Dans le quatrième cas clinique, il s'agit encore d'une femme, née en 1953. Dès notre première rencontre dans la salle d'attente de mon cabinet, j'ai eu cette sensation désagréable dans l'estomac : « Oh non, encore un cas de camp de concentration ! » La patiente avait quelque chose de profondément triste dans le regard, quelque chose que j'avais aussi vu chez les autres femmes. À ce moment-là, j'attribuais cela à mon imagination débordante qui me jouait des tours ; je pensais que je m'étais trop occupé des autres cas et que je voyais maintenant des victimes de l'Holocauste partout.
La patiente était venue pour des troubles oculaires, elle souffrait d'une photophobie très prononcée. « La lumière est une torture pour moi. Je dois toujours porter des lunettes de soleil, même les jours de pluie, car mes yeux sont si sensibles. Ils deviennent rouges et enflés et me semblent enflammés. Je ne peux pas me maquiller les yeux. La fumée aggrave les choses, alors ils se mettent à brûler. J'ai de nombreuses allergies, je réagis particulièrement aux produits chimiques. J'aimerais entrer à l'académie des beaux-arts, mais je ne supporte pas la térébenthine et les vapeurs de peinture. Je suis allergique au soleil, au printemps c'est particulièrement mauvais, ma peau est alors très irritée. Je ne suis pas allergique aux aliments. En plus de mes allergies, je suis aussi là pour mon état psychique. Je suis par périodes très dépressive et je prends du lithium depuis des années à la suite d'une tentative de suicide. Autrefois j'avais des phobies sociales ; je n'osais pas sortir, rencontrer d'autres personnes ou aller faire des courses.
Si quelqu'un ne me salue pas, je pense tout de suite qu'on m'évite, je me sens comme une exclue. Quand je ne vais pas bien, je me referme sur moi-même.
Mais parfois je suis aussi maniaque et hyperactive. Alors j'ai des impressions paranormales, des hallucinations. Je vois des gens qui ne sont pas là. Par exemple, je sais simplement qu'une certaine voiture va bientôt arriver dans la rue et cela arrive réellement. Cela me fait peur. J'ai peur d'être seule quand j'ai ces sensations paranormales – toutes sortes de choses pourraient arriver ; des choses qu'on ne maîtrise pas. Je ressens la douleur de tous autour de moi, tous les sentiments négatifs. Quand nos enfants sont nés, j'avais peur de les mettre au monde dans un monde avec tant de souffrance. Je reçois trop d'impressions. Dans mes phases psychotiques, je me vois comme un petit garçon juif de cinq ans. J'ai été gazé dans un camp de concentration en Pologne ; je connais même son nom – Majdenek. Quand j'étais une petite fille, je peignais toujours de longues rangées de personnes nues qui se tenaient devant un grand bâtiment. D'un autre bâtiment sortait de la fumée par la cheminée. À côté du grand bâtiment, je peignais un cimetière juif. Personne ne voulait croire que j'avais vraiment été là. Mais je le savais. Quand j'ai finalement trouvé une carte avec tous les noms des internés du camp, je leur ai montré le nom, il avait réellement existé et je l'avais toujours connu. J'ai traîné mon mari jusque en Pologne juste pour visiter cet endroit. »
Je lui ai prescrit Hydrocyanicum acidum et j'ai pu aussi comprendre le sentiment qui m'avait tant submergé dans la salle d'attente. Trois semaines plus tard, j'ai reçu d'elle une carte représentant des enfants jouant joyeusement. Elle écrivait : « Le remède a marché. J'ai encore de temps en temps un peu de démangeaison au coin de l'œil, mais je n'ai plus besoin de porter des lunettes de soleil. Je suis toujours sensible au stress et aux vapeurs de térébenthine, mais maintenant je peux peindre sans que mes yeux protestent. En ce moment je peins beaucoup de fleurs. Quelle énergie de pouvoir laisser partir la douleur de ma vie ! »
Quatre mois plus tard : « Mes yeux sont parfaits, ils ne suppurent plus et ne sont plus sensibles à la lumière. Avant, mes yeux étaient toujours collés le matin, maintenant ce n'est plus le cas. Je ne réagis plus aussi fortement aux produits chimiques. J'envisage de m'inscrire finalement à l'académie des beaux-arts. La dépression est encore présente de temps en temps et il m'arrive occasionnellement de devoir prendre des antidépresseurs. »
Quelque temps plus tard, elle m'envoie une lettre de Nouvelle-Zélande avec des photos de sa première exposition. Elle a suivi un cours de guérison intuitive et se sent plus heureuse et plus forte. Les troubles oculaires et la dépression avaient complètement disparu. »
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Source : http://www.interhomeopathy.org/cae_hydrocyanicum_acidum_4