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Mitochondries : leur importance pour la santé cellulaire

Actualités

Voici l'article « Aide contre la perte d'énergie : comment renforcer vos mitochondries »

Comment des mitochondries saines combattent la fatigue et l'épuisement et pourquoi elles sont indispensables à notre bien‑être

On les appelle à raison les centrales énergétiques des cellules : les mitochondries. Ces petits organites cellulaires jouent un rôle décisif dans la production d'énergie du corps humain. Elles veillent à ce que nous disposions d'une énergie suffisante. Lorsqu'elles sont altérées en taille ou en fonction, cela se manifeste par exemple par un manque d'entrain, de la fatigue et de l'épuisement. Une dysfonction mitochondriale peut toutefois avoir des conséquences beaucoup plus graves, comme un brouillard cérébral, des tremblements, des vertiges ou des maladies telles que le diabète ou des troubles cardiovasculaires.

Qu'est‑ce qui se cache derrière les dites mitochondriopathies, quelle est l'importance des mitochondries pour notre niveau d'énergie et sont‑elles même déterminantes pour un aspect jeune ? Que sont les mitochondries et comment augmenter l'énergie cellulaire ?

Découvrez les réponses à ces questions dans l'article de magazine suivant.

Illustration 1 : les mitochondries contrôlent de nombreux processus dans l'organisme. Elles sont importantes pour la production d'énergie, mais aussi pour le système immunitaire.

Pourquoi des mitochondries saines sont importantes

Les mitochondries sont des organites microscopiques connues comme les « centrales » des cellules. Bien qu'elles ne mesurent elles‑mêmes pas plus de 0,5 à 1 micromètre (µm), leur rôle dans l'organisme humain est d'une importance capitale.

Les mitochondries assurent un bon niveau d'énergie

Les mitochondries fournissent notre énergie : elles produisent l'adénosine triphosphate (ATP), dont nos cellules ont besoin pour accomplir une très grande variété de fonctions. Cette énergie est essentielle pour tous les processus de l'organisme, du mouvement musculaire à la réparation cellulaire. Les mitochondries sont en grande partie responsables du fait que notre corps obtienne l'énergie dont il a besoin.

Illustration 2 : un niveau d'énergie mitochondrial élevé est associé à la vitalité, à la performance et à la clarté mentale.

Les mitochondries régulent aussi le système immunitaire

Les mitochondries sont bien plus que de simples pourvoyeuses d'énergie. Ces organites pilotent par exemple de façon décisive notre système immunitaire. Elles soutiennent l'action de certains messagers, comme les interférons. Ces messagers sont extrêmement importants pour lutter contre les infections virales mais aussi pour éliminer les cellules cancéreuses. Les interférons sont libérés par des cellules du système immunitaire lorsque l'organisme doit réagir à des infections virales ou à d'autres menaces comme des cellules tumorales. Les mitochondries sont essentielles pour le système immunitaire car elles renforcent les voies de signalisation menant à la production d'interférons. Cela déclenche une sorte « d'alerte » lorsqu'une cellule est menacée par des infections virales ou bactériennes.

Les mitochondries remplissent de nombreuses fonctions

De manière générale, les mitochondries régulent le cycle cellulaire et sont largement responsables de la division cellulaire. Elles participent également, dans certains tissus, à la production d'hormones stéroïdes. De plus, elles jouent un rôle dans l'équilibre calcique de l'organisme, ce qui est important pour différents processus de signalisation. Le cycle de l'urée se déroule en partie au niveau des mitochondries. L'ammoniac toxique produit lors de la dégradation des acides aminés y est transformé en urée inoffensive.

Les mitochondries interviennent dans la mort cellulaire programmée

Les mitochondries sont également cruciales dans l'apoptose, la mort cellulaire contrôlée et programmée. Pourquoi est‑ce important ? L'apoptose est notamment essentielle pour éliminer les cellules potentiellement cancérigènes. Lorsque des cellules mutent ou présentent des dommages de l'ADN, l'apoptose peut empêcher leur croissance incontrôlée.

Illustration 3 : si l'apoptose ne fonctionne pas, des cellules endommagées peuvent se multiplier et former des tumeurs.

En résumé : pas d'apoptose sans mitochondries ! Car elles ne se contentent pas de lancer les signaux pro‑apoptotiques, elles sont aussi impliquées dans le déroulement de l'apoptose via leurs interactions avec différentes protéines.

