus‑castus)
- Alchémille
- Achillée millefeuille
- Racine d'igname (yam)
Pour apaiser la muqueuse utérine
- Calendula ou lamier blanc
[14]

Fig. : Gattilier – la plante méditerranéenne est traditionnellement utilisée pour rééquilibrer les hormones
Approche de la naturopathe Margret Madejsky
Margret Madejsky est naturopathe et auteure. Elle se consacre depuis de nombreuses années aux méthodes naturelles de soin, notamment pour les affections féminines.
L'un des points principaux pour Madejsky dans le traitement de l'endométriose est de dissoudre les adhérences. Outre l'ostéopathie pour décontracter et libérer les adhérences, la naturopathe recommande également la teinture mère d'angélique (Angelica archangelica) ou Sulfur jodatum D6. Pour améliorer la perméabilité des trompes, elle préconise des jus de thym ou de primevère officinale.
Il est certainement soulageant pour les patientes de pouvoir dissiper les crampes. Madejsky recommande notamment l'alchémille, la potentille et l'agripaume ainsi que le magnésium.
Alors que les fibromes utérins peuvent être davantage considérés comme un syndrome de stase, l'endométriose est un processus inflammatoire chronique de l'abdomen qui fonctionne comme un processus auto‑immun.
Selon Madejsky, les résines végétales telles que l'encens permettent d'agir très efficacement, d'après son expérience, sur les inflammations. [15]
Margret Madejsky souligne également l'importance de l'alchémille comme plante harmonisante générale pour les affections féminines dans son ouvrage Alchemilla. Eine ganzheitliche Kräuterheilkunde für Frauen.

Fig. : L'alchémille est une plante harmonisante pour les femmes. Elle est connue comme tonique – c'est‑à‑dire un remède fortifiant pour l'organisme féminin.
Approche de Stéphanie Mezerai & Sophie Pensa
Stéphanie Mezerai est auteure et naturopathe spécialisée en gynécologie et s'est spécialisée dans le soulagement holistique de l'endométriose. Sophie Pensa est journaliste, conseillère en santé et professeure de yoga.
Dans leur ouvrage Endometriose. Ein ganzheitlicher Weg zur Linderung der schmerzhaften Krankheit, les autrices décrivent les effets positifs de l'ostéopathie, de l'acupuncture, des ventouses et de la moxibustion, du massage réflexologique et des remèdes homéopathiques. Des massages avec différentes huiles essentielles sont également décrits pour le soulagement de la douleur.
Recommandations de phytothérapie
Les autrices recommandent :
- Chardon‑marie, artichaut et curcuma pour stimuler le foie,
- Gattilier et alchémille pour rééquilibrer les hormones,
- Achillée millefeuille, camomille vraie, gingembre et écorce de viorne pour soulager les crampes et les douleurs menstruelles. [16]
Le changement alimentaire selon Mezerai & Pensa
Un changement alimentaire est également très important pour les deux autrices : le lait de vache, le gluten, la viande rouge, les acides gras saturés et le sucre ne devraient plus figurer dans l'assiette des patientes atteintes d'endométriose. De même, l'alcool, les additifs alimentaires, les édulcorants ou le soja sont à éviter.
Elles recommandent plutôt des fruits, des légumes et les « bonnes » graisses dans un rapport équilibré oméga‑3/oméga‑6 (1:4). Le rapport oméga‑6 est souvent trop élevé, c'est pourquoi il convient de réduire la consommation d'huiles comme celles de tournesol, de soja, de maïs, de pépins de raisin ou de carthame. Les acides gras oméga‑9 sont également importants et peuvent être apportés par l'huile d'olive, les noix de cajou ou les noisettes.
Il existe par ailleurs des acides gras oméga‑7. Ils sont importants pour maintenir l'hydratation de la peau et des muqueuses. L'oméga‑7 se trouve dans l'huile de foie de morue, l'huile de macadamia et les baies d'argousier.
Avec cette approche alimentaire, les deux autrices ne sont plus isolées depuis longtemps : de nombreux médecins recommandent désormais notamment d'éviter le gluten et le lait de vache.
Micronutriments selon Mezerai & Pensa
Mezerai & Pensa présentent dans leur livre un aperçu des micronutriments et des remèdes végétaux avec lesquels les femmes concernées peuvent être bien soutenues.
Pour réduire l'inflammation :
- Acides gras oméga‑3
- Curcumine
Antioxydants contre le stress oxydatif :
- N‑Acétyl‑L‑cystéine (NAC)
- Resvératrol
- Pycnogénol (OPC)
- Extrait de thé vert
- Magnésium (glycérophosphate, bisglycinate, malate)
Pour rééquilibrer les hormones :
- Gattilier
- Alchémille
Contre les crampes et la douleur :
- Gingembre
- Camomille vraie
- Écorce de viorne
Ces conseils et bien d'autres, ainsi que des plans de thérapie individualisés, se trouvent dans leur livre sur l'endométriose.

Fig. : Racine de gingembre – un remède végétal efficace non seulement contre les douleurs menstruelles
Recommandations de supplémentation en micronutriments selon l'état de la recherche
Les études soulignent surtout l'importance des vitamines hydrosolubles C et B12 ainsi que d'un apport quotidien en magnésium. Pour ces micronutriments, une amélioration significative du bien‑être a été constatée dans les études menées chez des patientes atteintes d'endométriose. [17]
Littérature recommandée :
- Stéphanie Mezerai, Sophie Pensa, Endometriose. Ein ganzheitlicher Weg zur Linderung der schmerzhaften Krankheit
- Margret Madejsky, Alchemilla. Eine ganzheitliche Kräuterheilkunde für Frauen
- Margret Madejsky, Praxishandbuch Frauenkräuter
- Christiane Northrup, Frauenkörper, Frauenweisheit
- Jörg Keckstein, Endometriose - Die verkannte Frauenkrankheit
- Tamer Seckin, Endometriose. Mehr als nur Regelschmerzen
- Ingrid Gerhard, Annette Kerckhoff, Was tun bei Endometriose. Homöopathie und Naturheilkunde
- Sylvia Mechsner, In der Sprechstunde Endometriose
Sources :
[1] https://www.yumpu.com/de/document/view/7238879/endometriose-zellen-am-falschen-ort-heide-fischer
[3] https://www.narayana-verlag.de/Endometriose-Stephanie-Mezerai-Sophie-Pensa/b29266
[4] https://www.narayana-verlag.de/Endometriose-Stephanie-Mezerai-Sophie-Pensa/b29266
[5] https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00389-5/abstract
[6] https://www.cell.com/trends/molecular-medicine/abstract/S1471-4914(18)30143-6
[7] https://jpp.krakow.pl/journal/archive/04_19/pdf/10.26402/jpp.2019.2.09.pdf
[8] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31260048/
[9] https://vimeo.com/ondemand/myome
[10] https://vimeo.com/ondemand/myome
[11] https://www.usz.ch/krankheit/endometriose/
[12] https://www.klinikum.uni-heidelberg.de/erkrankungen/endometriose-200332
[13] https://www.klinikum.uni-heidelberg.de/erkrankungen/endometriose-200332
[15] https://vimeo.com/ondemand/myome
[16] https://www.narayana-verlag.de/Endometriose-Stephanie-Mezerai-Sophie-Pensa/b29266
[17] https://jpp.krakow.pl/journal/archive/04_19/pdf/10.26402/jpp.2019.2.09.pdf
Photos : Shutterstock : siam.pukkato, Alex Manders, speakingtomato, Alchemist from India
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