Regardez-moi : un cas de Morinda citrifolia (fruit de l'arbre noni)
par Gerard Wiringa

Un homme aux membres fins, dégageant une grande assurance, est assis en face de moi. Il y a deux ans, il a eu une hernie inguinale et depuis il a beaucoup travaillé sur lui-même. Il a pu changer pas mal de choses, mais il exprime malgré tout la sensation d'être arrivé dans un entre-deux, à une halte où il ne peut que brièvement reprendre des forces. « Je veux redevenir actif, mais je n'y parviens pas parce que je suis bloqué. »
Le patient travaille comme producteur. C'est une personne très créative, qui fait bien son travail. Il est spécialisé dans les productions télévisées et les grands événements d'entreprise. « J'ai toujours fait ce que je voulais, je me suis toujours poussé vers l'avant. J'ai réussi à vivre mon rêve. Je suis ambitieux et j'ai beaucoup d'énergie. J'ai travaillé dur et j'ai beaucoup accompli dans la vie. Tout ce que je m'étais fixé, je l'ai obtenu : ce sont toujours eu des projets très réussis. »
L'homme dégage de la confiance, tout semble possible.
« J'ai organisé huit grands événements entièrement seul jusqu'à présent. Je suis très déterminé et je sais que j'en suis capable. Je sais convaincre les autres de mes idées ; dès que je m'assois à une table avec mes clients, ils me font confiance. Pourtant j'ai de grands doutes sur moi, c'est mon point faible. Je continue toujours, encore et encore, et je ne sais pas me fixer de limites. »
« Je suis une personne très ponctuelle et je sais bien m'organiser. En même temps je me préoccupe beaucoup de mon environnement et je m'efforce de faire plaisir à tout le monde. Je ne me fixe aucune limite. Je m'efforce toujours de réaliser un excellent travail, je veux être vu et j'ai besoin de reconnaissance. Je suis même allé jusqu'à me saboter. Malgré de fortes douleurs j'ai continué à travailler ; je ne voulais être la charge de personne. Le résultat a été une hernie inguinale, qui m'a montré que les choses n'allaient pas rondement. J'ai dû tout recommencer depuis le début et c'est à ce point que je me trouve maintenant. »
« Dans ma vie j'ai fait beaucoup de choses merveilleuses, mais j'ai dû prendre de nouveaux chemins. En ce moment je travaille sur le calme et la méditation et je crois que quelque chose de concret peut maintenant se produire. »
« J'ai des parents très affectueux. Je suis le produit d'une mère très forte, bien organisée et un peu masculine, et d'un père droit, très imaginatif. Je ne me suis jamais senti faire partie de la famille. Ce sentiment de ne pas appartenir je l'ai compensé par une certaine présence : « Regardez-moi ! » Je me suis aussi souvent senti coupable et j'ai toujours veillé à ne rien faire qui puisse fâcher ou blesser les autres. J'ai pris la responsabilité de tout et j'avais un bon instinct pour savoir ce dont les autres avaient besoin. J'ai toujours voulu faire plaisir à tout le monde pour ne pas être puni si je dérangeais quelqu'un. J'ai cherché à m'adapter et à ne causer aucun remous. »
« En fait je suis assez satisfait de moi, mais l'opinion des autres me détruit. Je n'arrive pas à rester centré quand je dois m'affirmer. Mes canaux vers l'extérieur sont trop ouverts. Mon thermomètre personnel est réglé trop haut et crie en permanence : « Évaluation, évaluation ! ». Je me suis toujours laissé pousser sur le côté : par mon supérieur, mes amis, mes parents, ma sœur aînée et par les autorités. Mon droit à exister dépend du jugement des autres. Je dois leur montrer que j'ai du succès et que je fais bien mon travail. Mais je sais aussi que je veux sentir le feu en moi, plutôt que d'être sans cesse préoccupé de plaire aux autres. J'ai une aura qui dit : « Je veux le monde entier ! » Beaucoup de femmes me trouvent attirant, mais je ne m'intéresse pas à elles car je ne sais pas où aller. Je suis à une croisée des chemins qui se divise en mille directions : dehors il y a un monde plein de possibilités – emplois et femmes magnifiques m'attendent. Le monde est à mes pieds, mais il me manque de la motivation. »
« Ma mère m'a élevé pour être un surhomme, il s'agissait toujours de perfection. Et je le suis devenu, je suis au sommet, je suis satisfait. J'ai tout fait dans le milieu créatif. J'ai dirigé huit productions en même temps et je n'avais aucun signe de fatigue. C'était le manager qui me rongeait, il ne me laissait aucune heure libre. Il me criait dessus continuellement et me traitait sans respect. C'était ma faute. Je ne savais pas assez me protéger. Je voulais le rassurer en ces temps économiques difficiles et lui montrer que je tenais bien les rênes. J'ai travaillé de plus en plus, portant son frustration et ses accès de colère sur mes épaules.
