Passer au contenu principal Passer à la recherche Passer à la navigation principale
N'hésitez pas à nous contacter via notre service client: +49 7626 974 9700.

Le gui : une plante entre mysticisme et médecine

Actualités

Figure 1 : Le gui est à la fois symbole de mysticisme et plante médicinale. Ses propriétés sont très estimées dans de nombreuses cultures.

Il est considéré comme l’une des plantes médicinales les plus importantes de notre époque et est utilisé pour de nombreuses maladies pressantes : le gui. Il apporte une contribution importante à la thérapie intégrative du cancer et aide dans les maladies cardiaques et nerveuses. De plus, il est employé pour les affections féminines, de nombreux troubles liés à l’âge et les phénomènes liés au stress (p. ex. burn‑out). [1]

Le gui, en latin Viscum album, était déjà considéré comme sacré dans l’Antiquité et, dans la tradition européenne, il est associé depuis des siècles à de nombreux rites et coutumes – plante mystique, il reflète la culture et le folklore de différentes époques.

Le gui entre tradition, superstition et modernité

Figure 2 : La signature du gui était autrefois interprétée comme mystérieuse et inhabituelle. Aujourd’hui, ce sont les propriétés médicales de la plante qui sont au centre de la recherche.

Il peut facilement survivre à l’hiver rigoureux, braver le froid et le gel et même produire ses fruits au moment du solstice d’hiver. Rien que pour cela, les Celtes attribuaient déjà au gui des pouvoirs curatifs particuliers et l’appelaient même « Omnia sanantem » – la Panacée. Dans les pays anglophones, on connaît la coutume d’accrocher une branche de gui à Noël : celui qui se tient dessous peut s’embrasser. Chez nous aussi, on croyait longtemps que le gui apportait chance et éloignait les mauvaises influences. Les branches de gui sont traditionnellement placées aux portes et aux fenêtres pour protéger la maison.

En réalité, les lieux où poussent les guis peuvent souvent paraître mystérieux et énigmatiques. Beaucoup d’arbres hôtes sur lesquels on trouve le gui poussent noueux ou présentent des torsions sur le tronc et les branches. Autrefois, on croyait donc que le gui se trouvait aux portes d’un autre monde.

Le gui : une plante exceptionnelle

Le botaniste Karl von Tubeuf fut le premier à étudier intensivement la pharmacologie du Viscum album et posa ainsi en 1907 la base de l’importance actuelle du gui en médecine. Tubeuf écrivait à propos du gui : « Rien de cette plante n’est normal. » [2]

En effet, la plante vit, malgré un métabolisme chlorophyllien propre — qui lui permettrait de se nourrir indépendamment d’un hôte — en hémiparasite du suc de son arbre hôte. Le gui croît très lentement et peut atteindre un âge respectable. Ce n’est qu’à la cinquième année que la plante commence à fleurir et dès que le gui porte ses premiers fruits, il se propage de manière explosive.

Le gui ne présente à aucun égard les caractéristiques typiques des plantes ordinaires : il pousse comme hémiparasite dans la canopée, sans former de racines propres. À la place, il s’ancre au bois de l’arbre hôte par un haustorium, dont il puise l’eau et les minéraux. Bien qu’il soit capable de photosynthèse, il dépend en grande partie de l’arbre. Sa croissance s’effectue d’avril à juin, puis il fait une pause en été et reste en dormance jusqu’à l’hiver. Ses tiges et feuilles se réorientent quotidiennement, jusqu’à ce que la plante ait pris, fin juin, sa forme sphérique. Cette forme d’auto‑centrage est unique dans le règne végétal.

Le gui en usage médical

Figure 3 : Les constituants du gui possèdent un large spectre d’action. Les extraits végétaux sont surtout utilisés en médecine complémentaire.

Que le gui ne soit pas seulement une plante à signification mythique mais possède aussi des effets médicaux démontrés a été mis en évidence dans de nombreuses études scientifiques.

