Quelle méthode de jeûne convient à quoi et les cures de jeûne permettent‑elles d'éliminer les poisons environnementaux ?

Depuis toujours, les humains cherchent des moyens de prolonger leur beauté juvénile et de ralentir le processus de vieillissement. Aujourd'hui, l'organisme humain est plus que jamais exposé à de nombreux polluants environnementaux – que ce soit par l'alimentation, l'air ou l'eau. Ainsi, des pesticides se retrouvent dans les légumes conventionnels, l'acrylamide est présent dans les chips ou les frites et des résidus d'antibiotiques sont très fréquents dans les aliments d'origine animale. La liste pourrait être prolongée à l'infini.
Ceci constitue plus d'une bonne raison de se détoxifier régulièrement. Les cures de jeûne sont‑elles donc un choix approprié et quelles sont les différences entre les formes de jeûne les plus connues ?
Découvrez les effets de deux méthodes de jeûne très différentes : le jeûne thérapeutique et le jeûne alcalin.
Jeûner n'est pas toujours la même chose !
La plupart des personnes qui choisissent une cure de jeûne ont souvent une très bonne raison : leur santé, et pour certaines leur beauté. Le jeûne est depuis toujours une façon d'activer son métabolisme, de se libérer d'anciens fardeaux sur les plans physique et mental et de retrouver davantage de santé. Mais quelles sont les différences entre les différentes méthodes de jeûne, laquelle convient à quel objectif et quels sont précisément les effets sur le corps ?
Différences entre le jeûne alcalin et le jeûne thérapeutique
Le jeûne alcalin est, pour beaucoup, un premier choix car il est facile à mettre en œuvre et s'intègre dans la vie quotidienne. Le jeûne thérapeutique classique est également une cure de purification très populaire, notamment au printemps. Les deux types de jeûne ont une influence positive sur le corps humain. Mais quelles en sont les différences ?
Tandis que le jeûne thérapeutique repose sur une très longue tradition dans de nombreuses cultures, le jeûne alcalin peut être attribué à la praticienne en naturopathie et auteure Sabine Wacker.
Lors du jeûne alcalin, le corps est désacidifié pendant une période déterminée d'au moins sept jours. Le grand avantage de cette méthode est le suivant : il est permis de manger, mais uniquement des aliments alcalins. Les aliments acidifiants sont exclus. Le jeûne alcalin met l'accent principalement sur une déacidification préventive de l'organisme, afin de le renforcer et d'équilibrer l'équilibre acido‑basique. Le jeûne alcalin convient particulièrement aux personnes qui souhaitent se purifier mais pour lesquelles l'idée d'un arrêt complet de l'alimentation, comme c'est le cas pour le jeûne thérapeutique, est trop contraignante. Un guide pour le jeûne alcalin se trouve ici.
Le jeûne thérapeutique, en revanche, signifie l'abstention totale ou partielle de nourriture, selon la méthode de jeûne choisie. Le jeûne thérapeutique active les forces d'auto‑guérison du corps. Beaucoup de jeûneurs parlent d'un effet purificateur sur le corps, mais aussi sur l'esprit.
« Le jeûne est une capacité que tout être vivant – humain, animal ou plante – possède sur cette planète. Lorsqu'il n'y a plus de nourriture disponible ou que l'on y renonce volontairement, on peut vivre de ces réserves accumulées. »
Dr Françoise Wilhelmi de Toledo, auteure du livre Heilfasten
Que se passe‑t‑il lors du jeûne thérapeutique comparé au jeûne alcalin ?
L'homme ne peut survivre que quelques minutes sans oxygène. Il peut se passer d'eau pendant quelques jours. Sans nourriture, il peut tenir plusieurs semaines.
