Je me sens exclue. Un cas de « cordon ombilical » et de « liquide amniotique »
Je ne détaillerai pas tous les aspects du cas ici, d'une part par manque de place et d'autre part parce que cela n'est pas important pour l'essence du cas. Il s'agit d'une femme de 37 ans qui est venue dans mon cabinet pour ses problèmes émotionnels. Sa plainte principale était un fort sentiment d'exclusion, qu'elle ressentait dans presque tous les domaines de sa vie. De plus, elle exprimait un grand sentiment de nostalgie pour quelque chose qu'elle ne pouvait pas décrire. Elle le décrivait comme une sorte de mal du pays sans avoir réellement quitté son foyer. Elle disait se sentir coupée du monde et d'elle‑même. Elle exprimait aussi le sentiment de mal se connaître, de se sentir étrangère et de ne pas être acceptée par le monde. Parfois, il y avait même des moments où elle avait l'impression de ne pas avoir le droit d'être là, puis éprouvait une forte nostalgie, un désir pour quelque chose d'inconnu. Ce sentiment la rendait dépressive.
Les deux parents de la patiente étaient déjà décédés et, à ma question de savoir si le deuil de ses parents pouvait être la cause de son état émotionnel, elle a répondu : « Non, je ne le crois pas. J'ai toujours eu ce sentiment. »
Prescription : Umbilicus humanus « cordon ombilical » 36
La signature de ce remède inclut le sentiment d'être coupé de la source et de soi‑même. Les thèmes portent sur la question de l'identité, de l'estime de soi, de l'appartenance et de l'exclusion, ainsi que sur les erreurs commises.
Premier suivi : Peu de temps après la prise du remède, la patiente fit un rêve très vif. Elle le nota dans son journal et m'autorisa à le publier ici :
« Je me suis vue en ange, toute vêtue de rouge et avec une bande bleu‑rouge enroulée autour de ma poitrine. J'étais un tout petit ange. En me réveillant, je me suis souvenue de l'histoire du plus petit ange que ma mère me lisait souvent quand j'étais enfant. J'avais toujours beaucoup de peine pour ce petit ange, car il n'y avait pas d'autres anges de son âge au ciel. Ce petit ange donne tous ses trésors, qu'il a apportés de sa vie terrestre au ciel, au petit Jésus. Je me suis toujours demandé avec quoi jouait ensuite ce petit ange, puisqu'il n'avait plus rien. Mon Dieu, quelle histoire triste ! Je me suis rappelée que ma mère pleurait quand elle me l'a lue pour la dernière fois. »
Prescription : Aucune prescription. Les images d'anges jouent également un grand rôle dans l'essai du remède.
Deuxième suivi : Quelques semaines après notre rendez‑vous, la patiente rendit visite à sa tante, la sœur de sa mère. Elle nota la visite dans son journal :
« Je n'avais jamais parlé de mes sentiments avec ma famille, mais j'ai estimé qu'il était temps de le faire. Après avoir dit à ma tante ce que je ressentais, elle m'a dit que j'avais un frère jumeau qui était mort trois semaines après notre naissance. J'étais complètement choquée. J'avais du mal à y croire, mais maintenant tout s'éclaire pour moi. J'ai réalisé combien j'avais dû être terriblement triste quand il n'a pas survécu. Nous étions ensemble depuis le début, nous sommes nés ensemble. Maintenant je sais enfin d'où vient cette tristesse infinie. Ce vide absolu autour de moi ; je ne savais tout simplement pas le nommer. J'avais l'impression de presque pouvoir me souvenir de lui et quand je regardais dans le miroir, j'avais l'impression que c'était lui qui se tenait là et pas moi. Que c'était lui qui avait survécu et moi celle qui était morte. En écrivant ces lignes, j'ai les larmes aux yeux. Cela fait comme si le deuil en moi était si profond et si familier et maintenant enfin j'ai trouvé un nom pour lui. Il a toujours été là, il m'a enveloppée et cela me rend triste, mais aussi heureuse, car enfin je sais de quoi il s'agit. »
Je lui ai demandé si l'ange de son rêve pouvait être son frère et elle s'est mise à pleurer. Elle a dit qu'elle comprenait beaucoup mieux maintenant. « Je suis en deuil depuis toujours et je ne savais pas ce que c'était. »
Prescription : Amniotic Fluid « liquide amniotique » 24
Comme remède de suivi, j'ai donné à la patiente le « liquide amniotique », car ce remède nous ramène à l'endroit où nous sommes formés et peut nous conduire à ce deuil profond. Dans l'essai du remède, le voyage dans l'utérus était nettement visible. Le liquide amniotique fournit des informations précieuses sur ce qui nous façonne et sur le processus de formation. J'ai constaté que ces deux remèdes se complètent très bien et peuvent être administrés l'un après l'autre. Il semble presque que l'un mène à l'autre. Dans ce cas, l'administration de cordon ombilical potentisé a aidé la patiente à s'ouvrir suffisamment pour parler de ses sentiments avec sa famille. C'est là que se cachait la réponse à son état. J'aurais pu attendre avant de prescrire, mais j'ai ressenti si fortement la détresse de ma patiente que j'ai voulu alléger son deuil à l'aide du remède.
Troisième suivi : Entrée du journal de la patiente :
« Maintenant je peux enfin faire mon deuil — pour lui, pour moi et pour ma mère, qui est morte sans avoir été délivrée de ses douleurs. Je comprends maintenant pourquoi elle était si distante envers moi. C'est encore très douloureux pour moi, mais je peux maintenant le comprendre. J'aurais souhaité qu'elle en parle avec moi de son vivant. »
Prescription : Aucune.
Quatrième suivi : Plusieurs mois plus tard, la patiente revint et était resplendissante. Elle m'a dit qu'elle avait enfin abandonné ses sentiments de culpabilité, que le fait d'avoir survécu ne la pesait plus. Elle a raconté que cela lui avait apporté beaucoup d'énergie, qu'elle se sentait comme renaître et voulait partager ce merveilleux sentiment avec moi.
Prescription : Aucune.
Catégorie : Cas
Mots‑clés : isolée, non acceptée, décès d'un jumeau, mal du pays, identité
Médicaments : Liquide amniotique (Amniotic Fluid), Cordon ombilical (Umbilical Cord)