Les phytothérapiques fabriqués à partir des feuilles de gui ont un large spectre d’activité et sont utilisés pour les troubles liés à l’âge, les maladies cardiovasculaires, l’arthrose et le renforcement immunitaire. De plus, Viscum album est une plante importante en thérapie complémentaire du cancer et est employée pour les maladies de la rate, les troubles menstruels, l’infertilité, les ulcères, l’arthrite et l’épilepsie. [3] [4]

Les indications les plus connues du gui sont :

  • Thérapie anticancéreuse

Les préparations à base de gui sont employées depuis des décennies en thérapie complémentaire du cancer. Elles peuvent renforcer le système immunitaire, améliorer la qualité de vie et atténuer les effets secondaires des chimiothérapies ou radiothérapies. Des études montrent que les thérapies au gui peuvent, pour certains cancers, prolonger la survie. [5]

  • Régulation de la pression artérielle

Le gui possède une action régulatrice de la pression artérielle, en particulier en cas d’hypertension légère. Il détend les vaisseaux et favorise la circulation, ce qui explique son usage dans les maladies cardiovasculaires. [6]

  • Effet calmant

La plante est traditionnellement utilisée pour traiter la nervosité, l’insomnie et les troubles liés au stress. Elle a un effet sédatif léger. [7]

  • Troubles menstruels

Il n’existe actuellement pas d’études spécifiques démontrant l’efficacité directe de la thérapie au gui pour des troubles menstruels tels que douleurs ou irrégularités. Toutefois, il existe des recherches sur le traitement des affections gynécologiques comme l’endométriose avec des préparations de gui. Ces études montrent que le gui possède des propriétés anti‑inflammatoires et immunomodulatrices et peut ainsi soulager les symptômes souvent associés à l’endométriose et menant à des troubles menstruels. [8]

  • Anti‑inflammatoire et analgésique

Le gui contient des principes actifs ayant une action anti‑inflammatoire et pouvant, entre autres, soulager des douleurs rhumatismales. [9]

Thérapie anticancéreuse : l’usage du gui comme « cytostatique végétal »

La thérapie par le gui, telle qu’on la connaît aujourd’hui, s’appuie à l’origine sur les propositions de Rudolf Steiner, fondateur de la médecine anthroposophique. Déjà en 1917, Steiner suggérait l’utilisation du gui comme remède, notamment pour le traitement des tumeurs. Depuis, la thérapie par le gui s’est établie comme approche intégrative, souvent utilisée en complément des traitements conventionnels du cancer. [10]

Viscum album est remarquable non seulement par sa forme et son mode de vie singuliers, mais aussi par sa composition chimique qui la rend intéressante à des fins thérapeutiques. Deux groupes de substances sont au centre de l’attention : les viscotoxines et les lectines du gui. Les viscotoxines sont de petites protéines aux propriétés cytotoxiques, capables de endommager directement les cellules tumorales. Les lectines du gui, quant à elles, sont des glycoprotéines qui stimuleraient le système immunitaire en activant des cellules immunitaires et pourraient soutenir les défenses de l’organisme contre les tumeurs. Ces deux groupes de substances agissent de façon synergique et sont déterminants pour l’efficacité de la thérapie par le gui.

La thérapie par le gui s’est avérée utile en traitement de soutien des cancers, comme l’attestent de nombreuses études cliniques. Sur 157 études examinées au total, 97 % montrent des résultats positifs quant à l’efficacité de la thérapie au gui. Les avantages se regroupent dans plusieurs domaines :

Sécurité et tolérance : la thérapie est considérée comme sûre et ne provoque que peu d’effets secondaires. Cela en fait une option adaptée à un large groupe de patients. [11] Amélioration de la qualité de vie : les patients rapportent un bien‑être accru et une meilleure qualité de vie pendant et après le traitement. [12] Optimisation des thérapies conventionnelles : les préparations de gui peuvent augmenter l’efficacité de la chimiothérapie et de la radiothérapie en atténuant des effets secondaires tels que nausées, vomissements ou diarrhée et en rendant la thérapie plus tolérable. [13] Immunomodulation : le gui soutient le système immunitaire par la stimulation de mécanismes de défense spécifiques et non spécifiques, renforçant ainsi la réponse immunitaire naturelle contre les tumeurs. [14] Réduction des symptômes liés à la tumeur : des symptômes tels que douleurs et syndrome de fatigue sont significativement diminués par la thérapie au gui. De plus, des études montrent que les préparations inhibent la croissance des cellules cancéreuses et pourraient prévenir récidives ou métastases. [15] Allongement possible de la survie : des premières études suggèrent qu’une utilisation à long terme en combinaison avec des thérapies conventionnelles pourrait améliorer les chances de survie. [16]

