Introduction
La théorie des plantes est une systématique du règne végétal, telle que je l’ai déjà décrite dans mon livre ‚Wunderbare Pflanzen‘. Cette théorie a pour le règne végétal la même importance que la théorie des éléments pour le règne minéral : il s’agit d’un enregistrement systématique de toutes les plantes que nous connaissons. On peut comparer cette systématique à un système de navigation et la comprendre comme un guide dans la jungle proverbiale du règne végétal. Elle nous aide à mieux connaître les remèdes végétaux et à développer une compréhension plus profonde des relations entre les remèdes.
La théorie des éléments
Pour comprendre la théorie des plantes, il faut connaître la théorie des éléments avec ses séries et ses stades correspondants. L’enregistrement systématique de tous les éléments que nous y trouvons décrit ceux-ci par rapport à leur position dans le tableau périodique : la série correspondante et la colonne correspondante. Les rangées (séries) nous donnent une description du thème présent, expliquant ainsi dans quel domaine se situe le problème. La série du silicium, par exemple, a beaucoup à voir avec les problèmes de relations et contient les grands « remèdes relationnels » comme le silicium, le phosphore, le soufre et le chlore. Les colonnes (stades) décrivent l’expérience subjective d’une personne par rapport à ses problèmes et la manière dont elle les aborde – est-elle plutôt hésitante ou passe-t-elle à l’action de façon décisive ?
La théorie des éléments est simple à expliquer : pour chaque élément ou atome il y a 2 aspects – une série et un stade. L’ordre sous-jacent peut facilement être représenté au moyen d’un tableau, d’un graphique bidimensionnel. Pour les sels, la chose devient un peu plus compliquée, parce que dans ces cas deux éléments se rencontrent et on a affaire à deux séries et deux stades. Néanmoins, on peut facilement les saisir dans une représentation graphique.
La théorie des plantes
La systématique des plantes est plus complexe que la théorie des éléments. Alors que le tableau périodique des éléments peut être présenté dans un format à deux axes, donc sous forme de tableau récapitulatif, la structure plus complexe du règne végétal exige plusieurs dimensions. La structure centrale de la théorie des éléments – les séries et les stades – est conservée, mais elle est complétée par des phases et des sous-phases (voir aussi ci‑dessous). Pour cette raison, nous ne présentons pas la structure du règne végétal en deux dimensions, mais sous la forme d’un arbre, ce qui correspond naturellement à l’esprit de cette théorie. Chaque « branche principale » de l’arbre représente une série du tableau périodique, p. ex. la série du carbone ou la série de l’argent, et est numérotée en conséquence. Chaque ramification reçoit également un numéro, et ainsi de suite jusqu’à la dernière « feuille » – le genre. Nous avons donc une suite de 6 chiffres, lus les uns après les autres, qui nous guide pour trouver la place de la plante dans la systématique.
Les « branches principales » de l’arbre correspondent aux phyla (embranchements/divisions), décrits comme suit :
Ramification 1 : divise le règne végétal en 7 phyla ou divisions, qui correspondent aux 7 séries :
1. Série de l’hydrogène : algues rouges et brunes
2. Série du carbone : algues vertes
3. Série du silicium : Bryophyta, mousses, hépatiques, anthocérotes
4. Série du fer : Pteridophyta, plantes à spores comme les fougères et Lycopodium
5. Série de l’argent : Gymnospermes (plantes à graines nues), donc pins et palmiférophytes (Cycadales)
6. Série de l’or, lanthanides : Angiospermes (plantes à fleurs), les plantes à fleurs
7. Série de l’uranium : champignons
La majorité des plantes que nous utilisons en homéopathie provient de la division des angiospermes, les plantes à fleurs, qui sont représentées dans la systématique par le premier chiffre 6. Dans la plupart des cas, ce chiffre n’a pas d’importance déterminante. Les plantes de cette division représentent le stade de développement actuellement le plus élevé et ont un lien direct avec notre époque. Toutes les autres divisions peuvent être considérées comme des vestiges du passé, nous rappelant l’ère des dinosaures ou encore antérieure. Les plantes de ces divisions ne sont indiquées que dans des situations particulières.
Prenons l’exemple Tradescantia virginiana (trémière ou herbe aux trois racines), pour lequel nous proposons également une étude de cas dans ce numéro : la numérotation de la plante est 633.46.13, le premier chiffre 6 indiquant le phylum, ou la division des plantes à fleurs.
Ramification 2 : La branche suivante correspond aux classes, c’est‑à‑dire à un rang inférieur de la division.
Les classes correspondent aux séries, telles que nous les connaissons dans le tableau périodique. Les thèmes correspondants y sont traités de manière plus affinée. On peut les décrire comme une structure fractale, composée de plusieurs copies réduites d’elle‑même. Il ne s’agit pas seulement de séries individuelles, mais d’empilements où se rejoignent toutes les séries précédentes. Prenons par exemple les Magnolianae : on y retrouve les thèmes de la série du carbone et de la série de l’hydrogène. Dans les Malvanae, en revanche, sont contenus les thèmes des séries de l’hydrogène, du carbone, du silicium, du fer et de l’argent.
