
Figure 1 : Une infection de la vessie touche en général davantage de femmes que d’hommes. Comme l’urètre féminin est plus court que celui de l’homme, les bactéries peuvent atteindre plus facilement la vessie et provoquer une inflammation.
Envie fréquente d’uriner et mictions douloureuses et brûlantes : une infection de la vessie est loin d’être agréable. Les femmes sont particulièrement souvent confrontées à des infections urinaires aiguës ou récurrentes. Pourquoi cela arrive, ce qui peut déclencher une cystite et quels symptômes l’accompagnent typiquement, vous le découvrirez dans cet article de blog. Nous vous présentons également quatre remèdes maison éprouvés pour prévenir les infections de la vessie ou soulager les symptômes de façon naturelle.
Qu’est-ce qu’une infection de la vessie ?
On appelle infection de la vessie (médicalement : cystite) une inflammation de la vessie généralement causée par une infection bactérienne. Plus rarement, des champignons, des parasites ou des virus peuvent être responsables de cette inflammation douloureuse. Dans 80 à 90 % des cas, ce sont des bactéries Escherichia coli (E. coli) provenant de l’intestin qui pénètrent dans la vessie par l’urètre, s’y multiplient et irritent la muqueuse vésicale. Il en résulte une série de symptômes désagréables – en particulier une envie d’uriner fréquente et intense et des mictions brûlantes et douloureuses.
En principe, une cystite peut toucher n’importe qui, mais les femmes sont nettement plus souvent atteintes que les hommes. Au moins la moitié des femmes souffrent au cours de leur vie d’au moins une infection de la vessie. Cela s’explique surtout par le fait que l’urètre féminin est plus court que l’urètre masculin, de sorte que les bactéries peuvent atteindre plus facilement la vessie. La prévalence est particulièrement élevée vers 14–24 ans et en postménopause. Le début de l’activité sexuelle ainsi que les changements hormonaux (par ex. diminution des œstrogènes après la ménopause) sont les principales raisons de la fréquence accrue des cystites dans ces deux tranches d’âge.
Aiguë, récurrente ou chronique ? Les formes de la cystite
La cystite peut se présenter sous différentes formes, qui diffèrent par leur durée, leur fréquence et leur cause. Les formes principales sont :
- Cystite aiguë : Lorsque l’infection de la vessie survient soudainement et dure quelques jours à deux semaines au maximum, on parle de cystite aiguë. Il s’agit le plus souvent d’une infection à E. coli, souvent provoquée par une exposition au froid, une hygiène intime défavorable ou un rapport sexuel. Les chances de guérison sont bonnes et l’évolution est généralement sans complication.
- Cystite récurrente : Il ne reste souvent pas à une seule infection urinaire : chez environ 20 à 30 % des femmes ayant eu une cystite aiguë, une nouvelle infection de la vessie survient dans l’année suivante. On parle de cystite récurrente lorsque l’infection survient au moins deux fois en 6 mois ou au moins trois fois en un an. Une cause possible des infections récurrentes est la résistance bactérienne. Si des souches d’E. coli ne sont pas entièrement éliminées par le système immunitaire ou par les antibiotiques, elles peuvent survivre dans l’urothélium (la couche cellulaire qui tapisse la vessie) et déclencher une récidive ultérieure. Un déséquilibre intestinal dû à des prises fréquentes d’antibiotiques peut également favoriser les infections urinaires.
- Cystite chronique : Lorsque la fréquence des infections dépasse trois épisodes par an et que la muqueuse vésicale est en inflammation ou endommagée de manière persistante, on parle de cystite chronique. Les symptômes sont parfois moins intenses, mais peuvent persister pendant des semaines à des mois. En général, une infection bactérienne sous-tend aussi la cystite chronique. Plus rarement, malgré des symptômes persistants, aucune bactérie n’est détectée – on parle alors de cystite interstitielle, dont le traitement est souvent complexe en raison de la cause non élucidée (éventuellement réaction auto-immune ou irritation nerveuse).
Quels symptômes sont typiques des infections de la vessie ?