La thérapie par le gui est désormais utilisée pour de nombreux types de tumeurs, notamment les cancers du sein, de l’ovaire, du côlon, du foie et du poumon. Son effet est généralement exploité dans le cadre d’une thérapie intégrative du cancer afin de compléter les traitements conventionnels tels que la chimiothérapie ou la radiothérapie. L’objectif principal est l’amélioration de la qualité de vie des patients, car le gui renforce le système immunitaire. [17]

Tous les guis ne se valent pas : les effets varient‑ils selon l’arbre hôte ?

Figure 4 : L’effet d’un préparé de gui peut varier selon l’arbre hôte. L’hôte influence la composition biochimique de l’hémiparasite.

Il est intéressant de noter qu’il fait une grande différence que le gui pousse sur un pommier ou sur un bouleau. Les propriétés biochimiques du gui dépendent fortement de l’arbre hôte.

En Europe centrale, il existe trois sous‑espèces de Viscum album qui se distinguent par leurs plantes hôtes : le gui de feuillus pousse sur divers arbres feuillus comme les peupliers et les pommiers, mais évite hêtres et noyers. Le gui des sapins se limite aux sapins, tandis que le gui des pins affecte principalement les pins et parfois les épicéas.

Selon le type de tumeur et l’état individuel des patients, on choisit un préparé adapté. Cette individualisation est un aspect central de la médecine anthroposophique. La thérapie par le gui a fait ses preuves dans de nombreuses études, notamment pour améliorer la qualité de vie des patients cancéreux en cas d’épuisement ou de douleurs, ou pour renforcer le système immunitaire. [18]

Exemples d’utilisation du gui dans la recherche clinique :

Type de gui

Plante hôte

Domaines d’application

Études / Sources

Gui de feuillus

Divers arbres feuillus (p. ex. peuplier, pommier, chêne)

Cancer du sein, cancer de l’ovaire, cancer du côlon

Piao et al., 2004 : le gui de feuillus améliore la qualité de vie et atténue les effets secondaires de la chimiothérapie. [lien]

Gui de sapin

Sapin

Cancer du poumon, cancer de la peau

Souvent utilisé dans les cancers du poumon et de la peau. Il montre des propriétés anti‑inflammatoires et immunomodulatrices. [lien]

La thérapie moderne par le gui se concentre sur des extraits standardisés de gui, injectés sous‑cutanément (sous la peau) sous surveillance médicale. Le traitement est adapté individuellement et repose sur le type de tumeur, les antécédents et la tolérance du patient. L’objectif est de stimuler le système immunitaire, de réduire les effets secondaires des traitements anticancéreux et d’améliorer la qualité de vie. [19]

Les dosages sont administrés par paliers de concentration, et la thérapie est régulièrement surveillée afin d’exclure des réactions allergiques. Les préparations de gui sont établies comme thérapie adjuvante et complètent les approches conventionnelles comme la chimiothérapie ou la radiothérapie. [20]

Le gui est‑il toxique et comment est‑il utilisé ?

En phytothérapie traditionnelle, on utilise souvent une infusion (thé) des feuilles et des tiges de gui, bien que l’extraction à froid soit considérée comme la meilleure méthode pour préserver l’effet curatif. Dans les formules traditionnelles, chaque type de gui est également préparé de façon spécifique pour obtenir l’effet souhaité.

Il est cependant important de noter que les guis contiennent des substances toxiques comme les viscotoxines, qui peuvent provoquer des réactions allergiques et des inflammations. Le gui ne doit donc être pris que sous surveillance médicale. En raison du danger potentiel, il convient de conserver les branches de gui hors de portée des enfants et des animaux.

