Passer au contenu principal Passer à la recherche Passer à la navigation principale
N'hésitez pas à nous contacter via notre service client: +49 7626 974 9700.

Lilac beauty - la phalène du lilas (Apeira syringaria)

Actualités

Lilac beauty - le Phalène du lilas (Apeira syringaria) :

Cas et épreuve médicinale

par Patricia Le Roux
 

*Épreuve médicinale : Apeira syringaria (Phalène du lilas)

*Épreuve médicinale de K.-J. Muller ; Rêves dans l’épreuve médicinale

*Résumé des thèmes
 
Chaque thème est illustré par quelques symptômes démonstratifs de l’épreuve médicinale, accompagnés des interprétations et observations nécessaires.
 
* S’affaiblit lorsqu’elle veut aider les autres

- Je devrais faire quelque chose, mais comme il me manque le bon équipement et les compétences, j’échoue

- Je devrais guérir mon symptôme, mais je n’ai pas l’argent pour cela, donc je n’ai pas pu…

- Je rêve de bêta-bloquants. Je me demande si les bêta-bloquants sont bons pour les patients aux vaisseaux sanguins fins. Ils ne sont pas indiqués pour les patients gravement malades.

- Plus tard, j’ai amené mes parents à pied chez le médecin généraliste ; ils étaient tout vêtus de noir.

- J’ai aidé une amie à recoudre une fermeture éclair, pour une autre amie qui était malade.
 

Interprétation et observation :

Les quatre premiers symptômes reflètent la frustration de ma patiente. Le dernier symptôme, la fermeture éclair, symbolise la chaîne d’ADN, interprétée comme cause des maladies héréditaires auxquelles elle est confrontée.

 

* Perte d’énergie lorsqu’elle tente de diriger (conduire)

- Je rêve que le plancher de ma Renault Clio est tombé et que je dois me déplacer de façon autonome en courant, comme Fred Pierrafeu.
 

Interprétation et observation : Ce rêve est un symbole de l’inconscient collectif, parce que le rêveur n’a pas de lien personnel avec les éléments de son rêve… Pour mieux comprendre, il est utile de se souvenir des neuf Muses de la mythologie grecque, déesses de l’inspiration et des arts :

Calliope - Épopée et poésie héroïque
Clio - Histoire
Erato - Poésie d’amour
Euterpe - Musique et poésie lyrique
Melpomène - Tragédie
Polymnie - Chants et hymnes aux dieux
Terpsichore - Danse
Thalie - Comédie
Uranie - Astronomie

Les Muses étaient les filles de Zeus. Il est toutefois intéressant de noter que le roi Pieros donna aussi à ses filles les noms des Muses, ce qui établit une connexion directe avec la famille de papillons « Pieridae » (les piérides). (L’inclusion de « Clio » est également importante pour notre patiente, qui à l’époque peinait sur son mémoire d’histoire...)

 

* Sensualité, beauté et couleurs puissantes. D’autre part, elle déteste porter des bijoux et regarde à travers des lunettes totalement sales.

* Responsabilité – qui échoue cependant à cause d’outils oubliés ou de compétences manquantes. Puis elle remarque que les autres ont d’abord pensé à eux-mêmes, et le patient s’en veut. (Un rêve était une combinaison des deux rêves précédents ; dans celui-ci les autres ne faisaient attention à lui que lorsqu’il avait une apparence soignée.)

* Il peut décider ce qu’il veut faire - et s’en veut s’il ne fait pas ce qu’il veut.

* Le rêve lui-même peut être bloqué. Dans un rêve, tout ce qui se passait était incompréhensible - grande confusion.  

 
Le cas : Lilac Beauty – Le Phalène du lilas
Cas clinique par F. Gassin, pédiatre à Nantes.
 
Antécédents

C. est une fillette de 14 ans, élevée dans une famille bourgeoise. La grossesse a été perturbée par un conflit violent entre les parents. Bien que les deux parents aient désiré l’enfant, le père a quitté la mère au début de la grossesse. L’acte de départ fut accompagné d’un accès de violence extrême, chose extrêmement inhabituelle dans cette classe sociale conservatrice, aisée et traditionnellement catholique.