La cystite se caractérise par plusieurs gênes typiques, d’intensité variable. Pour qu’il s’agisse d’une infection de la vessie, tous les symptômes suivants ne doivent pas nécessairement être présents. Cependant, les signes typiques sont :
- envie fréquente d’uriner
- brûlures ou douleurs lors de la miction (dysurie)
- urines sanglantes, troubles et/ou fortement odorantes
- douleurs pelviennes
- nycturie (envie d’uriner la nuit)
Causes fréquentes et facteurs de risque d’une cystite
Les déclencheurs possibles d’une infection de la vessie sont nombreux. Comme indiqué plus haut, ce sont le plus souvent des souches d’E. coli qui provoquent une cystite. Il existe également des facteurs qui favorisent l’apparition d’une infection de la vessie. On compte notamment :
- erreurs d’hygiène
- port prolongé d’un cathéter
- changements hormonaux (p. ex. pendant la ménopause)
- activité sexuelle élevée
- diabète sucré
- vêtements humides, serrés ou synthétiques
- apport insuffisant en liquides
- grossesse
- prises fréquentes d’antibiotiques
Il n’est pas rare non plus que des infections de la vessie surviennent après des séjours hospitaliers. Les patientes et patients avec un cathéter urinaire posé sont particulièrement concernés. Ainsi, le port d’un cathéter (p. ex. après une transplantation rénale) figure parmi les infections nosocomiales les plus fréquentes mais évitables.[1] De nombreux professionnels de santé demandent donc que l’indication d’un cathéter vésical soit systématiquement remise en question et que celui-ci soit retiré le plus tôt possible. De plus, des mesures d’hygiène strictes (p. ex. désinfection des mains) doivent être observées lors de la manipulation du cathéter afin de ne pas transmettre de bactéries et de prévenir une cystite.
Conséquences possibles à long terme d’une infection de la vessie

Figure 2 : Si une infection de la vessie n’est pas traitée ou est négligée, les bactéries peuvent remonter jusqu’au rein et provoquer une pyélonéphrite (infection du bassinet).
Dans la plupart des cas, une infection de la vessie n’est pas dangereuse et disparaît généralement spontanément en 5 à 7 jours sans complications majeures. Néanmoins, il serait erroné de prendre une infection urinaire à la légère. Surtout si les cystites restent non traitées ou récidivent, il convient d’être prudent. Si l’inflammation ne guérit pas correctement, un caractère chronique peut survenir. Les conséquences possibles à long terme sont des cicatrices de la paroi vésicale, une incontinence ainsi que des troubles psychiques dus à la charge persistante.
Des inflammations peuvent également apparaître ailleurs dans le corps – chez les hommes, par exemple, une inflammation de la prostate ou des épididymes. Une autre complication possible et grave suite à une cystite est une pyélonéphrite. Celle-ci peut survenir dans le pire des cas lorsque des bactéries remontent par les uretères et atteignent les reins. La formation de cicatrices dans le tissu rénal et des lésions rénales irréversibles ne sont pas rares en cas d’infections répétées ou négligées. À partir du rein, les bactéries peuvent par ailleurs se propager dans tout l’organisme via la circulation sanguine et entraîner une septicémie potentiellement mortelle.
Diagnostic et approches thérapeutiques de la médecine conventionnelle

Figure 3 : Pour s’assurer qu’il s’agit bien d’une infection de la vessie, un test urinaire peut être réalisé pour établir le diagnostic.
Dans la plupart des cas, l’examen des symptômes suffit pour diagnostiquer une infection de la vessie. Sinon, en cas de suspicion de cystite, un simple test urinaire peut être réalisé pour détecter des signes d’inflammation. Ce test rapide peut facilement être effectué à l’aide d’une bandelette urinaire chez le médecin ou à domicile. Pour une analyse plus précise et pour rechercher bactéries, leucocytes et érythrocytes, une analyse microscopique des urines au laboratoire est toutefois nécessaire.
Mais comment traite-t-on une cystite diagnostiquée ? La réponse de la médecine conventionnelle est la suivante : par des antibiotiques. Ces médicaments sont effectivement rapidement efficaces, mais peuvent avoir des effets secondaires importants à long terme. Entre autres, toute prise d’antibiotiques affecte le microbiome intestinal et donc les défenses immunitaires de l’organisme. En cas de prises fréquentes, des résistances aux antibiotiques peuvent aussi facilement apparaître. Pour les infections urinaires récurrentes, une prophylaxie antibiotique à faible dose prolongée est encore considérée comme le traitement standard – bien qu’elle augmente de manière démontrable le risque de résistance aux antibiotiques.[2] Par ailleurs, une prise d’antibiotiques favorise souvent des infections fongiques (le plus souvent des mycoses vaginales). En affaiblissant le microbiome vaginal, les antibiotiques facilitent la prolifération des levures. En raison de ces effets secondaires et conséquences à long terme, les antibiotiques ne devraient donc jamais être considérés comme la seule option thérapeutique. De plus, leur emploi n’est dans bien des cas pas nécessaire. Selon les recommandations, la cystite non compliquée présente un taux élevé de guérison spontanée, atteignant déjà 30 à 50 % après une semaine.[3]
Une vaccination contre les infections de la vessie ne s’attaque pas non plus, du point de vue de la naturopathie, à la racine du problème. Son efficacité n’est en outre pas démontrée à ce jour. Dans une étude, le vaccin courant contre la cystite (StroVac®) n’était pas plus efficace qu’une injection placebo.[4]
Des pieds chauds au D-mannose : 4 remèdes maison contre les infections de la vessie
Il n’est pas toujours nécessaire de recourir aux antibiotiques pour une infection de la vessie. Surtout en cas de formes légères, il est recommandé d’utiliser des remèdes maison éprouvés. Nous vous présentons ci‑dessous quatre approches pour soulager en douceur les symptômes d’une cystite ou prévenir de futures infections de la vessie.
