
Fatigue plombante, irritabilité, tensions ou éruptions cutanées inexpliquées : chaque symptôme peut être l’un des nombreux visages d’un foie surchargé. Car le foie n’est pas seulement l’un de nos plus grands organes, il est aussi d’une valeur inestimable pour la détoxification de l’organisme. Lorsqu’il est surchargé, on n’a pas forcément mal ; apparaissent plutôt des symptômes diffus. La fatigue est l’un des signes majeurs d’un foie surchargé et appelle à une cure de nettoyage du foie.
Les plantes médicinales peuvent être de précieux alliés pour le foie et l’aider à se régénérer. Quelles plantes sont utiles, vous le découvrirez dans cet article.
Fascination foie
Le foie est un organe tout à fait particulier. Nous connaissons tous les expressions familières : « Tu es de mauvaise humeur » ou « Tu es faché ». Dans la médecine traditionnelle chinoise (MTC), l’émotion associée au foie est la colère, lorsque la qualité d’énergie de l’organe est déséquilibrée.
Parmi les signes typiques d’un foie déséquilibré, outre l’irritabilité et la propension aux accès de colère sur le plan émotionnel, on trouve également des symptômes physiques tels que :
- tensions et contractures musculaires,
- troubles menstruels comme crampes et douleurs,
- douleurs sous l’arc costal droit (zone du foie),
- troubles du sommeil et cauchemars, ou
- atteintes des muscles et des tendons.
Pour chaque mal, une plante : quelles plantes médicinales aident le foie ?
En MTC, on connaît depuis des millénaires, en plus des points d’acupuncture, de nombreuses plantes pour renforcer l’énergie du foie. Mais la phytothérapie occidentale regorge également de connaissances solides sur les plantes utiles à la santé hépatique.
Pour le nettoyage du foie, il existe par exemple de nombreuses plantes indigènes remarquables. Le praticien en phytothérapie Andreas Moritz, lui-même profondément ancré dans la médecine herboriste occidentale, s’est largement penché sur le sujet du nettoyage du foie et a décrit à ce titre une cure spécifique. Il recommande les plantes hépatiques suivantes pour une cure de nettoyage du foie à base de plantes :
- chardon-Marie (feuilles/graines),
- racine de pissenlit,
- feuilles d’artichaut,
- fumeterre,
- racine de réglisse,
- aigremoine,
- racine d’igname sauvage,
- écorce de racine de berbéris,
- écorce de chêne.
Bien qu’il existe de nombreuses plantes qui renforcent le foie et purifient le sang, selon Andreas Moritz, celles-ci sont les plus importantes.

Une des plantes hépatiques les plus importantes : le chardon-Marie
Souvent qualifiée de plante maîtresse pour le foie : le chardon-Marie, aussi appelé Silybum marianum. Cette espèce de chardon de la famille des Asteraceae (Astéracées) pousse principalement dans les régions méditerranéennes d’Europe, mais aussi dans certaines parties d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Australie.
Elle est connue traditionnellement comme remède hépatique végétal, et la science considère également le chardon-Marie comme l’une des plantes hépatiques les plus étudiées. De nombreuses études confirment son action sur le foie. On peut donc affirmer avec confiance que les graines du chardon-Marie font partie des méthodes les plus efficaces pour une cure de nettoyage holistique du foie.
Détoxifie et protège le foie
On utilise principalement les graines de chardon-Marie pour détoxifier le foie. En effet, c’est dans les graines que se trouve le principe actif silymarine, qui prévient les lésions hépatiques causées par des maladies, la pollution environnementale, des toxines ou l’abus d’alcool. La silymarine est même capable d’inverser certains dommages causés par ces toxines et de stimuler la régénération du foie, ce qui en fait une aide précieuse en cas d’hépatite, de cirrhose, de stéatose hépatique et d’ictère.
Flavonoïdes précieux
La silymarine est un complexe de différents flavonoïdes (substances végétales secondaires), composé notamment de silybine A et B (= silibinine), de silychristine et de silydianine.
L’action des graines de chardon-Marie se manifeste indépendamment de la cause précise de la surcharge hépatique : elles soutiennent la régénération des hépatocytes, favorisent leur renouvellement et protègent contre les radicaux libres qui augmentent lors du travail de détoxication.