Pour plus d’informations sur l’utilisation et les risques du gui en phytothérapie, il est conseillé de consulter des sources détaillées ou de s’entretenir avec un thérapeute expérimenté.

Conclusion

À souligner en particulier les propriétés botaniques intéressantes du gui, qui ont autrefois inspiré son usage médical.

De plus, des études cliniques — dont 97 % ont pu démontrer les effets positifs de la thérapie au gui — ont bien documenté l’utilité de cette plante médicinale. Outre les effets décrits ci‑dessus, on discute de la possibilité que la thérapie au gui réduise le risque de récidives dans les maladies chroniques et allonge la durée de survie. Des résultats définitifs font encore défaut. L’effet semble toutefois fortement dépendre de facteurs individuels.

Avertissement

La prise de préparations de gui doit toujours se faire en accord avec un médecin ou un thérapeute en médecine naturelle, afin d’éviter des interactions médicamenteuses et d’assurer un ajustement individuel des doses. Cet article ne remplace pas un traitement par un thérapeute qualifié. La base de cet article repose sur des études et la littérature actuelle. Il ne doit pas servir à l’autodiagnostic ou à l’automédication. Discutez, le cas échéant, de vos réflexions issues de cet article avec un thérapeute de confiance.

Biographie

Jannyn Sass est journaliste médicale indépendante, diplômée en communication, auteure et mère de trois enfants. Elle a travaillé comme experte en communication dans des agences de design et de logiciels ainsi que pour un investisseur technologique à Berlin.

Depuis sa jeunesse, elle est fascinée par les liens plus larges qui conduisent à la maladie ou à la santé dans la vie d’un être humain. Jannyn a étudié la communication économique afin de découvrir les liens systémiques et les facettes de la communication interpersonnelle. Pendant ses études et une expérience intensive en Australie, il lui est devenu clair qu’il devait y avoir davantage dans la vie.

Elle a commencé à étudier des médecines alternatives, a suivi trois ans de médecine traditionnelle chinoise à Berlin et s’est formée comme coach santé. Son intérêt principal est d’explorer l’effet des techniques de conscience et des substances naturelles sur le corps, l’esprit et l’âme des humains, des animaux et des plantes. Elle se consacre en particulier à la thérapie par la méditation.

Dans la vie privée, elle aime parcourir montagnes et vallées, se baigner dans des rivières froides et découvrir la magie de la nature.

Sources

[1] https://www.mistel-therapie.de/wissenschaftliche-informationen/lebensqualitaet#c329

[2] https://www.degruyter.com/document/doi/10.1515/9783486747416/html

[3] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7340679/

[4] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7340679/

[5] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19729932/

[6] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7340679/#Tab2

[7] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30458281/

[8] https://www.endonews.com/mistletoe-as-a-potential-candidate-for-endometriosis-treatment

[9] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7340679/

[10] https://gesundheitsberater.de/misteltherapie/

[11] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23033982/

[12] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19729932/

[13] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21289969/

[14] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16334172/

[15] https://www.mistel-therapie.de/wissenschaftliche-informationen/lebensqualitaet#c329

[16] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11347286/

[17] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1876382021001104

[18] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7340679/

[19] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23033982/

[20] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7340679/

Recommandation de lecture

https://www.narayana-verlag.de/Heilmittel-der-Sonne-Margret-Madejsky-Olaf-Rippe/b24553

https://www.narayana-verlag.de/Die-Mistel-in-der-Tumortherapie-Rainer-Scheer-Hans-Becker/b2387

https://www.narayana-verlag.de/Die-Mistel-in-der-Tumortherapie-2-Rainer-Scheer-Hans-Becker/b16250

https://www.narayana-verlag.de/Die-Mistel-eine-Heilpflanze-unserer-Zeit-Olaf-Rippe/b22620


Figure 1 : Nellia/shutterstock.com; Figure 2 : FoTonBuijs/shutterstock.com; Figure 3 : Madeleine_Steinbach/shutterstock.com; Kozak_Sergii/shutterstock.com

 

Jannyn Saß