Cas clinique 1
Une jeune fille de 16 ans.
Le rendez‑vous a été pris ostensiblement parce que la jeune fille s'est tordue le genou en faisant du sport, il est enflé. Les parents s'inquiètent toutefois davantage du comportement social de leur fille.
À la maison elle se comporte tout à fait normalement, elle est vive et raconte beaucoup de choses. Mais dès qu'elle doit agir en dehors du cercle familial, elle se referme. Elle n'a pas d'amis, car elle ne parvient pas à maintenir le contact avec les autres. Quand quelqu'un la contacte, elle n'est pas capable de rappeler, et encore moins de prendre rendez‑vous pour une rencontre.
Elle gère relativement bien les contacts superficiels, mais dès que cela devient personnel ou plus intime, elle semble ne pas comprendre et cherche à se soustraire à la situation. Elle ment aussi pour éviter un contact rapproché et fait tout pour ne pas se montrer ou ne rien dévoiler d'elle‑même. Des amitiés proches deviennent ainsi impossibles et elle s'isole de plus en plus. À l'école elle est harcelée et ne veut plus s'y rendre pour cette raison. Elle a appris à parler tard, présente des déficits cognitifs et fréquente une école spécialisée.
La natation est sa grande passion. C'est une nageuse douée qui pourrait aussi participer à des compétitions. Depuis un an cependant, elle a un entraîneur qui ne la stimule pas du tout. Elle raconte qu'il lui crie dessus et qu'elle croit être la seule à qui il crie dessus. Elle ne supporte pas les cris. Autrefois elle s'entraînait presque tous les jours, aujourd'hui elle ne va nager que deux fois par semaine et voudrait en fait arrêter complètement. Sa condition physique et ses performances ont en conséquence décliné. Elle affirme que tout cela ne lui fait rien, ce qui est faux. Elle n'ose pas avouer ouvertement ce qui se passe, bien qu'elle voudrait un nouvel entraîneur. À cause de la natation, son genou est maintenant aussi enflé et rouge, et il lui fait assez mal. Les parents voulaient depuis longtemps consulter un homéopathe à cause du comportement social difficile de leur fille et prennent maintenant le genou enflé comme prétexte pour un traitement. Ils ont dû la persuader de venir au rendez‑vous.
Dernièrement la jeune fille se sent très fatiguée. Souvent elle s'endort sur le canapé vers 16h. Elle se couche à 21h30 mais, malgré sa somnolence, se réveille la nuit à 1h30 (la plupart du temps elle est dérangée par la toux de son père). Elle se rendort vers 3h30 et commence la journée suivante complètement épuisée.
Pendant la grossesse, la mère a dû subir de fréquents examens chez le gynécologue, sans qu'on lui donne jamais de raison. Peu avant la naissance, le gynécologue a dit à la mère que le dos de son enfant à naître était fermé. Il semblait très soulagé. Deux jours après l'accouchement, la mère a eu des saignements et il y a eu une mort‑nés d'un deuxième enfant. Le fœtus était apparemment mort depuis un certain temps.

Analyse
Il s'agit manifestement d'une jeune fille présentant un trouble sérieux du développement, clairement reconnaissable à la maturité retardée de la colonne vertébrale, au retard de l'acquisition du langage et aux difficultés cognitives. Compte tenu du manque de confiance en soi de la jeune fille et de sa peur des situations étrangères, nous aurions probablement prescrit Baryta, Nat mur ou Silicea. Mais comme elle n'était pas capable d'établir une relation plus profonde avec son entourage, ce qui suggère le stade 3 du tableau périodique, j'ai pensé aux remèdes Borax et Bor. Bor influence le développement précoce, la croissance et les capacités cognitives d'une personne, ce qui a confirmé le choix du remède dans ce cas. La combinaison de Bor et du sodium apparenté (ses difficultés de prise de contact laissaient apparaître un schéma de Natrium) m'a conduit à lui prescrire Borax.
Réaction
Dès assez tôt – dans les deux premières semaines après la prise du remède – elle a présenté un net regain d'énergie : elle n'est plus fatiguée et dort bien. Un mois plus tard, la mère décrit sa fille comme une autre personne : elle aime aller à l'école parce qu'elle n'y est plus harcelée. Elle devient plus sociable, prend des rendez‑vous avec des amis, semble à l'aise avec eux et sort pour la première fois de sa vie les week‑ends. Elle s'ouvre davantage et n'affiche plus l'attitude d'évitement d'autrefois. Les problèmes cognitifs sont encore présents, bien qu'un peu moins sévères qu'avant. Quand les choses deviennent trop compliquées, elle se replie encore. Mais elle tient maintenant plus longtemps et n'est plus déstabilisée par le défi. La natation ne semble plus aussi importante pour elle ; c'était en effet le seul moyen qu'elle avait pour s'exprimer. Elle préfère maintenant sortir beaucoup plus volontiers avec ses amis. Dix‑huit mois après l'administration de Borax, elle va toujours bien ; le remède n'a pas encore dû être répété.