Le vrai jeûne thérapeutique consiste à renoncer à la nourriture solide pendant quelques jours jusqu'à 30 jours (voire plus) et à ne consommer que de l'eau. Il existe toutefois d'autres variantes de jeûne thérapeutique, comme par exemple la méthode Buchinger, qui autorise également des jus, des bouillons de légumes et des tisanes. (Cf. Dr Françoise Wilhelmi de Toledo : Heilfasten) La cure Mayr, où l'on peut consommer du petit‑pain sec, est aussi considérée comme une cure de jeûne thérapeutique, tout comme la cure Schroth, où l'on prend des bouillies fines de riz ou d'avoine ou des plats végétariens sans sel et pauvres en graisses. Robert Morse décrit dans son livre, en plus du « jeûne hydrique », trois autres types de jeûne : le jeûne crudivore, le jeûne aux fruits et le jeûne aux jus. (Cf. Robert Morse : Das Detox-Wunder, p. 327 et s.) La méthode de jeûne selon Breuss est également une cure connue, basée sur des jus et particulièrement adaptée au printemps. (Cf. Jürgen H. Thomar : Heilfasten nach Rudolf Breuss)
De manière générale, dans toutes les formes de jeûne, le café, le thé noir ou vert ainsi que les boissons alcoolisées sont exclus. Les boissons rafraîchissantes ne font pas non plus partie du réfrigérateur du jeûneur.
Métabolisme modifié lors du jeûne thérapeutique : autophagie et cétose
L'une des plus grandes différences est que lors du jeûne thérapeutique, avec l'abstention totale de nourriture, le métabolisme non seulement ralentit, mais il passe complètement à ce qu'on appelle l'autophagie, ce qui signifie littéralement « se digérer soi‑même ». Cela signifie que lors du jeûne thérapeutique, les « déchets cellulaires » accumulés (comme des protéines mal repliées ou des organites cellulaires endommagés) sont traités dans un processus complexe et reconvertis en protéines corporelles. L'avantage est que la cellule se régénère au lieu de mourir, ce qui est particulièrement positif à un âge avancé, lorsque le renouvellement cellulaire fonctionne moins bien.
Outre l'autophagie, le corps passe aussi en cétose (métabolisme des graisses) pendant le jeûne thérapeutique. Alors que normalement le corps obtient son énergie à partir du sucre, en transformant le glucose en ATP à l'aide d'oxygène, en cétose l'énergie est produite à partir des graisses disponibles.
Puisque lors du jeûne alcalin il est permis de manger, ni l'autophagie ni la cétose ne se produisent. En consommant des aliments alcalins, le métabolisme normal est maintenu. L'accent du jeûne alcalin est mis sur la déacidification. Ainsi, les déchets et les toxines sont éliminés tout en apportant au corps des nutriments essentiels en quantité.

Faut‑il avoir faim pendant le jeûne thérapeutique ?
L'adage « Qui a faim ne jeûne pas, il ne reçoit pas assez à manger » résume la situation. Qui entreprend un jeûne le fait volontairement et en conscience, comme un chemin pour activer le guérisseur intérieur.
Pour autant, la sensation de faim apparaît rarement. Grâce aux lavements réguliers et au passage au métabolisme cétogène, la sensation de faim reste limitée pendant le jeûne thérapeutique. Fondamentalement, le corps connaît deux programmes : l'apport alimentaire de l'extérieur et de l'intérieur. Dans le « programme interne », le signal de faim est supprimé par les lavements et l'hormone de la faim, la ghréline, n'est plus sécrétée.
Cela signifie : bien que l'on ne mange pas pendant le jeûne thérapeutique contrairement au jeûne alcalin, on n'a pas faim ! Qui choisit le jeûne alcalin ne ressentira de toute façon pas la faim, car il peut manger à satiété des aliments alcalins.
Les effets sur la santé et le bien‑être sont‑ils les mêmes pour les deux méthodes ?
Comme le jeûne alcalin réduit et permet l'élimination des acides dans l'organisme, il a un effet directement perceptible sur le bien‑être. Les symptômes physiques liés à une surcharge acide diminuent avec le temps lorsque les aliments acidifiants sont supprimés.
Le jeûne thérapeutique, quant à lui, n'a pas sans raison une très longue tradition. Les effets sur le corps et l'âme peuvent être très profonds et sont scientifiquement documentés dans de nombreuses études depuis plus de 100 ans.
