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Observation N., née le 11 septembre 2009 (40e semaine de grossesse), poids : 3250 g, longueur : 50 cm, périmètre crânien : 34 cm. |
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Naissance "naturelle" sans anesthésie péridurale. L'accouchement a eu lieu dans une clinique, mais avec une sage‑femme privée formée à l'accouchement naturel, qui utilisait les locaux de la clinique en tant que sage‑femme indépendante. N. a été allaitée. Grossesse : Deuxième grossesse après une fausse couche à la 13e semaine de grossesse, cause inconnue. Les deux parents souhaitaient cette grossesse. Cependant la mère était très anxieuse et avait des difficultés non pas avec la grossesse en elle‑même, mais avec les changements corporels qui l'accompagnent : prise de poids, nausées, vomissements et épuisement. De plus, au cours du huitième mois de grossesse sont apparus deux symptômes très désagréables : un prurit gravidarum pratiquement intraitable (démangeaisons au dernier tiers de la grossesse - avec une tendance connue à l'eczéma atopique) et une sciatique droite, traitée sans succès par un ostéopathe. Le père de l'enfant (un artisan) est très attentionné et méfiant. Envers sa partenaire il est plutôt soumis et supporte ses sautes d'humeur et ses accès de colère. Son comportement sexuel est étrange ; la grossesse a néanmoins augmenté légèrement son désir sexuel, qu'elle qualifie de faible, mais elle n'autorise pas son partenaire à la toucher : « Je ne supporte pas l'idée d'être touchée par lui. » Le père vient d'une vieille famille bretonne, où de nombreux cas d'asthme, d'eczéma, de rhume des foins, etc. sont connus. Consultation Les parents viennent le 12 novembre 2009 avec leur enfant à ma consultation. Le bébé a pris presque 2 kg en deux mois. Elle est robuste, éveillée, sourit et est très sociable. Je remarque une légère hypertension, un dos curieusement raide et une raideur de la nuque à peine perceptible du côté gauche. Les parents avaient consulté un ostéopathe, mais refusent de poursuivre les séances chez lui parce qu'il a failli lui briser la nuque lors d'une manipulation ; j'acquiesce volontiers à leur refus. N. a eu (après contact avec un cousin) une conjonctivite purulente, traitée avec succès par quelques gouttes ophtalmiques Homeoptic ®. Sa peau est globalement en bon état, seulement quelques zones d'eczéma atopique sont visibles, quelques lésions dans les plis cutanés et de petites taches au visage, aux mollets et aux avant‑bras d'aspect sale. Pour le reste tout semble en ordre. Catastrophe Je n'ai plus de nouvelles pendant trois mois. Fin février, N. a passé quatre jours à l'hôpital, dans le service de pédiatrie du CHU de Nantes Centre. Elle a été hospitalisée pour une surinfection d'un eczéma généralisé, une perte de poids (presque un kilo en trois semaines), des démangeaisons intenses et une insomnie sévère. Il est possible que la mère ait eu un panaris, qui aurait pu infecter les eczémas de N.
