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Un garçon de quatorze ans se plaint de toux et de fatigue. L'année passée, il a beaucoup grandi, prenant en taille et en poids. Il mesure maintenant 1,80 m et a une forte constitution. Depuis quelques semaines il tousse et cela s'aggrave. La toux survient par accès, au point qu'il en vomit presque. Le médecin traitant lui a prescrit du Ventolin et du Flixotide, qui ont aidé. Il a eu la coqueluche il y a deux ans et était constamment fatigué. Il restait simplement assis, inactif, sur le canapé. Depuis l'enfance il a des problèmes respiratoires, surtout un nez bouché. Quand il a de la fièvre, il a des saignements de nez. Présentation du cas Lors de la consultation, il n'apporte pas grand-chose à la conversation, laissant sa mère parler, tandis qu'il reste assis et écoute d'une manière neutre mais pas hostile. Sa mère dit : « Il reste toujours sur le canapé, se recroqueville en position fœtale ou soutient sa tête entre les mains. Il grimpe péniblement les escaliers, tout lui semble "trop". Même s'il est si malade et si fatigué, il veut aller à l'école et dit : “Je veux passer ce contrôle.” Il se force à tout faire, mais dès que les choses urgentes sont faites, il s'effondre. À la maison, il se laisse aller. Il aime jouer au rugby et veut être un bon joueur. Il continue d'aller à l'école, même s'il traîne comme un sac de pommes de terre sur le canapé avant de partir le matin, mais il ne se plaint jamais. Il veut toujours y aller, non par routine seulement, mais parce qu'il le souhaite, et il ne veut pas qu'on doive le pousser. Il va même à l'école lorsqu'il est malade : “J'y vais et même si je ne me sens pas bien, je ne rentrerai pas à la maison. Si je suis déjà à l'école, je ne veux pas partir plus tôt.” »
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Tout ce qu'il fait est accompagné de profonds soupirs : « Je ne me sens pas bien. » Le matin il se sent pire, et il se lève du lit avec une gaucherie, comme s'il était en bois. Après un peu de mouvement, sa concentration faiblit et il se laisse distraire. Il doit sans cesse recommencer. Sa mère le décrit ainsi : « Sa tête est tellement lourde. Il doit sans cesse soutenir sa tête, quel que soit l'endroit où il se trouve. Parfois il a des maux de tête qui donnent l'impression que des aiguilles piquent la voûte crânienne, et alors il a des vertiges. » |
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C'est un garçon calme, attentif et peu exigeant. Il cherche des solutions simples, est très direct et emploie peu d'adjectifs ; son langage est plutôt dépouillé. À la maison, sa résignation est frappante : « C'est trop fatiguant de faire le pitre ou de résister. Rien ne me fait plaisir, mais je fais ce qui doit être fait. » Il évite les confrontations avec ses parents ; on voit qu'il cherche d'autres solutions ; mais la plupart du temps, il fait ce qu'on lui demande, car s'opposer demanderait trop d'énergie. Il est très sociable, fait confiance aux autres et a le don de concilier les personnes. Parfois il peut devenir assez en colère sans savoir exactement pourquoi. Analyse
Sa lourdeur de tête, décrite dans la littérature sous la rubrique « Tête, envie de s'appuyer sur quelque chose », est typique du remède Gymnocladus. Les saignements de nez pendant la fièvre sont connus pour Melilotus, qui, comme Indigo, est également associé à la toux spasmodique. Une tête lourde, des saignements de nez et un comportement peu compliqué pourraient aussi correspondre à Belladonna, mais il n'y a pas d'autres signes en faveur d'un remède de la famille des Solanacées. La fatigue mentale se trouve dans la rubrique « travail intellectuel impossible », où sont mentionnés les remèdes Copaiva, Indigo, Gymnocladus et Melilotus. T. Allen a répertorié le désir de s'appuyer sous la rubrique Généralités pour Gymnocladus. On observe un changement typique dans son comportement. Il commence quelque chose qui doit être fait ou qui lui plaît, puis est soudainement complètement épuisé. Il essaie d'atteindre un objectif, mais en même temps ne veut pas être dérangé. Il sait ce qu'il veut, mais n'y parvient pas ou remet les choses à plus tard. Ces schémas comportementaux me rappellent des cas antérieurs de fatigue qui ont bien répondu à Gymnocladus. Prescription : Gymnocladus canadensis 200 K, dose unique Suivi Son énergie augmente, ainsi que ses capacités sportives et scolaires. Sa toux disparaît, bien qu'il prenne encore du Ventolin avant les matchs de rugby. Trois mois plus tard, il fait une rechute. Sa concentration se détériore à nouveau, il est irritable et n'arrive pas à démarrer. Pendant les examens scolaires il a des douleurs abdominales et se demande : « Comment vais-je y arriver ? » Ses parents, assez dominants, se fâchent lorsqu'il ne donne pas le meilleur à l'école, mais il met toutes ses forces dans le sport. Au sport, il peut au moins accomplir quelque chose qu'ils n'ont pas réussi, s'il fait des efforts et travaille dur (devoir versus plaisir, un thème des Fabaceae). Il évite les personnes qui se soumettent aux règles et aux règlements. Il engloutit des sandwichs. Une répétition de la dose du remède fait presque immédiatement remonter son niveau d'énergie. Il semble que le fait d'être soumis à une pression extérieure — parents, école, travail ou environnement social — et d'avoir à accomplir plus qu'on ne s'en croit capable, puisse constituer une indication pour un remède de Fabaceae. Deux ans plus tard, après une commotion cérébrale liée à un accident sportif, il connaît une nouvelle récidive. Il est émotionnellement complètement déstabilisé et se sent incertain à cause de ses faibles performances scolaires. Il ne peut se concentrer que pendant un certain temps ; ensuite la concentration diminue considérablement, comme dans son enfance. Il est très agité physiquement et marche de long en large dans la chambre ; de plus il bégaie légèrement (stade 5). Le plaisir et les choses agréables semblent absents de sa vie, mais les « devoirs » — école et travail — persistent. La situation est typique de cette période de la vie, mais il la vit comme « ma vie n'est pas plaisante ; ce n'est pas ce que j'avais imaginé » (Fabaceae). Cette attitude entraîne d'autres symptômes. Après une répétition du remède, le calme revient. Un an plus tard encore, une grave blessure met fin à sa carrière sportive. Il développe des troubles oculaires (accommodation), qui peuvent être corrigés par Manganum Phosphoricum. Le manganèse est un élément important de nombreuses plantes de l'ordre des Fabales et constitue un critère différentiel important pour tout le groupe. |
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Photo : www.wikimediacommons.org |
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| Catégorie : Cas Mots-clés : Fatigue, toux, saignements de nez, troubles de la concentration Remède : Gymnocladus canadensis |
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