Les mitochondries contrôlent‑elles le vieillissement ?

Les mitochondries pourraient jouer un rôle majeur dans le vieillissement. C'est en tout cas la vision de la théorie mitochondriale du vieillissement proposée par le professeur Anthony Linnane, un biochimiste australien et chercheur sur les mitochondries, connu en médecine pour ses travaux sur le rôle des mitochondries dans le vieillissement cellulaire et les maladies chroniques. Selon sa théorie, également connue sous le sigle MFRTA (Mitochondrial Free Radical Theory of Aging), le processus de vieillissement serait causé par la dysfonction progressive des mitochondries.

La thèse de Linnane affirme que l'ADN mitochondrial (ADNmt) accumule au fil de la vie des mutations dues aux dommages oxydatifs. Les mitochondries deviennent alors de moins en moins efficaces, ce qui entraîne une baisse de la production d'énergie, une augmentation du stress cellulaire et une production accrue d'espèces réactives de l'oxygène (ROS) pouvant causer d'autres dommages. Linnane a postulé que ces dégâts de l'ADNmt influencent le vieillissement des cellules et des tissus. Les cellules se régénèrent moins bien. Leurs fonctions normales en sont affectées, contribuant à la dégradation des fonctions organiques et à l'apparition de maladies liées à l'âge. Ainsi, cette théorie relie l'accumulation de défauts mitochondriaux au vieillissement biologique et aux maladies dégénératives telles que les affections neurodégénératives et les maladies cardiaques. [1] [2

Comment les dommages mitochondriaux affectent‑ils la santé ?

Fait intéressant : les mitochondries possèdent leur propre ADN, l'ADNmt. Il est distinct de l'ADN du noyau. Lorsque les mitochondries ou l'ADNmt sont endommagés, elles ne peuvent plus fonctionner efficacement. Cela peut conduire à de l'épuisement, de la fatigue et d'autres problèmes, car l'organisme n'arrive plus à extraire suffisamment d'énergie des nutriments. Des mutations de l'ADNmt peuvent entraîner d'autres maladies mitochondriales, souvent associées à des problèmes énergétiques au niveau cellulaire.

Les symptômes d'une so‑disant mitochondriopathie peuvent être variés et incluent :

  • Perte d'énergie : fatigue et épuisement constants.
  • Altérations cognitives : troubles de la concentration et problèmes de sommeil.
  • Problèmes physiques : douleurs musculaires et susceptibilité accrue aux infections.
  • Symptômes psychiques : états anxieux et troubles dépressifs[2][4].

Tableaux cliniques divers – des encéphalopathies aux myopathies

Les myopathies mitochondriales, par exemple, sont particulièrement redoutées.Ce groupe de maladies provoque une faiblesse et une fatigabilité musculaires dues à des troubles de la production d'énergie dans les muscles. Les mitochondries ne sont alors plus capables de produire suffisamment d'énergie (sous forme d'ATP) pour les cellules musculaires. Comme les muscles nécessitent beaucoup d'énergie pour fonctionner correctement, des défauts mitochondriaux peuvent entraîner une faiblesse musculaire et d'autres symptômes. [3]

Une autre conséquence des mitochondries endommagées peut être des encéphalopathies. Les encéphalopathies mitochondriales affectent le cerveau et peuvent provoquer des symptômes tels que la démence, des problèmes de coordination et des crises d'épilepsie. Les patients souffrent de faiblesse musculaire, de crises et d'épisodes pseudo‑ischémiques. [4]

La chercheuse Giovanna Sonsalla a travaillé sur les mitochondries dans le contexte des maladies neurodégénératives, en particulier leur importance dans la maladie de Parkinson. [5] Elle a souligné que les mitochondries jouent un rôle clé dans le métabolisme énergétique et la régulation de la mort cellulaire, et que les dysfonctionnements de ces organites peuvent contribuer aux dommages cellulaires et à la progression des maladies neurodégénératives. [6]

En outre, une dysfonction mitochondriale peut conduire à des maladies hépatiques [7], au diabète de type 2 [8] ou à des maladies cardiovasculaires [9]. Mais aussi des troubles neurologiques comme la maladie de Parkinson [10], la maladie d'Alzheimer [11] et la sclérose latérale amyotrophique [12] peuvent être attribués à des dommages mitochondriaux.