Dans la division des plantes à fleurs, les séries sont réparties comme suit :
1. Série de l’hydrogène : Amborellanae
2. Série du carbone : Magnolianae
3. Série du silicium : Lilianae, les monocotylédones
4. Série du fer : Fabanae, Eurosides 1, y compris Proteales, Sabiales, Trochodendrales, Buxales, Gunnerales, Vitales
5. Série de l’argent : Malvanae, Eurosides 2, y compris Saxifragales, Geraniales, Myrtales, Santalales
6. Lanthanides/Série de l’or : Asteranae
7. Série de l’uranium : pas encore connue
Le deuxième chiffre dans notre exemple Tradescantia virginiana est le 3 : 633.46.13. Le chiffre 3 en deuxième position signifie que la plante est attribuée aux Lilianae et que les thèmes des 3 premières séries sont représentés : série de l’hydrogène, série du carbone et série du silicium. Ce chiffre est d’importance centrale. Il nous mène au problème principal d’un cas, c’est‑à‑dire à la série correspondante. On lit le diagramme arborescent de bas en haut et on peut ainsi déterminer à quel niveau se situe le problème, donc quelle série est concernée. Autrement dit : de cette façon on peut exclure certaines groupements – classes. Si, par exemple, dans une problématique il n’y a aucun aspect des lanthanides, alors on peut exclure les Asteranae. S’il n’y a aucun thème de la série de l’argent, les Malvanae ne sont pas envisageables, etc.
Ramification 3 : Sous‑division des classes en sous‑classes
Les classes sont – de la même manière que les divisions sont réparties en classes – subdivisées en sous‑classes. Pour cela, comme pour les divisions, on utilise également les séries afin de nommer des distinctions. C’est ici que se manifeste sur quelle série porte l’accent.
Les Lilianae, p. ex., peuvent être subdivisées comme suit :
3.1 Silicium, Hydrogène : Acoridae, Acorus calamus
3.2 Silicium, Carbone : Aridae, famille des Aracées
3.3 Silicium, Silicium : Liliidae, une grande partie des Monocotylédones
Le troisième chiffre pour Tradescantia virginiana est également un 3 - 633.46.13. Le 3 en troisième position signifie que l’accent est mis sur la troisième série, donc la série du silicium. Nous pouvons certes reconnaître aussi des thèmes de la série du carbone, comme des soucis d’argent et des problèmes de santé, mais l’accent porte sur les thèmes des relations et de la famille.
Ramification 4 : Subdivision des sous‑classes en ordres au moyen des phases.
Les « phases » constituent un nouveau concept, mais elles sont en lien direct avec le tableau périodique des éléments. Les phases correspondent à la fois au rang botanique des ordres et aux 8 colonnes que l’on trouve dans les premières séries du tableau périodique (séries du carbone et du silicium). Ici nous voyons le développement progressif dans la vie d’une personne en fonction de sa position au sein de la structure sociale. La phase 1, p. ex., correspond aux éléments lithium et sodium : on est au début et loin d’être un membre à part entière du groupe. La phase 4 se situe au milieu et correspond aux éléments carbone et silicium, qui occupent tous deux une place fixe dans le groupe. Comme dans la colonne 10 du tableau périodique, on est là très conscient de sa propre position. La phase 7 peut être comparée au fluor et au chlore et correspond approximativement au sentiment du stade 17 – se sentir rejeté par le groupe. Dans la théorie des plantes il n’y a que 7 phases et non pas 8 stades comme dans les séries du carbone et du silicium. La colonne 8 est la colonne des gaz inertes, donc des gaz non réactifs ou des gaz nobles, qui n’existent pas dans le règne végétal. Dans le règne des plantes tout tourne autour de la croissance et de la réaction ; il n’y a pas d’état « inerte » correspondant.
Une subdivision de la sous‑classe Lilianae en phases (ordres) se lit comme suit :
1. Alismatales
2. Dioscoreales
3. Pandanales
4. Commelinales
5. Asparagales
6. Liliales
7. Orchidales
Le quatrième chiffre dans notre exemple (Tradescantia virginiana) est le 4 – 633.46.13. Un 4 en quatrième position signifie que la plante appartient à la phase 4, c’est‑à‑dire à l’ordre des Commelinales. Cette attribution montre que ces personnes ont un sens de la stabilité et de la loyauté, que les choses sont plutôt rigides et devraient le rester. Pour Tradescantia, cette thématique se rapporte à leurs relations ; ils accordent beaucoup d’importance à la stabilité et aux réseaux relationnels fixes. Dans leur famille ils se sentent le mieux et y sont très loyaux.
Ramification 5 : Subdivision des ordres en familles botaniques à l’aide des sous‑phases.