Le chardon-Marie aide ainsi à chasser les anciens globules rouges du foie et à détoxifier les toxines, résidus et dépôts en suspension présents dans les veines hépatiques. De plus, la plante médicinale améliore la production biliaire et contribue à nettoyer les voies biliaires dans le foie. On note également un effet rajeunissant sur le foie. Elle aide en outre à libérer le foie d’une énergie stagnante. (Voir Anthony William : Le merveilleux nettoyage du foie et de la vésicule biliaire)
En général, les graines de chardon-Marie préviennent la formation de calculs biliaires et rénaux, car elles ont la capacité de purifier le sang et ainsi de réduire le risque de formation de calculs.
Le chardon-Marie peut encore bien d’autres choses ! On affirme par exemple qu’il protégerait même contre la toxine mortelle du champignon vert à lamelles (Amanita phalloides). Cela ne doit toutefois jamais être expérimenté. Injecté par voie intraveineuse, il peut cependant faire partie des techniques de médecine d’urgence si le poison est déjà dans l’organisme.
Le chardon-Marie protège, régénère et détoxifie
La silymarine protège les cellules hépatiques. Le principe actif des graines de chardon-Marie aide à stabiliser les structures lipidiques des membranes cellulaires hépatiques, de sorte que les toxines nocives pour le foie ne peuvent pas pénétrer les cellules. [Voir l'étude]
Outre cet effet protecteur, la silymarine favorise aussi la formation de nouveaux hépatocytes et soutient ainsi la régénération de l’organe. Avec la régénération des cellules hépatiques, la perfusion sanguine du foie s’améliore.
En association avec d’autres plantes hépatiques comme l’artichaut ou le pissenlit, le chardon-Marie soutient la fonction détoxifiante du foie.
« En gynécologie, le chardon-Marie est employé lorsque le foie doit être déchargé, protégé ou régénéré. Cela est utile après la prise de médicaments toxiques pour le foie comme la pilule contraceptive, des antibiotiques, des anesthésiques ou des analgésiques, ainsi qu’après une stimulation hormonale. Le chardon-Marie se révèle également utile en cas de cancer du sein. » Margret Madejsky
Le chardon-Marie est efficace dans les maladies hépatiques telles que l’hépatite C ou la stéatose hépatique (y compris d’origine non alcoolique). [Voir l'étude] [Voir l'étude]
Autres effets positifs du chardon-Marie sur l’organisme
Un autre mécanisme déterminant de la silymarine est la modulation d’enzymes directement impliquées dans le développement de la fibrose et de la cirrhose. En régulant ces enzymes, la silymarine ralentit la progression des maladies hépatiques et favorise le maintien d’une fonction hépatique saine. [Voir l'étude]
Il faut souligner les propriétés antioxydantes du chardon-Marie, car il élimine efficacement les radicaux libres et favorise en outre la production d’antioxydants, ce qui augmente le taux de glutathion. Le glutathion est l’un des antioxydants endogènes les plus puissants. (Voir Ursel Bühring, Praxis Heilpflanzenkunde) De plus, les capacités anti-inflammatoires, antioxydantes et antivirales des graines de chardon-Marie ont également été démontrées dans des études. [Voir l'étude]
Son action a également été étudiée dans les maladies dentaires. On a ainsi mis en évidence l’effet de soutien du chardon-Marie dans les pathologies de la cavité buccale. Ici encore, l’extrait phytochimique le plus important du chardon-Marie est le composant de la graine, la silymarine. [Voir l'étude]
En raison de son effet apoptotique sans effets cytotoxiques, le principe actif des graines de chardon-Marie, la silymarine, présente un fort potentiel d’application dans le traitement de différents cancers. [Voir l'étude] [Voir l'étude] [Étude : effet immunomodulateur]
La silymarine aide aussi lors de la prise de médicaments. Elle peut prévenir des dommages secondaires, par exemple liés à la prise de paracétamol, mais aussi aux radiothérapies. Elle peut atténuer les dommages liés à une consommation excessive d’alcool. [Voir l'étude]
De nombreuses autres études montrent combien le chardon-Marie peut merveilleusement soutenir le foie. Dans l’ensemble, il agit protecteur des cellules, anti-hépatotoxique (neutralisant les toxines hépatiques), hépatoprotecteur (protège les hépatocytes), régénérant, digestif, antimycotique, cholagogue (stimule la bile) et hypocholestérolémiant.