1. Thérapie de rinçage

Figure 4 : Les tisanes comme l’ortie ou la verge d’or soutiennent la thérapie de rinçage et favorisent l’élimination des bactéries.
Dans la « thérapie de rinçage », le nom est explicite : un apport important de liquides doit « rincer » la vessie et l’éliminer des bactéries. De plus, la dilution par les liquides diminue la concentration de substances favorisant l’inflammation dans les urines et soulage la muqueuse vésicale. Surtout au début d’une cystite, il est important de boire suffisamment. Comme repère pour des adultes en bonne santé, on recommande en général un apport quotidien d’environ 2 à 3 litres de liquides.
Veillez à répartir la quantité de boissons sur la journée. En plus de l’eau, une tisane non sucrée convient. Des tisanes spécifiques pour les reins et la vessie (p. ex. à base d’ortie, de prêle, de verge d’or ou de feuilles de bouleau) peuvent avoir un effet diurétique et favoriser ainsi l’élimination des bactéries. En revanche, il faut éviter le café et l’alcool, car ces boissons ne contribuent pas efficacement à l’hydratation et peuvent irriter davantage les voies urinaires.
2. D-mannose plutôt que sucre
Même si une part de gâteau ou une coupe de glace est tentante : en cas d’infection de la vessie existante, il vaut mieux éviter temporairement les friandises sucrées. Le sucre peut aggraver les symptômes d’une cystite et prolonger la durée de la maladie, car des agents pathogènes fréquents comme E. coli se multiplient plus rapidement en cas d’hyperglycémie.[5] De plus, certains microbes intestinaux défavorables sont « nourris » par le sucre, ce qui peut affaiblir le microbiome intestinal et les défenses immunitaires.
Un type de sucre expressément autorisé pour le traitement ou la prévention d’une infection de la vessie est le D‑mannose. Ce monosaccharide naturel apporte un soutien doux et sans antibiotiques en cas de cystite. L’avantage majeur du D‑mannose est qu’il ne détruit pas les bactéries, mais influence leur capacité d’adhérence. En se liant à la muqueuse vésicale, le D‑mannose empêche les agents pathogènes tels qu’E. coli de s’attacher. Les bactéries sont alors éliminées avec le D‑mannose, sans entraîner de résistances ni d’altération de la flore intestinale. Dans une étude clinique, il a été montré que le D‑mannose peut être aussi efficace que l’antibiotique pour les infections urinaires récurrentes, tout en étant mieux toléré.[6] Dans cette étude, l’effet de 2 grammes de D‑mannose par jour a été comparé à celui de l’antibiotique nitrofurantoïne.
3. Alimentation riche en nutriments et favorable à l’intestin
Manger de manière nutritive n’est évidemment pas seulement bénéfique en cas d’infection de la vessie. Si votre objectif est d’accélérer la phase de guérison d’une cystite ou de prévenir les infections urinaires, il est toutefois particulièrement utile de veiller à inclure régulièrement certains vitamines et minéraux dans votre assiette. Pour un système immunitaire fort, la vitamine C (acide ascorbique), la vitamine A, le zinc, la vitamine D et les vitamines B sont particulièrement importants. Les acides gras oméga‑3 (EPA/DHA), qui ont un effet anti‑inflammatoire, se trouvent notamment dans le poisson (p. ex. saumon, maquereau) ainsi que dans l’huile de lin, les graines de chia et les noix.
Étant donné que l’intestin est le principal siège de notre système immunitaire, il vaut également la peine de soutenir cet organe important par l’alimentation. Après une prise d’antibiotiques, le microbiome est généralement fortement affaibli et doit être reconstruit. Les aliments riches en fibres et les aliments fermentés sont particulièrement utiles. Les produits fermentés comme la choucroute, le kéfir et le kimchi contiennent des micro‑organismes vivants (probiotiques) qui favorisent une digestion saine et une bonne réponse immunitaire.