Même le Long‑COVID est désormais associé à des dysfonctions mitochondriales. Une étude montre que le Long‑COVID pourrait être un état chronique induit par le virus et auto‑entretenu. [13] Cet état se caractérise par une dysfonction mitochondriale dans laquelle des espèces réactives de l'oxygène alimentent en permanence des inflammations dans l'organisme.

Mitochondries et cancer

Des études récentes ont montré que les métabolites des mitochondries et les soi‑disant mtROS sont importants pour la régulation des voies de signalisation et des dommages cellulaires – tant dans les cellules immunitaires innées qu'adaptatives. Qu'est‑ce que cela signifie ? L'abréviation mtROS désigne les espèces réactives de l'oxygène mitochondriales. Ce sont des composés oxygénés instables et hautement réactifs, sous‑produits de la production d'énergie mitochondriale. Ces mtROS ne sont pas sans danger. À forte concentration, ils peuvent provoquer des dommages cellulaires en attaquant les lipides, les protéines et l'ADNmt – l'ADN mitochondrial. Un excès de mtROS, connu sous le nom de stress oxydatif, peut favoriser l'apparition de maladies cardiovasculaires ou de maladies neurodégénératives.

On pensait auparavant que les cellules cancéreuses n'avaient pas besoin des mitochondries. Cette idée a longtemps façonné la compréhension du métabolisme du cancer. Des recherches plus récentes ont toutefois montré que les mitochondries jouent effectivement un rôle crucial dans la croissance tumorale et y remplissent plusieurs fonctions importantes. [14] Une fonction mitochondriale altérée est donc étroitement liée à l'inflammation, aux maladies neurodégénératives et à l'apparition du cancer. [15]

Quelles sont les causes des mitochondriopathies

Lorsqu'une mitochondriopathie, c'est‑à‑dire une dysfonction des mitochondries, n'est pas congénitale, elle est acquise au cours de la vie. On parle alors de mitochondriopathies secondaires. Celles‑ci peuvent être provoquées par divers facteurs :

  • Carences en micronutriments sur une longue période [16],
  • Polluants environnementaux comme les métaux lourds, les phtalates ou les pesticides [17],
  • Pollution électromagnétique telle que les ondes micro‑ondes ; par exemple, l'exposition au Wi‑Fi a montré dans des études une diminution de la longueur des mitochondries suite au rayonnement [18],
  • Infections virales [19]
  • Stress psychique ou physique ; les mitochondries réagissent au stress en produisant des espèces réactives de l'oxygène (ROS) générées lors de la respiration cellulaire. Si ces ROS ne peuvent pas être neutralisées, des dommages cellulaires surviennent et la fonction mitochondriale se détériore davantage. Le stress psychologique et physique est un facteur important contribuant aux mitochondriopathies. [20]
  • Antibiotiques : un traitement antibiotique peut modifier l'approvisionnement énergétique d'une cellule et ainsi déclencher une dysfonction mitochondriale. [21]
  • Antidépresseurs : selon le médicament, ils peuvent avoir un effet négatif sur l'activité mitochondriale. [22]
  • Médicaments tels que les bêta‑bloquants peuvent provoquer une toxicité mitochondriale [23]. Ils entraînent un stress oxydatif accru, des modifications de la dynamique mitochondriale [24] et peuvent activer différentes voies de mort cellulaire dépendantes des mitochondries. [25] [26]

Comment pouvez‑vous soutenir vos mitochondries ?

Illustration 4 : les applications de froid sont bénéfiques pour les mitochondries et favorisent la santé cellulaire.

 Le traitement des mitochondriopathies nécessite une approche holistique qui comprend les aspects suivants :

  • Adaptations alimentaires : une alimentation anti‑inflammatoire peut aider à soutenir les fonctions mitochondriales.
  • Thérapie en micronutriments : l'administration ciblée d'antioxydants et d'autres nutriments est importante pour soutenir la santé mitochondriale.
  • Gestion du stress : des techniques pour réduire le stress psychique et physique sont essentielles à la récupération. Il est globalement important de comprendre les liens entre stress et santé mitochondriale afin d'adopter des mesures thérapeutiques appropriées.
  • Activité physique : le mouvement est indispensable pour une bonne fonction mitochondriale.
  • Réduction des expositions environnementales nocives
  • Applications de froid comme la cryothérapie sont connues pour avoir des effets positifs sur les mitochondries et la santé cellulaire. La recherche montre que l'exposition au froid peut influencer positivement la fonction mitochondriale de diverses manières. L'exposition au froid favorise la biogenèse mitochondriale, c'est‑à‑dire la formation de nouvelles mitochondries, notamment dans le tissu adipeux brun. Il s'agit d'une adaptation de l'organisme aux basses températures, car davantage de mitochondries sont nécessaires pour la production de chaleur.

