Passer au contenu principal Passer à la recherche Passer à la navigation principale
N'hésitez pas à nous contacter via notre service client: +49 7626 974 9700.

L'homéopathie comme alternative aux antibiotiques

Actualités

Homéopathie comme alternative aux antibiotiques
en cas de diarrhée à Escherichia coli chez
les porcelets nouveau‑nés

par I. Camerlink (1), L. Ellinger (2), E.J. Bakker (3) et E.A. Lantinga (1)
 

©RainerSturm/PIXELIO

Contexte

L'utilisation des antibiotiques en élevage augmente à un point tel que des conséquences négatives pour la santé animale, la santé humaine et l'environnement sont à craindre. Aux Pays‑Bas, la consommation annuelle totale d'antibiotiques en élevage est passée de 322 000 à 590 000 kg entre 1999 et 2007.

En élevage biologique, la quantité d'antibiotiques autorisée est limitée.
C'est pourquoi les antibiotiques y sont parfois remplacés par des médicaments alternatifs, la thérapie la plus couramment utilisée étant l'homéopathie. L'homéopathie a montré son efficacité pratique dans divers domaines médicaux, mais il manque encore des preuves scientifiques. La littérature de recherche homéopathique en médecine vétérinaire comprend moins de 20 essais randomisés contrôlés par placebo (ECR). Les études antérieures portaient sur la mammite chez les bovins, l'infertilité chez les bovins, les maladies infectieuses chez les porcs, la vitesse de croissance chez les porcs et les salmonelles chez les poules.

Le traitement par des remèdes homéopathiques présente l'avantage important de ne laisser aucun résidu dans les produits animaux, et l'homéopathie ne favorise pas non plus l'apparition de résistances.

Le Comité européen d'homéopathie sait :
« Si le traitement homéopathique était introduit dans l'élevage, le citoyen européen serait mieux protégé contre les résidus pharmacologiques dans les produits animaux. »

L'homéopathie vise à activer les mécanismes d'auto‑guérison de l'organisme. Par conséquent, le processus de guérison peut prendre davantage de temps ; en outre, le choix du remède approprié exige des connaissances homéopathiques précises. L'ignorance et le manque de compréhension de la méthode thérapeutique homéopathique sont probablement les principales raisons de l'utilisation limitée de l'homéopathie en élevage.

Cependant, l'homéopathie peut constituer une alternative réaliste au traitement antibiotique en élevage.
Il a donc été vérifié ici, au moyen d'une étude randomisée contrôlée par placebo, si des remèdes homéopathiques peuvent prévenir la diarrhée à Escherichia coli chez les porcelets nouveau‑nés.

   


© maluch /PIXELIO

Méthodologie

Pour s'assurer que d'éventuelles différences entre les deux groupes n'étaient pas dues à un effet placebo ou à un traitement différent des animaux par leurs soigneurs pendant ou après le traitement, une étude randomisée, en aveugle pour les observateurs et contrôlée par placebo, a été choisie. 

L'étude a été réalisée dans un élevage porcin commercial où environ 300 porcs (grands, blancs, races locales hollandaises) étaient élevés. La mortalité des porcelets nouveau‑nés en 2008 était de 12 %, en grande partie en raison de la diarrhée néonatale causée par E. coli.

Cinquante‑deux truies en fin de gestation, n'ayant jamais été vaccinées contre E. coli, ont été sélectionnées. Vingt‑six truies ont été assignées au hasard au groupe recevant un traitement homéopathique, les vingt‑six autres ayant reçu un placebo.

Au total, 525 porcelets nouveau‑nés issus de ces truies ont été inclus dans l'étude. (Les porcelets morts parce qu'ils n'étaient pas viables ou parce qu'ils avaient été écrasés par la truie ont été exclus de l'expérience.)


© wolfish /PIXELIO

Le groupe placebo comprenait 265 porcelets, le groupe traité homéopathiquement 260. Les porcelets nouveau‑nés ont été autorisés à téter le colostrum chez les truies. Ils n'ont reçu ni alimentation complémentaire ni lait de substitution. Les deux groupes étaient logés dans le même bâtiment. Tous les animaux ont été entretenus selon les directives habituelles.

 

L'agent homéopathique Coli 30 K(4) est une nosode provenant de différentes souches de bactéries E. coli. La préparation homéopathique « Coli 30 K » se composait de 99,85 % d'eau déminéralisée, 0,1 % d'alcool pur et 0,05 % de lactose imbibé de la puissance homéopathique d'E. coli.