4. Chaleur pour soutenir la guérison

Figure 5 : Les applications de chaleur sont généralement agréables en cas d’infection de la vessie. Qu’il s’agisse d’une bouillotte ou d’un coussin de noyaux de cerise – la chaleur favorise la circulation sanguine et active les cellules immunitaires.
La chaleur ne combat pas la cause d’une cystite, mais elle peut soulager ses symptômes en douceur. Des remèdes comme une bouillotte, un patch chauffant ou un coussin de noyaux de cerise peuvent être placés sur le bas‑ventre ou le plancher pelvien pour détendre les tensions et relâcher les muscles. Veillez à ne jamais utiliser la bouillotte ou le coussin de noyaux de cerise trop chaud et à ne pas les poser directement sur la peau nue afin d’éviter les brûlures. Comme la chaleur favorise la circulation, elle peut aussi atténuer la douleur et, par activation des cellules immunitaires, soutenir la guérison.
Le froid, en revanche, a plutôt un effet défavorable sur une infection de la vessie et peut affaiblir les défenses. Veillez donc, en cas de cystite, à garder particulièrement les pieds au chaud. Par mesure préventive, retirez ou changez rapidement le maillot de bain après la baignade, car un milieu frais et humide peut favoriser la prolifération de germes indésirables.
Avertissement
Cet article ne remplace pas un traitement par un thérapeute qualifié. Le contenu de cet article repose sur des études et la littérature actuelle. Il ne doit pas être utilisé pour l’autodiagnostic ou l’automédication. Discutez, si nécessaire, des idées issues de cet article avec un thérapeute de confiance.
Biographie
Katharina Korbach écrit régulièrement des articles de blog sur les plantes médicinales et les substances naturelles pour Narayana Verlag. Très tôt, elle s’est intéressée au langage et a commencé à rédiger ses propres textes littéraires. Une grave maladie pendant sa terminale l’a poussée à s’intéresser intensément aux thèmes de la santé et de la nutrition, intérêt qui perdure. Après l’échec répété des méthodes de la médecine conventionnelle, elle s’est tournée vers une approche thérapeutique naturopathique plus active. Une alimentation à base de plantes a été une clé importante sur son chemin de guérison.
Katharina a étudié les sciences culturelles (B.A.) et la littérature appliquée (M.A.). En 2022, elle a publié son premier roman « Sperling » chez Berlin Verlag. Aujourd’hui, elle vit à Berlin en tant qu’auteure indépendante, rédactrice médicale et formatrice. Son temps libre, elle le passe de préférence avec des amis ou à l’entraînement de barre. Elle aime aussi voyager et essayer de nouvelles recettes véganes.
[1] Chenoweth CE. Urinary Tract Infections: 2021 Update. Infect Dis Clin North Am. 2021 Dec. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34752223/.
[2] Anger J, Lee U, Ackerman AL, Chou R, Chughtai B, Clemens JQ, Hickling D, Kapoor A, Kenton KS, Kaufman MR, Rondanina MA, Stapleton A, Stothers L, Chai TC. Recurrent Uncomplicated Urinary Tract Infections in Women: AUA/CUA/SUFU Guideline. J Urol. 2019 Aug. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31042112/.
[3] AWMF (2017): S3-Leitlinie: Unkomplizierte Harnwegsinfektionen. https://www.bayerisches-aerzteblatt.de/fileadmin/aerzteblatt/ausgaben/2017/11/einzelpdf/BAB_11_2017_552_559.pdf (consulté le 28.07.2025).
[4] Nestler S, Peschel C, Horstmann AH, Vahlensieck W, Fabry W, Neisius A. Prospective multicentre randomized double-blind placebo-controlled parallel group study on the efficacy and tolerability of StroVac® in patients with recurrent symptomatic uncomplicated bacterial urinary tract infections. Int Urol Nephrol. 2023 Jan. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9870822/.
[5] Paudel S, John PP, Poorbaghi SL, Randis TM, Kulkarni R. Systematic Review of Literature Examining Bacterial Urinary Tract Infections in Diabetes. J Diabetes Res. 2022 May 17. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9130015/.
[6] Kranj?ec B, Papeš D, Altarac S. D-mannose powder for prophylaxis of recurrent urinary tract infections in women: a randomized clinical trial. World J Urol. 2014 Feb. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23633128/.
Figure 1 : alina_stor/shutterstock.com ; Figure 2 : New Africa/shutterstock.com ; Figure 3 : Svitlana Hulko/shutterstock.com ; Figure 4 : Pawel Michalowski/shutterstock.com ; Figure 5 : Pixel-Shot/shutterstock.com
25.09.2025