Conclusion

Les mitochondries sont d'une importance centrale pour votre corps, car elles fournissent en tant que « centrales des cellules » l'énergie nécessaire (ATP) à l'ensemble des fonctions cellulaires et corporelles. Une perturbation de la fonction mitochondriale conduit non seulement à une perte d'énergie et à de l'épuisement, mais peut également favoriser des problèmes de santé complexes tels que la fatigue chronique, l'inflammation, les maladies neurodégénératives et même les troubles cardiovasculaires.

Des mitochondries saines sont donc essentielles pour un système immunitaire fort, des capacités mentales performantes et la protection contre les maladies. Elles influencent de manière déterminante le métabolisme cellulaire, la défense immunitaire et même le vieillissement cellulaire. Les recherches montrent que les facteurs environnementaux, l'alimentation et le mode de vie affectent fortement la santé mitochondriale. Une approche globale, comprenant une alimentation équilibrée, des nutriments essentiels, de l'exercice et la gestion du stress, est cruciale pour soutenir vos mitochondries.

La prise de conscience que les mitochondries sont également responsables du vieillissement et de la régénération cellulaire fait d'elles une clé du bien‑être et de la prévention des maladies chroniques. C'est précisément pour cette raison que les mitochondries sont un élément important pour votre bien‑être et la prévention des maladies chroniques.

Livres intéressants :


Sources :

[1] https://iubmb.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1080/152165400410281

[2] James Lee : The Methuselah Project - How the science of anti-aging can help you live happier, longer and stronger

[3] https://www.researchgate.net/publication/7724498_Mitochondrial_DNA_and_disease

[4] https://link.springer.com/article/10.1007/s10072-019-03863-x

[5] Giovanna Sonsalla est une chercheuse ayant soutenu sa thèse à l'Université Ludwig‑Maximilians (LMU) de Munich, plus précisément à l'école doctorale en neurosciences systémiques.

[6] https://edoc.ub.uni-muenchen.de/28739/

[7] https://www.mdpi.com/1422-0067/15/5/8713

[8] https://docserv.uni-duesseldorf.de/servlets/DerivateServlet/Derivate-43768/Dissertation_Wolff.pdf

[9] https://link.springer.com/article/10.1007/s00391-022-02094-8

[10] https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1073858415574600

[11] https://link.springer.com/article/10.1007/s10072-019-03863-x

[12] https://oparu.uni-ulm.de/server/api/core/bitstreams/5ef84c8a-4358-4c60-b471-d1e67a69bf76/content

[13] https://www.mdpi.com/2227-9059/10/12/3113

[14] https://www.salk.edu/de/Pressemitteilung/Die-Neuverdrahtung-der-Tumormitochondrien-verbessert-die-F%C3%A4higkeit-des-Immunsystems,-Krebs-zu-erkennen-und-zu-bek%C3%A4mpfen/

[15] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213231719303076#bib116

[16] https://sportaerztezeitung.com/rubriken/kardiologie/2681/mitochondriale-medizin/

[17] https://www.grueneliga.de/images/Glyphosat_zusammenfassung.pdf

[18] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935118300355

[19] https://natuerlich.thieme.de/spezialthemen/erschoepfung/detail/muede-mitochondrien-3711

[20] https://www.lmu.de/de/newsroom/newsuebersicht/news/zellbiologie-wie-mitochondrien-stress-melden.html

[21] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5240889/

[22] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0149763421002025

[23] https://link.springer.com/article/10.1007/s40264-016-0417-x

[24] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27771494/

[25] https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-319-28549-8_6

[26] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9656474/#B20-ijms-23-13653


Illustration 1 : Christoph Burgstedt/Shutterstock.com; Illustration 2 : lzf/Shutterstock.com; Illustration 3 : sfam_photo/Shutterstock.com; Illustration 4 : Michele Ursi/Shutterstock.com

Jannyn Saß