Un jour, les parents arrivent complètement bouleversés avec N. dans mon cabinet : que s'est‑il passé ? « C'est comme si toute son énergie, toute sa force et même son âme avaient quitté son corps. » Examen N. est en effet dénutrie. Elle paraît effrayée, comme « recroquevillée », repliée sur elle‑même et couverte d'un eczéma malodorant. Au cours de la consultation, j'arrive plusieurs fois à lui arracher un sourire et à la « dérouler » (elle se tient debout). Les parents sont surpris de la voir ainsi réanimée. J'apprendrai plus tard du pédiatre de la clinique qu'elle réagissait de façon plus « vivante » lorsque la mère n'était pas présente. Les parents n'ont pas suivi les prescriptions de l'hôpital. La mère a refusé d'appliquer le régime sans lactose et le traitement par pommade cortisone. Les deux parents refusent d'emmener l'enfant consulter le dermatologue de la clinique pédiatrique. Je convient provisoirement avec eux de l'alimentation suivante : Prescription : Suivi / Discussion En relisant mes notes sur N., plusieurs points m'ont interpellé :
Acidum nitricum (réactualisation de l'expérience de la séparation fœtale / mort - peur de la mort - phénomène fusion / rejet) a un effet « placebo » fugitif. Je revois N. le 1er mars. Il n'y a qu'une amélioration minime due au "placebo" et au changement alimentaire proposé (aucune prise de poids). À présent Lac humanum / Lac maternum me vient à l'esprit. Prescription : Mère : Lac humanum 1M, dose unique Discussion
Suivi Au cours de la semaine suivante se produisent des changements spectaculaires : N. retrouve sa gaieté et sa joie de vivre, et 80 % de l'eczéma disparaît. Elle reprend rapidement du poids : 700 g en dix jours. Le 1er juin, N. revient en consultation : elle est maintenant un bébé heureux et en bonne santé avec une croissance normale et une peau sèche (ichtyose), qui ne démange pas. La mère a retrouvé confiance en elle. Je ne juge pas nécessaire une nouvelle administration de Lac maternum.
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Materia Medica Lac humanum Source : lait maternel d'une seule donneuse |
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Résumé : Les êtres humains sont constamment à la recherche de leur identité individuelle, mais ils appartiennent à des groupes auxquels ils doivent s'adapter. Ils sont les seuls mammifères confrontés toute leur vie à la peur de la mort. Ils font tout leur possible pour échapper à cette peur — ou adoptent en contrepartie un comportement téméraire. Pour Lac humanum cela se traduit par : « Moi ou les autres » (Sankaran). Il faut « tuer » l'autre pour survivre. Particulièrement à l'adolescence se pose la problématique de Lac humanum (identité de soi en relation au groupe). Lac maternum Source : mélange de lait maternel de neuf donneuses différentes, provenant de stades de lactation variés, incluant le colostrum.
Causa L'enfant s'incarne au cours de sa vie intra‑utérine. Cette « incarnation » est toutefois incomplète à la naissance, et l'allaitement est une continuation naturelle de ce processus. D'où la « religion » de l'allaitement, où de nombreuses mères se réunissent pour allaiter ensemble ; « La Leche Liga (1) » est l'église de cette nouvelle religion ! La peur des parents face à cette nouvelle tâche et à la responsabilité qui en découle est directement liée à cette situation. Le bébé Lac maternum (d'après Patricia Le Roux) Ce sont principalement des symptômes cutanés qui apparaissent : surtout des eczémas avec prurit intense. « La peau est la dernière frontière du corps physique ; elle est en contact direct à la fois avec le monde extérieur et avec le monde neuro‑sensoriel et psychique intérieur. » Toutes les manifestations pathologiques touchant la fusion ou la séparation mère‑enfant s'expriment sur la peau. Les allergies ont dans ce processus leur place légitime, car elles représentent le rejet d'éléments étrangers potentiellement pathogènes :
Lac humanum et Lac maternum sont probablement les remèdes de base dans toutes les affections allergiques. Conseils pratiques pour la pédiatrie Nouveaux‑nés : eczémas, troubles du sommeil, situations où l'enfant n'est pas désiré, erreurs d'allaitement. Enfants et adolescents : comportements régressifs, sentiment d'abandon, phobies scolaires, lenteur +++ , fuite de la réalité, recherche d'extrêmes sensations, par ex. à travers les drogues, activités dangereuses, etc. ... Adultes : perte de volonté d'agir, fuite de la réalité ; rêveur, commence beaucoup de choses mais n'achève rien. Bibliographie Murphy, Materia Medica |
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Catégories : Général |
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| (1) La Leche Liga offre un lieu d'échange d'expériences pour les mères qui allaitent et organise des "rencontres d'allaitement". Les conseillères de La Leche Liga partagent la joie de l'allaitement, mais elles partagent aussi les soucis et les difficultés des mères allaitantes, car chaque conseillère est elle‑même mère et a allaité son enfant pendant une longue période. | ||