Le placebo avait exactement le même contenu, à l'exception de la préparation homéopathique d'E. coli. Les substances homéopathiques sont bien absorbées via les muqueuses (par exemple bouche, nez, vulve). Pour des raisons pratiques, chez les truies le remède homéopathique a été pulvérisé sur la vulve. Ce traitement a été effectué deux fois par semaine chez toutes les truies au cours des quatre dernières semaines avant la mise bas.

 
Examens cliniques

La diarrhée néonatale à E. coli chez les porcelets est généralement observée entre 12 heures et 5 jours après la naissance. Par conséquent, les examens ont été poursuivis jusqu'à une semaine postpartum.

Les matières fécales de tous les porcelets ont été examinées quotidiennement pour en évaluer la consistance. La consistance normale a été notée par « - », la consistance liquide (diarrhée) par « + ». Les échantillons de selles ont été analysés au laboratoire du service de santé animale pour E. coli et Salmonella.

Au cours de la période d'observation, 73 porcelets ont souffert d'une diarrhée à E. coli, 452 porcelets sont restés sans diarrhée.

La durée des épisodes diarrhéiques a été calculée depuis l'apparition jusqu'au retour à une consistance fécale normale ou jusqu'au décès. Seulement deux porcelets sont décédés de leur maladie. La durée moyenne de la maladie était de 1,86 jour dans le groupe placebo, plus longue que dans le groupe Coli 30K (1,3 jour). Même une réduction de seulement une demi‑journée a son importance si l'on considère qu'un jour de maladie entraîne une perte de poids moyenne de 8 g (étude de Johansen et al.).

 
Résultats

Sur les 265 porcelets du groupe placebo, 63 animaux (23,8 %) ont eu la diarrhée, contre seulement 10 (3,8 %) des 260 porcelets du groupe homéopathie !

Dans le groupe placebo, la diarrhée est survenue pendant toute la période d'observation, c'est‑à‑dire tous les jours de la semaine suivant la naissance, avec des pics le jour 0 (dans les 24 h suivant la naissance) et le jour 1 (24–48 h après la naissance).
Dans le groupe Coli 30K, 60 % des porcelets malades ont développé leur diarrhée entre 24 et 48 h après la naissance (jour 1).
Les porcelets issus de truies primipares ont particulièrement bien répondu au traitement par Coli 30 K. La diarrhée chez ces porcelets semblait, lorsque présente, moins sévère et de plus courte durée ; de plus, la contagion entre porcelets était moindre.
Leur mortalité a nettement diminué par rapport aux porcelets de truies multigestes.

Dans 70 % des cas, des porcelets de la même portée tombaient malades le même jour.
Dans le groupe placebo, 16 des 26 portées étaient touchées par la diarrhée, contre 7 des 24 portées dans le groupe Coli 30K.

La durée moyenne de la maladie était de 1,86 jour dans le groupe placebo, nettement plus longue que dans le groupe Coli 30K (1,3 jour).

 
Résumé

Les porcelets du groupe placebo ont contracté une diarrhée à E. coli un peu plus de six fois plus souvent que les porcelets dont les mères avaient reçu le traitement homéopathique Coli 30 K, c.-à‑d. que les porcelets du groupe traité homéopathiquement ont été significativement moins souvent atteints d'une diarrhée à E. coli que ceux du groupe placebo.

Les porcelets issus de truies primipares ont particulièrement bien réagi au traitement par Coli 30 K. Dans ce sous‑groupe, la différence entre les porcelets placebo et les porcelets homéopathiques était encore plus marquée.

Les portées des truies traitées homéopathiquement semblaient mieux protégées contre la diarrhée à E. coli : la transmission entre portées était moindre, tandis que les porcelets du groupe placebo se contaminaient rapidement les uns les autres.


© carullamuehr /PIXELIO
Le propriétaire de l'élevage où l'étude a eu lieu était d'abord très sceptique à l'égard d'un traitement homéopathique. Après le déroulement positif de l'étude, il a décidé de traiter tous ses porcs avec la nosode d'E. coli. Depuis, la diarrhée à E. coli a quasiment disparu de son élevage.

.....................................................................................................................

(1) Biological Farming Systems Group, Wageningen University, Droevendaalsesteeg 1, 6708 PB Wageningen, Pays‑Bas
(2) Centaurea, Orderparkweg 5, 7312 EN Apeldoorn, Pays‑Bas
(3) Biometris, Wageningen University, Droevendaalsesteeg 1, 6708 PB Wageningen, Pays‑Bas
...................................................

(4) Il semble que la méthode de dynamisation selon Korsakoff ait été utilisée ici
...................................................

Lien vers l'article original

 

von Narayana Verlag