Utilisation du chardon-Marie
Il est important que la préparation à base de chardon-Marie contienne au moins 70 mg de silymarine. La dose quotidienne recommandée est d’au moins 200–400 mg de silymarine.

Elle a un cœur pour le foie : l’artichaut
Un tonique hépatique tout à fait particulier est l’artichaut (Cynara scolymus). L’extrait des feuilles séchées contient de nombreux constituants précieux qui soutiennent le foie. Les anciens Égyptiens, les Grecs et les Romains utilisaient déjà l’artichaut aussi bien comme aliment que comme remède, notamment pour le foie.
Stimule le flux biliaire
La qualité de l’artichaut réside dans sa capacité à stimuler le flux biliaire. [Voir l'étude] Ainsi, les toxines sont éliminées plus efficacement de l’organisme. En même temps, l’artichaut aide à fixer des toxines et à réduire la charge sur le foie.
La partie utilisée en thérapeutique est la feuille, car elle contient une proportion particulièrement élevée de flavonoïdes et d’amers, comme le cynarine.
Mais l’artichaut n’est pas seulement un « détoxifiant » : tout comme le chardon-Marie, il constitue aussi un bouclier pour les cellules hépatiques et aide à protéger le foie contre les lésions. C’est pourquoi il est recommandé pour les maladies du foie ainsi que pour les dommages médicamenteux (p. ex. paracétamol, qui peut provoquer des lésions hépatiques en cas de prise prolongée). [Voir l'étude]
L’artichaut favorise également la régénération du foie, raison pour laquelle il figure, aux côtés du chardon-Marie, parmi les plantes hépatiques les plus précieuses.
L’artichaut peut lier les métaux lourds
Un aspect particulièrement intéressant et peu connu est que l’artichaut présente même des propriétés chélatrices et peut lier et éliminer les métaux lourds. C’est ce qu’a montré une étude animale qui a révélé que l’extrait d’artichaut aidait à réduire la charge en métaux lourds dans le sang lors d’une intoxication au plomb. [Voir l'étude]
L’artichaut est également antioxydant grâce à sa forte teneur en flavonoïdes. [Voir l'étude] Cela en fait un potentiel allié dans les maladies chroniques et le cancer, notamment dans le cas d’un cancer du pancréas. Le composé secondaire végétal apigénine a été étudié à cet égard. [Voir l'étude]
Utilisation de l’artichaut
La plante est le mieux utilisée sous forme d’extrait d’artichaut en gélules ou en jus frais d’artichaut pressé. La posologie recommandée varie de 300 à 2 400 mg. En cas de troubles digestifs, une dose plus faible de 300 à 600 mg est conseillée, tandis que pour des maladies du foie, jusqu’à 2 400 mg par jour peuvent être recommandés. Veuillez consulter un thérapeute de confiance pour un dosage individuel.

La force hépatique jaune d’or du pissenlit
Malheureusement, cette plante médicinale d’un jaune éclatant est encore considérée par beaucoup comme une mauvaise herbe et son pouvoir thérapeutique est sous-estimé. Le pissenlit (Taraxacum officinale) occupait déjà une place importante chez Maria Treben en tant que plante médicinale. Elle prescrivait le pissenlit, par exemple, pour purifier le sang ou en cas de maladies du foie. Dans la phytothérapie occidentale moderne, le pissenlit figure aussi parmi les plantes médicinales les plus connues, particulièrement pour le foie.
Le pissenlit est un auxiliaire indispensable pour l’élimination des toxines. Les personnes qui se sentent fatiguées devraient faire une cure de pissenlit de 14 jours, car la fatigue est la douleur du foie et un signe d’un organe surchargé. Les plantes hépatiques peuvent ici procurer nouvelle énergie et vitalité. Mais le pissenlit aide aussi pour d’autres troubles, comme les démangeaisons cutanées, lichen et éruptions. (Voir Maria Treben, Santé de la pharmacie de Dieu. Conseils et expériences avec les plantes médicinales)
Le pissenlit stimule la fonction hépatique
La qualité du pissenlit est qu’il stimule le foie, ce qui active l’élimination de la bile. C’est pourquoi il est considéré en phytothérapie comme l’une des plantes aux propriétés hépatiques les plus marquées. Cet effet stimulant de la bile (cholérétique) rend la bile plus fluide, ce qui améliore le métabolisme des graisses. Le pissenlit est donc souvent utilisé en cas de foie gras. [Voir l'étude]
Toute la plante, des racines aux tiges, en passant par les feuilles et les fleurs, est efficace. Les tiges fraîches du pissenlit ont la remarquable capacité de dissoudre sans douleur des calculs biliaires tout en stimulant l’activité du foie et de la vésicule biliaire. Outre des sels minéraux précieux, le pissenlit contient des substances curatives et reconstructrices importantes pour le traitement des troubles métaboliques. Sa propriété purifiante le rend également efficace contre la goutte et les rhumatismes. L’application de tiges fraîches sur une période de trois à quatre semaines a montré, par exemple, une régression des gonflements des glandes.