Le terme « sous‑phase » est également nouveau et représente une autre subdivision des phases, comparable aux petites branches d’un arbre. Comme pour les phases, il y a ici 7 sous‑phases, qui se rapportent au concept de famille au sens botanique. Une sous‑phase élève la phase à un autre niveau et permet une différenciation plus fine. À ce stade nous examinons précisément le ressenti subjectif d’une personne. Nous regardons comment la personne perçoit sa position au sein de son contexte social. Pour les phases, en revanche, nous considérons la situation telle qu’elle est réellement. Dans notre cas d’exemple de Tradescantia virginiana, la patiente occupe un rôle central au sein de la famille et exprime l’idée qu’une relation devrait durer pour toujours (phase 4). Son vécu subjectif (sous‑phase) de la situation est tout autre : elle se sent exploitée et lésée (633.46.13). La sous‑phase 6 correspond à l’oxygène et au soufre, très similaires, qui se situent tous deux au stade 16 du tableau périodique, stade où l’on se sent exploité, abusé, lésé et où l’on croit devoir donner plus qu’on ne reçoit et se sentir donc exclu. Un patient Tradescantia se sent souvent exploité dans ses relations avec des amis ou des partenaires.
Les Commeliniden sont subdivisés en sous‑phases comme suit.
1. Cyperaceae
2. Poaceae, les graminées
3. Dasypogonaceae
4. Arecaceae ; les palmiers
5. Zingiberales
6. Commelinales
7. Bromeliaceae
Dans notre exemple de Tradescantia virginiana (633.46.13) la phase 4 est combinée avec la sous‑phase 6. La phase 4 signifie que la patiente souhaite en réalité un mariage ou une relation stable et à long terme, mais qu’elle est incertaine et a l’impression que la relation est déjà à moitié terminée (sous‑phase 6).
Phase et sous‑phase se mélangent souvent parce qu’elles sont étroitement liées. Dans toutes les situations, dans toutes les dynamiques de groupe, les deux aspects jouent un rôle, ce qui peut souvent provoquer des conflits. Parfois, il est difficile de séparer phase et sous‑phase parce qu’elles délivrent les mêmes informations, seulement de manières différentes. La différence réside dans le fait que la phase est quelque chose de plus fondamental ; elle montre comment la situation est réellement ou comment elle devrait être, par exemple que quelqu’un est effectivement le chef de famille. Les phases représentent une idée centrale et profonde. Les sous‑phases nous montrent comment la personne concernée se sent dans sa situation, pourquoi quelque chose n’est pas comme il devrait être, comme dans notre cas où la patiente a le sentiment que sa relation est déjà à moitié terminée, qu’elle n’appartient plus « vraiment à la famille ».
Ramification 6 : Subdivision des familles en genres et espèces au moyen des stades.
Chaque famille botanique peut être subdivisée en 17 stades, qui correspondent aux 18 stades du tableau périodique (le stade 18, la colonne des gaz inertes, n’est pas pris en compte dans la théorie des plantes). À l’aide des stades on peut distinguer les genres d’une famille ; c’est comme regarder de plus près les feuilles d’un arbre. On peut comparer cela à une différenciation des familles à l’aide des miasmes, mais les stades sont plus précis dans l’application et nous mènent directement au remède.
Certaines familles n’ont que peu de stades, sept ou même un seul. Par exemple les Acorales n’ont qu’un seul genre, à savoir Acorus.
Le dernier chiffre dans la numérotation de Tradescantia virginiana est le 13 – 633.46.13. Le nombre 13 en sixième position signifie que Tradescantia se trouve au stade 13. Ils sont amers et en colère, mais ne peuvent pas exprimer leur colère et doivent garder leur rage pour eux la plupart du temps. Tradescantia se sent exploité dans une relation et voudrait y mettre fin, mais se sent lié et est généralement très loyal. En même temps, ils ne se sentent pas capables d’exprimer leur irritation et préfèrent réprimer leurs sentiments.
Développement
La théorie des plantes s’appuie sur la classification APGIII (Angiosperm Phylogeny Group III). La classification des angiospermes selon APGIII est considérée comme l’outil le plus moderne pour l’enregistrement systématique du règne végétal et étudie l’appartenance des plantes individuelles à l’aide de l’analyse de l’ADN. Elle est reconnue par de nombreux chercheurs comme la méthode la plus fiable à l’heure actuelle. Mais même la classification APG3 n’est pas soumise aux règles rigides du tableau périodique. Elle est encore en développement, comme l’atteste le fait que les publications du groupe de recherche sont continuellement mises à jour.
Bien que la théorie des plantes repose en grande partie sur la classification APG3, il existe des différences notables. Ces écarts sont généralement insignifiants et ne contredisent pas les conclusions de l’APGIII, par exemple lorsque des groupements doivent être fusionnés ou séparés. Dans certains cas, cependant, des groupements entiers ont été déplacés, et le temps montrera quelle position conviendra le mieux à nos fins.
La dénomination des groupements s’inspire fortement de la classification APG3, en particulier pour ce qui concerne les familles et les ordres. Les groupements de rangs supérieurs, comme les classes et les sous‑classes, ne correspondent pas nécessairement à la classification APG3.
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Catégorie : Théorie
Mots‑clés : théorie des plantes, classification des plantes, APGIII, tableau périodique des éléments