Deux médecins ont sorti le jeûne thérapeutique de son application traditionnelle pour le placer dans un contexte scientifique et ont ainsi, autour de la fin du XIXe siècle, initié un renouveau en Occident – les médecins américains Henri Tanner et Edward Hooker Dewey. Tanner a mené au Medical College des États‑Unis à New York une étude de jeûne de 42 jours. Dewey a également étudié les effets thérapeutiques du jeûne. Tous deux ont inspiré deux médecins allemands, Gustav Riedlin de Fribourg et Siegfried Möller de Dresde, qui ont à leur tour influencé le patriarche du jeûne thérapeutique en Allemagne, Otto Buchinger. Celui‑ci – lui‑même gravement malade – put guérir sa polyarthrite par une cure de jeûne. Il fut l'exemple vivant que l'autophagie et la cétose provoquent un nettoyage profond des cellules et des tissus, réduisant ainsi les processus inflammatoires et améliorant douleurs et limitations de mobilité. (Plus sur la méthode Buchinger‑Wilhelmi, considérée comme la mère de toutes les cures de jeûne : Francoise Wilhelmi de Toledo : Heilfasten)
Pour quels symptômes le jeûne thérapeutique peut‑il aider ?
Alors qu'Otto Buchinger, après sa propre guérison, s'est entièrement consacré à cette méthode et a pu aider de nombreuses personnes, la science moderne montre également les nombreux effets bénéfiques du jeûne thérapeutique. Des succès ont été documentés pour des maladies inflammatoires rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde [Vers l'étude], pour des maladies métaboliques, cardiovasculaires, musculo‑squelettiques et des douleurs chroniques ainsi que pour la migraine. Le jeûne thérapeutique est également utile et bénéfique pour les maladies dégénératives des articulations (arthroses). [Vers l'étude] [Cf. aussi Kneippärztebund]
L'une des plus grandes études scientifiques sur l'effet du jeûne thérapeutique selon Buchinger a pu être réalisée sous la direction du Dr Françoise Wilhelmi de Toledo et de son équipe dans la clinique traditionnelle Buchinger Wilhelmi au lac de Constance en coopération avec le Prof. Dr Andreas Michalsen de la Charité – Universitätsmedizin Berlin. On y a constaté que :
- le jeûne conduit à une perte de poids significative, à une réduction du tour de taille et à une baisse du cholestérol et des lipides sanguins,
- la pression artérielle diminue et les paramètres du diabète, comme la glycémie et l'HbA1c, s'améliorent, avec toutes les conséquences sur la santé cardio‑vasculaire sinon possibles,
- des affections graves comme le diabète de type 2, la stéatose hépatique et l'hypercholestérolémie, l'hypertension artérielle et les états d'épuisement se sont améliorés.
Effet sur la psyché : le jeûne thérapeutique rend heureux
Tandis que le jeûne alcalin procure une sensation de bien‑être, de légèreté et de vivacité, le jeûne thérapeutique provoque souvent, à partir du quatrième ou cinquième jour, une vraie euphorie. Le jeûneur peut ressentir un sentiment de bonheur dans tout le corps. Les sens s'aiguisent et les pensées se détournent des spirales négatives répétitives. L'esprit semble se libérer et les pensées se consacrent davantage aux qualités positives de la force intérieure et de la créativité.
Mais il n'y a pas que les « hauts » du jeûne qui méritent d'être mentionnés. Au cours des premiers jours, il peut aussi y avoir des crises émotionnelles de jeûne, qui se manifestent par de fortes dépressions transitoires ou des émotions telles que colère, tristesse inexpliquée ou rires excessifs. Ces émotions disparaissent généralement rapidement et sont le signe que quelque chose d'ancien est éliminé, dont ni le corps ni l'âme n'ont besoin. (Cf. aussi les symptômes de détoxification : Robert Morse : Das Detox‑Wunder, p. 317 et s.)
Manifestations physiques de détoxification : la « crise de guérison »
Lors du jeûne alcalin, le corps se désencombre de façon très douce et, dans la plupart des cas, les manifestations physiques de détoxification restent limitées.
En revanche, lors du jeûne thérapeutique – et il faut le savoir avant de commencer – il peut survenir des symptômes de détoxification allant de légers à très sévères. Les symptômes légers après Robert Morse incluent par exemple des éruptions cutanées, des yeux collés, de légers maux de tête ou une vision légèrement trouble. Les symptômes de détoxification sévères – et dans ce cas il convient de chercher de l'aide – sont de forts vertiges, des expectorations noires issues des poumons ou la réapparition d'anciens symptômes.
Heureusement, ces symptômes sévères sont le plus souvent transitoires et sont l'expression d'une crise de guérison sur le plan physique. Beaucoup de personnes rapportent, après avoir traversé une telle crise, une énergie beaucoup plus grande, une réduction de tumeurs, une diminution des ganglions lymphatiques, une meilleure circulation sanguine, une amélioration de la vision, un aspect plus jeune, et bien d'autres effets.