J'ai toujours tout fait avec une certaine spontanéité. En fait je n'avais jamais vraiment travaillé pour une production télévisée. Avec un peu de préparation et un coup de téléphone à une grande société de production le travail m'est tombé tout cuit dans la main ! C'est aussi simple que ça, il faut juste savoir convaincre les gens. Aujourd'hui mes programmes sont diffusés dans 15 pays. Quand j'ai quitté la société, ils ont dû embaucher 15 personnes pour boucher le vide que j'avais laissé. Comme vous le voyez, j'ai accompli beaucoup de choses ; mais cela ne m'a vraiment frappé que lorsque je n'ai plus pu bouger à cause de ma hernie inguinale. D'après mon éducation je dois être Superman. Je n'ai jamais appris à être moi-même. Je n'ai jamais eu faim ni soif, je n'avais pas de besoins fondamentaux. J'allais même aux toilettes une fois par jour seulement, parce que je ne voulais pas être une charge pour quelqu'un. »
Analyse 665.42.13
Dans la systématique du livre ‚Plantes merveilleuses – Une nouvelle botanique homéopathique‘, une séquence de chiffres est attribuée à chaque plante. Le premier chiffre correspond à la division.
6 – Les Angiospermes (également appelés plantes à fleurs)
Les caractéristiques attribuées aux Angiospermes sont : vif, sensible, pas de troisième personne impliquée (c.-à-d. ils ne se sentent pas attaqués de l'extérieur), il y a plusieurs thèmes dans la vie du patient. Ces caractéristiques correspondent au règne végétal et à la division des Angiospermes. Les Angiospermes représentent la série or, la sixième rangée du tableau périodique.
66 – Asteranae
Le deuxième chiffre désigne la classe, qui se réfère également aux rangées du tableau périodique. 66 correspond donc aux Angiospermes (6), avec accent sur les lanthanides (série or, 6).
Lanthanides : suivent toujours leur propre voie, aspirent à l'autonomie. Réfléchissent. Regardent au-delà de leur propre assiette. Peuvent penser en grands espaces. S'occupent des grandes choses de la vie, des grandes inventions.
66, Asteranae : proactif, réfléchi ; agit de sa propre initiative.
665 – Lamiidae
Le troisième chiffre désigne la sous-classe, en analogie avec la série du tableau périodique.
665 = série argent (5) des lanthanides (6) au sein des Angiospermes (6).
Série argent : être au centre de l'attention. Recherche de reconnaissance.
665 Lamiidae : D'une part, un grand désir de se présenter et d'être vu comme particulier. D'autre part, ce désir de performance remarquable et de reconnaissance est critiquement remis en question.
665.4 – Rubiales
Le quatrième chiffre désigne la phase. Les phases correspondent aux ordres dans la hiérarchie botanique et reflètent l'attitude fondamentale du patient.
665.4 = phase 4 des Lamiidae.
Phase 4 : sûr de soi, confiant. Tout est évident.
665.4 Rubiales : bonne confiance en soi, se sentent en sécurité et reconnus. Ils tiennent pour acquis le droit à un bon travail créatif. Grand désir d'apporter une contribution et d'en recevoir la reconnaissance.
665.42 Rubioideae
Le cinquième chiffre désigne la sous-phase, qui correspond en nomenclature biologique à la sous-ordre ou à la famille botanique. Les sous-phases peuvent être considérées comme un affinement des phases : elles contribuent à différencier les thèmes fondamentaux sans les définir.
665.42 = sous-phase 2 des Rubiales.
Sous-phase 2 : passive, conciliante, s'adapte ; travaille dur pour obtenir de la reconnaissance.
665.42 Rubioideae : dualité entre assurance et timidité, d'une part vouloir suivre sa propre voie et d'autre part devoir s'adapter.
Le sixième chiffre nous mène aux stades (1–17), qui correspondent aux genres botaniques. Le stade nous montre comment quelqu'un gère ses problèmes.
665.42.13
Stade 13 des Rubioideae. Stade 13 : le sommet est atteint, maintenant on est bloqué et on remet inévitablement les choses à plus tard.
Prescription : 665.42.13 = Morinda citrifolia MK
Suivi après 4 semaines
« Le premier jour après avoir pris le remède, je me suis senti comme sous drogue. Tout était coloré. Je voyais des animaux colorés, des papillons sur mon bras, les gens me saluaient aimablement. Le deuxième jour j'ai dû me laisser aller et me détendre dans le hamac. Depuis, l'univers me donne exactement l'énergie dont j'ai besoin. En ce moment je suis très occupé. J'ai beaucoup d'idées, mais je n'arrive pas encore à en réaliser vraiment. »
Prescription : Morinda citrifolia MK est répétée.
