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SPEKTRUM s'intéresse, dans le numéro actuel intitulé « Addiction », à un grand thème de notre époque et présente les expériences pratiques d'auteurs internationaux concernant la thérapie homéopathique des addictions liées à des substances et non liées à des substances, ainsi que leurs limites.
Le traitement des addictions est aussi complexe que les phénomènes de dépendance individuelle eux‑mêmes. L'homéopathe irlandais Declan Hammond, qui a traité en Irlande des toxicomanes à l'héroïne issus de quartiers pauvres ainsi que des yuppies dépendants du travail et de la cocaïne issus des classes supérieures, résume sa compréhension de ce sujet par une citation du thérapeute canadien des addictions Gabor Maté : « Nombre d'entre nous ressemblent à des toxicomanes lorsqu'ils tentent, sans succès, de combler le trou noir en eux, le vide spirituel intérieur où nous avons perdu le contact avec notre âme ou notre esprit. Notre culture obsédée par la consommation, le profit, l'action et l'image ne fait que creuser ce trou et nous laisser plus vides qu'auparavant. Puisque toutes les causes de l'addiction se trouvent au plus profond de notre âme, toutes les solutions s'y trouvent également. »
Chaque addiction développe une dynamique propre qui conduit finalement, indépendamment du type de dépendance, à des schémas comportementaux stéréotypés. La psychologue Johanna Tränkner illustre cela par une comparaison des symptômes de la dépendance aux drogues et des formes non liées aux substances telles que l'addiction aux achats, au travail, au jeu ou au sexe. Mettre au jour les causes sous-jacentes et chercher la solution au plus profond de l'âme est justement, pour ce tableau clinique, le défi pour l'homéopathe.
Les causes sont aussi diverses que les récits de cas de ce numéro de SPEKTRUM : Deborah Collins rend compte d'une colère déchaînée, Andreas Richter de l'attachement anxieux d'un petit garçon dépendant affectivement, Frans Kusse apporte de nombreux exemples différents de la relation entre traumatisme et addiction.
Il est évident que certains groupes de remèdes homéopathiques sont indiqués plus fréquemment que d'autres. Ainsi Jonathan Hardy nous explique le sentiment rongeant de vide intérieur et l'impulsion de le combler à l'aide des remèdes d'origine lactée. Les remèdes dérivés de drogues, qui peuvent être utilisés comme nosodes durant le sevrage, jouent également un grand rôle, comme le décrit Frans Kusse pour la dépendance au cannabis.
Les remèdes offrant le plus de chances de succès sont ceux qui présentent une profonde relation de similitude constitutionnelle. Anne Schadde traita une femme puissante dépendante aux drogues avec Ephedra, Anne Koller‑Wilmking retrouve la similitude d'un patient dépendant au sexe et à l'alcool dans l'image du Natrium fluoratum, Sigrid Lindemann reconnaît le schéma addictif de retrait, d'isolement et de fuite de la réalité dans un cas lié à Oncorhynchus tshawytscha, le saumon royal du Pacifique.
Dans l'étude de cas d'Ulrich Welte, le jeune patient dépendant aux jeux vidéo reçut Franciscea, une solanacée attribuée au miasme syphilitique. Les cas cliniques montrent que l'homéopathie peut apporter une contribution importante au traitement des addictions. Un bon accompagnement psychosocial doit toutefois être assuré dans tous les cas. Car, comme l'écrit Hammond : « L'addiction prospère dans l'isolement ».
https://www.narayana-verlag.de/spektrum-homoeopathie/spektrum-homoeopathie-032016