Si une telle crise de guérison survient, il est essentiel de savoir comment y faire face et quels remèdes naturels peuvent être utilisés. Il est notamment important de boire beaucoup d'eau ; des compresses à l'huile de ricin sont également très utiles. Robert Morse donne dans son livre des conseils précieux pour gérer les crises de jeûne.
Pour réduire au maximum les manifestations de détoxification, les deux méthodes nécessitent un nettoyage intestinal soigneux par lavements – dans le vrai jeûne thérapeutique, cela peut être complété par des sels amers. Des terres minérales comme la zéolithe peuvent également soutenir la détoxification et favoriser l'élimination des toxines.
La différence d'un coup d'œil
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Critère |
Jeûne alcalin |
« Vrai » jeûne thérapeutique |
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De quoi il s'agit… |
il est possible de manger, passage à une alimentation alcaline, suppression des aliments acidifiants |
pas de nourriture solide, seules des boissons comme l'eau, les tisanes et les bouillons sont autorisées |
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Objectifs… |
amélioration de l'équilibre acido‑basique, désencombrement |
détoxification corporelle, stimulation des forces d'auto‑guérison en cas de symptômes physiques |
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Niveau émotionnel… |
sentiment de légèreté |
crises de jeûne jusqu'à euphorie du jeûne et sensations de bonheur intenses possibles |
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Intégrable au quotidien… |
facilement intégrable, car les repas sont autorisés |
nécessite volonté et discipline, peut s'adapter à la capacité individuelle dans la vie quotidienne, important : tout prendre plus calmement |
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Soutien médical… |
nécessaire uniquement en cas de symptômes physiques importants |
fortement recommandé pour les cures de jeûne prolongées et en cas de symptômes physiques en raison du régime extrême |
Conclusion : quelle méthode de jeûne convient à quoi et les cures de jeûne permettent‑elles d'éliminer les poisons environnementaux ?
Le jeûne alcalin est le bon choix si vous souhaitez, à long terme, une réorientation de votre alimentation et recherchez une méthode de jeûne facile à intégrer dans la vie quotidienne. Le jeûne alcalin est une méthode douce qui permet de rééquilibrer votre équilibre acido‑basique, de déacidifier préventivement votre organisme et d'améliorer durablement votre bien‑être. Pour beaucoup, le jeûne alcalin constitue également une première étape vers une véritable cure de jeûne thérapeutique avec abstention alimentaire.
Les deux formes de jeûne sont des mesures de grande qualité qui peuvent vous aider à activer vos forces d'auto‑guérison et ainsi à renforcer et préserver votre santé. Le choix de la méthode dépendra finalement de votre objectif personnel et de votre constitution individuelle.
La question de savoir si le jeûne aide à éliminer les poisons environnementaux a pu être confirmée par une étude de la clinique Buchinger Wilhelmi à Überlingen concernant les métaux lourds. Environ 109 participants ont été étudiés pendant une période de jeûne de 10 semaines et il a été constaté pour tous que la concentration d'arsenic et de nickel dans les urines avait déjà diminué après 10 jours de jeûne. [Cf. Étude]
« La teneur en arsenic dans les urines a diminué de 72 % et la teneur en nickel de 15 %.
Le plomb n'était plus détectable après le jeûne.
La teneur en mercure est restée inchangée.
Le chrome et le cobalt n'étaient mesurables qu'en traces avant le jeûne.
De plus, le glyphosate, un composant du pesticide Roundup, a été détecté chez 9 personnes au début du jeûne, mais pas après le jeûne. »
[Cf. Étude]
Avertissement
Le jeûne thérapeutique est déconseillé aux personnes atteintes de maladies thyroïdiennes, de maladies organiques graves, de tumeurs, de troubles psychiatriques et de troubles du comportement alimentaire, ainsi qu'en cas d'infections aiguës. Les enfants et les personnes âgées ainsi que les femmes enceintes et allaitantes devraient également s'abstenir du jeûne thérapeutique. Pour ces groupes, une cure de jeûne alcalin peut être envisageable, mais un avis médical préalable est nécessaire. Plus d'informations sur les contre‑indications sont disponibles ici ou auprès du Kneippärztebund.
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