Cas clinique 2
Une fillette de 7 ans.
Elle vient parce qu'elle est très déstabilisée. Chaque fois qu'elle ne sait pas comment gérer une situation, elle perd le contrôle d'elle‑même : elle tremble de tout le corps, tous les muscles se raidissent, elle se met à pleurer et devient inaccessible. La seule chose qui aide alors est de la laisser tranquille et de la conduire auprès de sa mère. Avec des enfants qu'elle ne connaît pas, elle est d'abord timide, puis devient très dominante et réagit de la même manière si elle n'arrive pas à imposer sa volonté. Elle ne peut pas rencontrer d'autres enfants sur un pied d'égalité. Elle s'entend nettement mieux avec les adultes, en présence desquels elle se comporte comme une petite filoute.
Tout ce qui bouge peut déclencher chez elle une crise épileptiforme : en premier lieu les jouets électroniques dans les centres commerciaux ; faire du vélo vite (« Ne roule pas si vite maman. ») ; les pièces sombres ; les stations de lavage automatique ; des inconnus qui s'approchent trop vite ; les animaux ; l'eau (la douche ou en général l'eau sur sa tête) ; les bruits forts (même quand ils sont seulement annoncés) ; les balançoires et autres appareils sur les aires de jeux ; les escaliers qui lui sont inconnus ; les ascenseurs et les toboggans. Elle préfère être à la maison, c'est‑à‑dire dans la maison (« Ma maison me manque beaucoup. »).
Elle a des difficultés de vision. L'opticien dit qu'elle n'arrive pas à traiter correctement les images qu'elle voit. Avant d'avoir ses lunettes, elle tournait souvent la tête d'un mouvement rappelant une torticolis pour mieux voir. Sur le plan moteur et surtout dans le jeu, elle est plutôt lourde, maladroite, raide et se contracte rapidement.
Elle se plaint de maux d'estomac qui s'aggravent quand elle s'excite et quand elle boit quelque chose de froid. Elle ne mange pas beaucoup et a une aversion pour le lait, le thé et l'eau. La viande et le pain passent le mieux. Le jus de pomme lui donne la diarrhée.
En dormant elle sue souvent de la tête. Autrefois elle avait du mal à se lever, elle pleurait souvent en se levant. Cela s'est amélioré maintenant. À 17h elle a toujours un creux. Bébé, elle a souvent eu un cri encéphalique et au cours de la première année de vie elle a souvent pleuré. La grand‑mère raconte que sa mère a été enfant de la même manière, seulement pas aussi intensément.
Analyse et réactions
À l'âge de quatre ans elle avait déjà été traitée par moi. Elle avait été amenée pour ses douleurs abdominales et présentait des symptômes nets de Lycopodium. Lycopodium avait aussi très bien aidé, mais lorsque le remède a été administré pour la quatrième fois, il n'a plus eu d'effet. Avec Aurum ce fut la même chose, elle a alors eu des aphtes dans la bouche. Cela indiquait Borax, qui a entraîné une amélioration nette, en particulier des troubles moteurs et du comportement social. Borax a ici mieux agi que Lycopodium.
Discussion
Borax jouit depuis longtemps d'une bonne réputation dans le traitement des troubles du développement chez l'enfant, ce que confirment les découvertes biochimiques récentes sur l'effet du bore sur les processus de développement. L'essence du tableau Borax ne s'était toutefois jamais manifestée clairement. Grâce au travail de Jan Scholten sur le tableau périodique des éléments et à de nombreuses études de cas réussies, l'importance de l'élément Bor pour le traitement des troubles dissociatifs est devenue plus évidente. Le bore est un remède important dans les situations où la personne est submergée par les impressions de son environnement et risque de perdre son identité. Le sodium et les sels de sodium ont des difficultés à maintenir des relations. Lorsque se développe un trouble de la personnalité dissociatif associé à un comportement d'évitement, Bor et Natrium peuvent, sous certaines conditions, très bien se compléter, voir Borax.
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Catégorie : Cas
Mots‑clés : Borax, trouble du comportement, élément
Remède : Borax
Article original : Interhomeopathy.org