Suivi après 10 et 16 semaines
« Mon énergie est revenue. Je ne me fais plus obstacle. Je concentre maintenant mon attention sur les possibilités qui s'offrent à moi et je ne vois plus seulement les obstacles. Si je me comparais à une rose, je dirais que j'étais une grande fleur prometteuse qui donnait beaucoup, mais qui n'était pas assez solide. On voyait littéralement la cassure quand la tige s'est pliée. La fleur était si grosse, si luxuriante. Maintenant j'ai le sentiment de prendre racine, ce qui me donne une estime de moi forte et indépendante. Ma rose est maintenant plus petite, du moins extérieurement, mais mes racines sont plus fortes ; je laisse plus d'énergie entrer en moi. Ma fleur était auparavant trop grande, selon le mot d'ordre : « Regardez-moi ! ». Avant j'étais très vulnérable, je me sentais blessé dans mon droit à exister ; au point de devoir toujours faire gonfler ma tête de fleur. « Regardez-moi, comme je brille sur le devant de la scène ! » Pendant tout ce temps je n'ai fait qu'épuiser moi-même. Aujourd'hui je rayonne à partir de ma conviction intérieure. L'énergie reste en moi.
« Dès l'âge de sept ans je m'intéressais aux connexions. J'avais alors inventé une sorte de système de réveil pour toute notre rue. Il fonctionnait avec des billes. Il suffisait de tirer sur une corde et les billes se mettaient à cliquer et tous les enfants savaient qu'ils devaient venir dans notre jardin. Ensuite je les laissais rentrer dans le jardin et nous faisions des parties de jeu. Quand on sautait sur la bascule on entrait dans un autre monde et on ne pouvait plus être attrapé. »
« Avant je faisais des puzzles pendant des heures. Aujourd'hui je peux passer des heures à m'occuper du management de la qualité, avec tous les composants qui en font partie ; parfois il y a 50 feuilles étalées par terre ; plus le problème est complexe, plus j'apprécie le défi.
À l'école je bidouillais avec des formules chimiques. À l'examen final j'ai eu 10 (meilleure note). J'invente sans cesse quelque chose de nouveau. Je pourrais en parler tout le temps. Mon mot-clé est la communication, de préférence la communication internationale, quelque chose qui peut être utilisé par tous. Je veux inspirer les gens par le dialogue et les atteindre sur le plan émotionnel. L'inspiration relie les gens. L'inspiration rend les gens authentiques, elle leur donne des racines. Elle crée de l'espace pour une société meilleure, plus belle, où l'on se traite avec respect, où l'on se relie aux autres et où l'on gagne en profondeur. C'est si complexe que cela ne peut pas être créé comme un grand tout. Je sais mieux le gérer maintenant, je peux aussi le garder pour moi et je n'ai plus besoin de quémander l'attention : « Regardez, je suis là. » Maintenant c'est mon affaire, mon puzzle personnel et je ne le présenterai que lorsqu'il sera fini. Alors ce sera le moment. Avant j'avais honte de mes idées grandioses. Aujourd'hui je pense différemment, selon le mot d'ordre : « Ouvre la boîte et laisse tes pensées devenir encore plus grandes. »
« Je me compare à un cheval. Je ne protège pas seulement moi-même, mais tout le troupeau. Je suis un combattant ; pour les autres je ferai tout. Avant je me battais uniquement pour les intérêts des autres (mon patron, mes parents, dans ma relation) sans me protéger. Je me suis toujours senti comme un outsider et je ne remarquais pas quand on me donnait de la reconnaissance. Cela m'a pris beaucoup d'énergie. J'ai tellement honte de mon imagination que je devais la cacher. J'ai travaillé seulement sur ma base ; maintenant je peux me connecter avec le monde extérieur parce que je suis fier de ce que je suis. Je suis heureux de pouvoir apporter ma contribution, d'être un moteur plutôt qu'un obstacle. Je donne volontiers et par conviction (racines), au lieu de m'épuiser (fleur). »
« Ces deux dernières années j'ai déjà beaucoup travaillé sur moi, mais ce n'est que le remède homéopathique qui m'a apporté la paix et la confiance en moi. Je n'ai plus à conquérir ma place. Je ne me sens plus être un obstacle. Je n'ai personne à convaincre. Je suis bien tel que je suis. Je peux créer de l'espace à partir de mon être pour me connecter aux autres. C'est la base de mon invention, une plateforme pour la communication. »
« Avant je devais me montrer pour être vu ; je devais conquérir mon droit d'exister. Maintenant je me suis retrouvé. Mon objectif est de rester ouvert et connecté à moi-même. »
************************************************************
Cet article a été publié sur www.interhomeopathy.org.
Photos: shutterstock.com © Sergey Nivens, shutterstock.com © munalin
Catégorie : Cas
Mots-clés : confiance en soi, ambitions, hernie inguinale, créativité, volonté, surhomme, autocritique.
Remède : Morinda citrifolia.