Une plante médicinale polyvalente
Le pissenlit s’est également avéré efficace en cas d’ictère et de troubles spléniques. Les racines de pissenlit, consommées crues ou séchées en infusion, ont une action purifiante sur le sang, favorisent la digestion et possèdent des propriétés sudorifiques et diurétiques.
Le pissenlit a aussi la capacité d’éclaircir le sang, raison pour laquelle il est considéré comme un excellent remède contre la « sang visqueux ». (Voir Maria Treben, Santé de la pharmacie de Dieu. Conseils et expériences avec les plantes médicinales)
Des effets bénéfiques du pissenlit ont également été constatés dans de nombreuses études sur le cancer. Une étude a montré que des cellules de cancer du sein voyaient leur croissance freinée. [Voir l'étude]
Utilisation du pissenlit
Le pissenlit se prête parfaitement aux salades. Il peut aussi être préparé en infusion : une poignée de feuilles et de racines séchées pour 1 litre d’eau, porter deux minutes à ébullition puis laisser infuser 10 minutes. Boire trois tasses par jour. Les gélules constituent également une option simple et pratique.
D’autres plantes hépatiques utiles pour la pharmacie naturelle
Outre le chardon-Marie, l’artichaut et le pissenlit, il existe de nombreuses autres plantes remarquables en phytothérapie occidentale, spécialement adaptées au foie.
Romarin : bien plus qu’une simple épice
Originiaire de la région méditerranéenne, le romarin a une action fortement cholérétique : qu’il soit employé comme épice ou comme plante médicinale, il stimule la production de bile et contribue ainsi à la détoxication.
Solidage (verge d’or) : une précieuse plante pour les reins et le foie
La verge d’or aux fleurs jaune vif n’agit pas seulement sur les reins, elle est aussi un excellent stimulant des fonctions hépatiques.
Griffe du diable (ou liane à griffes) : la plante hépatique de la jungle
La griffe du diable agit selon un mécanisme différent et n’est donc pas directement une plante du foie. Elle stimule la détoxication hépatique en éliminant virus, bactéries et autres microorganismes nuisibles. Elle soutient la capacité de régénération du foie et stabilise les cellules hépatiques.
Feuilles d’olivier : méditerranéennes et saines
Un excellent remède antiviral et antibactérien pour le foie est l’extrait de feuille d’olivier. Il purifie doucement le foie des toxines. Les composés phytochimiques de la feuille d’olivier apportent aussi divers nutriments pour plusieurs fonctions hépatiques.
Conclusion
Où il y a maladie, il y a aussi remède, où il y a remède, il y a aussi maladie. Paracelse, le praticien en médecine, le savait déjà, car tout est relié à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est une vieille règle médicale connue de nombreux herboristes.
La médecine traditionnelle par les plantes connaît des plantes pour chaque organe et pour chaque état d’âme. Jamais toutefois une plante n’est un composant singulier à effet unique. De la même manière que l’être humain est un être holistique, la plante l’est aussi. C’est pourquoi une même plante peut agir d’une manière chez une personne et provoquer ou soutenir autre chose chez une autre.
« Chaque plante médicinale possède des forces curatives puissantes qui aident le corps dans la détoxication et la régénération. » (Voir Robert Morse, Le miracle détox)
Chardon-Marie, artichaut, pissenlit : les trois grandes plantes hépatiques ne doivent manquer dans aucune cure de nettoyage du foie. Elles contiennent chacune des principes actifs différents qui soutiennent le foie dans ses multiples fonctions — de la détoxication à la purification du sang en passant par l’activité enzymatique. Les plantes hépatiques conviennent particulièrement bien aux cures de printemps.
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