par Joette Calabrese

Vous vous demandez peut-être maintenant quel rapport cette photo a avec les échelles de dilution homéopathiques. Je vous demande ici — mes chères lectrices et chers lecteurs — un peu de patience. Je vais vous l'expliquer tout de suite.
On me pose souvent des questions sur les degrés de potentisation et les dilutions homéopathiques. C'est un sujet sur lequel j'ai déjà beaucoup écrit.
Récemment, cependant, plusieurs de mes élèves m'ont posé la même question, ayant remarqué que d'autres sources semaient beaucoup de confusion — voire de la désinformation — concernant la fabrication des potences homéopathiques. Il s'agissait, dans ce cas, des différentes méthodes de dilution en fabrication homéopathique et en particulier des échelles C, CH et CK. Mes élèves souhaitaient donc une clarification.
Potence D ou C ?
Les différences entre les potentisations D et C ont déjà été largement examinées dans mon billet de blog.
Cette fois, je ne souhaite pas aborder le sujet moi‑même ni présenter les différences entre une potence C, CH et CK à partir de mon point de vue, mais obtenir la réponse directement d'un expert dans ce domaine. On pourrait dire : d'une source directe. (L'image ci‑dessus fait allusion à l'expression anglaise « straight from the horse's mouth », un idiome que l'on pourrait rendre en français par « de source sûre » ou « directement à la source » ; note de la trad.)
Nos remerciements particuliers vont donc à Christophe Merville, responsable du développement pharmaceutique des remèdes homéopathiques chez un fabricant américain. Il explique les choses comme suit :
Quelle est la différence entre l'échelle CH et l'échelle CK ?
L'échelle C ou CH est l'échelle de dilution la plus couramment utilisée. À chaque étape de dilution, on mélange 1 partie de la dilution précédente avec 99 parties de solvant (généralement de l'alcool à 70 % vol.) puis on dynamise par succussions (secouage vigoureux pendant sept secondes). Chaque nouvelle dilution est préparée dans un nouveau flacon. Ce procédé est répété six fois pour une C6 et trente fois pour une C30. En Europe, l'échelle C est aussi appelée CH — le H signifie Hahnemann, car cette méthode a été développée par Samuel Hahnemann.
L'échelle CK a été développée par le Russe Simeon Nikolaïevitch Korsakov. Chaque dilution est diluée 100 fois, mais tout au long du procédé un seul flacon est utilisé. De plus, on utilise de l'eau pure au lieu d'alcool à 70 % vol. Cette méthode permet d'obtenir des degrés de dilution plus élevés car elle est plus économique et plus rapide. On emploie couramment 30CK, 200CK, 1000CK (1M). L'échelle va jusqu'à 100 000CK.
Qu'en déduire ?
- Les échelles de potentisation C et CK ne sont pas produites de la même manière et ne peuvent être comparées qu'en termes de degré de dilution, c.-à-d. faible, moyen ou élevé. Sur l'échelle C, le degré C6 est considéré comme faible, C9 comme moyen et C30 comme élevé. Sur l'échelle CK, 30CK est faible, 200CK moyen et 100 000CK élevé.
- Certains homéopathes ont beaucoup d'expérience avec des échelles spécifiques et prescrivent de préférence selon la méthode correspondante.
- Il n'existe pas de méthode valable pour calculer l'équivalence des échelles, sauf pour les toutes premières dilutions (C1, C2, 1CK, 2CK), où l'on peut encore mesurer la quantité de substance active dans la dilution. Après plusieurs étapes de dilution, il n'est plus possible d'établir une équivalence.
Qu'en est‑il de la C200 ?
- La C200 est une dilution selon la méthode de Hahnemann qui implique 200 flacons. Sa préparation est très longue. Beaucoup de potences C200 disponibles dans le commerce sont en réalité des remèdes 200CK, beaucoup plus simples à fabriquer. Nous ne vendons plus de dilutions C200. Pour la comparaison entre C200 et 200CK, voir ci‑dessus.
La lettre — oui ou non ?
Ces informations étaient à l'origine destinées à mes élèves, mais je pense qu'elles sont d'une grande importance pour quiconque s'intéresse à l'homéopathie.
Les désignations des différentes échelles de dilution peuvent prêter à confusion. Lorsque j'ai commencé mon blog il y a 15 ans, je n'indiquais généralement pas la lettre de l'échelle de dilution avec le remède — sauf s'il s'agissait d'un protocole très spécifique.
Cette omission a poussé beaucoup de gens à se demander pourquoi.
La raison était simple. À l'époque, il était dans certaines régions du monde plus facile d'acheter soit une potence D soit une potence C. Et par là j'entends soit l'une ou l'autre, pas les deux en même temps. L'offre était donc limitée selon le lieu de résidence des lecteurs de mes articles. Même ici, aux États‑Unis, durant les premières années de mon étude de l'homéopathie (avant les années 1980, si ma mémoire est bonne), il était difficile de trouver des potences C.
C'est pourquoi je restais alors vague dans mes indications, afin de ne pas désorienter les personnes qui ne pouvaient pas se procurer un remède homéopathique dans le degré de potentisation préconisé.
L'homéopathie est une méthode de soin populaire
Aujourd'hui, l'homéopathie est redevenue si populaire que de nombreux remèdes homéopathiques peuvent être commandés sur Internet et que ce problème n'existe plus sous cette forme. Pourtant, j'omets souvent encore l'indication de la méthode de dilution.
De mon point de vue — pratique, de la table de cuisine — l'échelle de dilution peut être remplacée par une autre si nécessaire. D'un point de vue pharmaceutique, les degrés de potentisation sont bien sûr assez différents les uns des autres.
Cependant, si vous suivez un protocole de traitement précis, tant le degré de potentisation que la méthode de dilution ont de l'importance. Dans mes cours, j'enseigne que nous devons suivre les protocoles tels qu'ils sont écrits.
Et puisque nous parlons de protocoles : la semaine prochaine nous poursuivrons notre série sur les remèdes qui ne doivent pas manquer dans une trousse homéopathique bien fournie. (Alerte spoiler... il s'agit de Lycopodium.)
D'ici là : faites passer le message — l'homéopathie aide !
Bien à vous,
Votre
Source : https://joettecalabrese.com/blog/c-ch-or-ck-the-answer-revealed/
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