Une femme de 58 ans se plaint de multiples symptômes. Tout d’abord, elle a une inflammation des globes oculaires : les yeux lui font mal et sont rouges. Les os des orbites lui font aussi mal, parfois c’est pire la nuit, parfois le côté gauche est plus douloureux. Ensuite, elle présente une bursite au bras droit et troisièmement elle souffre « depuis toujours » de maux de tête : unilatéraux, avant 5 heures du matin, derrière l’œil avec hémianopsie verticale ; elle voit des lignes verticales dans le champ visuel externe qui se déplacent horizontalement et se transforment ensuite en un « champ neigeux, comme sur un écran de télévision », lorsqu’elle regarde une source lumineuse. De plus, elle a une parodontite chronique.
Dans les antécédents on retrouve des bouffées de chaleur et des douleurs gastriques.
Elle a vécu un mariage difficile avec un mari très demandeur d’attention. Il était fortement dépressif, menaçait pendant dix longues années de se suicider et lui disait souvent : « Si je meurs, je t’entraîne avec moi ». Sa réaction fut : « Même si je dois lutter jusqu’à mon dernier souffle, tu n’y arriveras pas ». Cela a été très difficile pour elle car elle est gaie, spontanée et impulsive et, contre sa nature, a dû s’adapter à son mari. Elle se sentait responsable et avait toujours mauvaise conscience quand elle se prenait parfois du temps pour elle. Une fois, elle s’est mise très en colère contre quelqu’un qui lui a dit : « Tu n’as pas un mari, mais une meule autour du cou. » Son mari l’a blessée profondément avec des remarques comme « Ton corps n’est plus aussi beau qu’avant. » À la fin cependant, ses histoires la laissaient indifférente et elle savait d’avance ce qu’il allait dire. Malgré son amour pour lui, il n’y avait finalement que disputes et elle s’est séparée de lui. Son mari a alors été hospitalisé pendant trois mois pour sa dépression et ensuite un retour possible avec lui était exclu. Ils ont vécu encore deux mois séparés jusqu’à ce que son mari se jette devant un train et meure.
Elle ne se sent pas coupable, mais regrette profondément d’avoir, à la fin, n’éprouvé pour lui que colère et rage. Elle regrette de ne pas avoir pu être plus gentille avec lui dans les 2–3 dernières semaines de sa vie.
Le passé avec son mari la tient encore fermement et assombrit ses journées. Tout ce qu’elle fait semble lourd, « ce n’est pas une dépression, non, loin de là ». L’aura de son mari est toujours présente et lui prend beaucoup d’énergie. Elle se sent durcie intérieurement, ce qui la fait réagir de façon assez méchante. Si quelqu’un lui barre la route, elle devient sarcastique.
Elle aimerait une nouvelle relation, mais ne trouve pas d’homme qui lui convienne. De plus, à cause de ses mauvaises expériences, elle a peur d’une nouvelle relation. Elle ne veut plus vivre avec quelqu’un, mais seulement une relation à deux foyers.
Envies : viande, coquillages, sucré, sel, plats fortement épicés.
Aversion : acide, moutarde.
Analyse : L’analyse est simple, l’essence du cas est la suivante : symptômes liés au suicide du mari. Cela nous conduit à Bismuthum (suicide) sulphuricum (de l’ex-mari).
Le sentiment de responsabilité envers autrui – en l’occurrence le mari – correspond à la série de l’or. Ici, dans cet exemple de cas, il est clair qu’après tant d’années de mariage elle ne peut plus l’aider. Elle doit lâcher la responsabilité. Ce lâcher-prise correspond au stade 15 ; le stade 15 de la série de l’or conduit à Bismuthum.
Le choix du remède est confirmé par l’inflammation des yeux et l’envie de viande. Les maux de tête correspondent aussi, en particulier l’hémianopsie et les autres troubles visuels.
Au sulphuricum correspondent : envie de sucré, < 5 heures du matin, blessée parce qu’elle n’est plus belle.
Réaction
Après Bismuthum sulphuricum C200, elle a fait un rêve : elle se trouve dans une maison à deux étages. Elle est au deuxième étage avec un groupe de femmes et d’enfants, il y a des fenêtres de chaque côté de la maison. Soudain, elles entendent une porte se fermer au rez-de-chaussée et elles se sentent menacées. Elle avance très doucement vers la porte qui mène en bas, la ferme à clé et s’assoit devant, le dos tourné vers la porte. Puis elle regarde par la fenêtre et voit la mer – c’est magnifique. Soudain, elle rouvre la porte car la menace venant du rez-de-chaussée a disparu. Tous sortent et courent vers la mer ; elle se sent très liée à la mer, ce qui lui paraît très particulier. Ensuite, tous retournent vers la maison, près du mur de la cour où se dressent de nombreux arbres avec un merveilleux enchevêtrement de branches. Ils grimpent tous aux arbres pour pouvoir franchir le mur.
Le rêve fait du bien, en raison de la connexion à la mer et parce que la menace supposée s’avère sans danger. Elle interprète la menace comme sa part masculine, son côté intellectuel, qui a dominé sa vie si longtemps et dont elle se sent menacée. À la suite du rêve, ses maux de tête disparaissent.
Elle revient avec un tout autre rayonnement. Le passé et surtout le temps passé avec son mari sont encore là, mais ce n’est plus un problème pour elle. Ce n’est plus ce qui la domine. Elle est devenue indépendante et peut profiter de la vie, elle lit à nouveau un livre tranquillement de temps en temps. La lourdeur a disparu et elle n’agit plus autant en réaction au passé. La dureté en elle s’est adoucie, et elle peut maintenant réagir à beaucoup de choses avec humour.
Après quatre mois, l’inflammation des yeux, la bursite et la parodontite ont nettement diminué. Le tout s’enflamme encore brièvement lorsqu’elle est stressée parce que son frère est en train de mourir. La parodontite ne revient toutefois pas. Quelques mois et plusieurs administrations de remède plus tard, les symptômes ont presque complètement disparu. L’intérêt pour de nouvelles relations s’est aussi réveillé.
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Catégorie : Remède
Mots-clés : Bismuthum, responsabilité envers autrui, suicide, risque de suicide, problèmes relationnels, problèmes conjugaux
Remède : Bismuthum sulphuricum
Article original : Interhomeopathy.org