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Spectre Homéopathie 01/2023

Actualités

Le poisson, cet être méconnu ? En effet, 32 000 espèces de poissons vivent dans le monde sur les deux tiers de la surface terrestre, dans 1,4 billion de litres d'eau. La plupart d'entre eux nagent dans l'eau salée des mers et des océans. L'eau douce ne représente que 0,3 % du volume d'eau mondial. En homéopathie, nous connaissons depuis longtemps des remèdes marins issus d'animaux sans vertèbres comme Sepia, Asterias ou Spongia. Les remèdes issus de la classe des vertébrés que sont les poissons restent encore largement méconnus. C'est pourquoi nos auteurs ont, ces dernières années, jeté leurs filets dans les mers et les rivières et présentent dans ce numéro de SPEKTRUM leur prise.

Un des pionniers des remèdes à base de poissons, Louis Klein, s'est intéressé à ce groupe en recherchant des possibilités de traitement homéopathique de la démence. Cette pathologie est typique de la maladie de Creutzfeldt‑Jakob, rendue célèbre par l'encéphalopathie spongiforme bovine et liée à des habitudes alimentaires cannibales. Des bovins avaient été nourris avec de la farine animale ; la plupart des poissons mangent leurs congénères. Klein a découvert que certains remèdes de poissons s'étaient effectivement révélés utiles dans les affections démentielles. Des homéopathes du monde entier se sont ralliés aux travaux de Klein et ont commencé, par des essais et des expérimentations cliniques, à en apprendre davantage sur les remèdes issus des vertébrés aquatiques.

Un élan décisif est venu de l'homéopathe Viktória Németh (anciennement Bodrogi) et de son livre « Monde de l'eau », dans lequel elle a aussi tenté de différencier les groupes de poissons. À ses conclusions ont succédé les travaux de Jonathan Hardy et d'Annette Sneevliet. Ces homéopathes offrent, dans leurs contributions d'une excellente structuration, un aperçu très instructif, étayé par des cas bien documentés, qui nous aident notamment à distinguer poissons prédateurs et proies, solitaires et grégares, poissons migrateurs et poissons benthiques.

Il nous a paru homéopathiquement pertinent de structurer les poissons dans ce numéro selon des thèmes cliniques. Après les articles de synthèse de Hardy, Sneevliet et Németh/Petrucci, l'accent est mis sur la thématique de l'isolement avec les tableaux cliniques de la démence et de l'autisme. Suivent des cas cliniques à dominante psychologique tels que le burn‑out, la panique, la dépression et le trouble obsessionnel‑compulsif. Le « lot » de poissons est complété par des homéopathes dont les patient·e·s souffraient de douleurs articulaires, musculaires ou abdominales et de problèmes de peau.

Nombreux·ses lecteurs·rices se souviendront peut‑être du film familial « Le Monde de Nemo ». Ce blockbuster de 2003 n'a certainement pas été imaginé par des homéopathes. Mais il semble que ses créateurs aient, dans leur conscience collective, saisi intuitivement certaines espèces de poissons avec leurs traits de caractère typiques. Le barracuda, poisson prédateur dangereusement impitoyable, se reconnaît tout autant dans notre article correspondant que le petit poisson‑clown Nemo, menacé par lui, dans son béat naïf. Il en va de même pour la tante Dory, un poisson‑chirurgien souffrant de problèmes de mémoire (!), qui rencontre le requin nommé Bruce, perfide, hypocrite et cynique (!), prétendant avoir fondé avec les requins frères Hammer et Hart un groupe d'entraide végétarien. Son appétit inextinguible pour la chair de poisson démasque cependant Bruce comme un menteur perfide.

La diversité incroyable, colorée et fascinante du monde animal sous‑marin garantit en tout cas suspense et plaisir lors de l'apprentissage.

von Narayana Verlag