C. est née à terme et l’accouchement s’est déroulé normalement. Elle a cependant rapidement développé des problèmes cutanés – Leiner-Moussous (une dermatite infantile sévère), puis des eczémas – suivis d’un accès aigu de brûlures d’estomac, puis d’une bronchite sévère qui a rapidement été diagnostiquée comme asthme.

Elle s’est bien développée. Elle a même été en avance dans de nombreux domaines : marche, langage, où elle a montré un sens de la grammaire inhabituel pour une enfant de 2 ans ! Elle a très tôt manifesté de grandes capacités artistiques. La maison de sa mère est un véritable musée, meubles, tableaux et de la superbe vaisselle du XVIIIe siècle. C. aime particulièrement le chant et la musique.

Je fus sa pédiatre depuis l’âge de 18 mois, sa mère souhaitant un traitement homéopathique pour elle.

Les problèmes de santé initiaux de C. – asthme, eczémas, allergies et maux de gorge – furent rapidement résolus après traitement par les remèdes homéopathiques connus : Tuberculinum, Pulsatilla et Phosphorus.

Elle entra à 5 ans dans une école primaire très traditionnelle, d’orientation religieuse, tenue par des religieuses ; une école privée pour filles. En même temps, C. intégra le conservatoire et apprit le violon, la théorie musicale et le chant.

Dès son entrée à l’école, elle s’ennuya, refusa d’apprendre et n’eut aucune envie de travailler. C’est une rêveuse. Elle perturbait les cours et les pauvres religieuses ne savaient que faire d’elle. Elles auraient aimé s’en débarrasser, mais malheureusement la directrice de l’école était une très bonne amie de la mère de C. !

À cette époque se développa un conflit entre C. et sa mère. C. lui désobéissait, refusait de manger et de dormir, jurait et blasphémait contre la religion.

C. vint me voir à l’âge de 6, 8, 10 ans, etc. Dans mon cabinet elle se comporte toujours gentiment et charmante, elle sourit, est élégante et porte des vêtements d’un siècle passé. Elle se distingue fortement des autres patientes de son âge.

Le comportement de C. envers sa mère est devenu si horrible – agressif, méchant, mal élevé – elle est un véritable diable – qu’elle doit être prise en charge par les grands-parents, qui vivent dans un étrange vieux château délabré.

 
Histoire familiale

La mère : D’origine aristocratique ; elle est de petite taille, charmante, mais singulière. Elle a un teint très pâle, rappelant le film de Roman Polanski « Le Bal des vampires ». Elle n’exerce pas d’activité professionnelle, mais s’est formée à Paris en tant que psychologue. Toute sa vie est concentrée sur la haine extrême du père de C. et sur le conflit permanent avec sa fille. Elle a des problèmes urogénitaux que même des médecins très connus de sa ville ne parviennent pas à guérir ; seul un acupuncteur peut un peu soulager ses maux.

Le père : Je ne l’ai jamais vu, mais sa femme dit qu’il est un « salaud ». Il est officier de marine, et bien que fortuné, il n’a jamais aidé financièrement sa fille. Il écrit à sa fille, par exemple à Noël, mais C. renvoie ses lettres non ouvertes. Lors d’une consultation, elle me dit cependant qu’elle a gardé une de ses lettres et qu’elle me la lirait.

Grands-parents maternels : Ils vivent dans une vieille maison de campagne anglaise, qui abrite un foyer pour enfants gravement déficients mentaux issus de « bonnes familles ». C. a passé les cinq premières années de sa vie dans cet environnement. Le grand-père est un aristocrate britannique, très catholique et d’allure fortement patriarcale ; le seul homme de la famille. Le grand-père croit que C. est possédée par le diable et veut qu’un prêtre exorcise l’enfant.

 

Résultat du test psycho WISC III (Wechsler Intelligence Scale for Children) :

* Intelligence très élevée : moyenne 153
- QI verbal : 139
- QI de performance : 150
 

C. semble très heureuse quand elle peut parler et travailler intellectuellement, moins lorsqu’elle fait quelque chose de concret. Elle est émotionnellement instable ; elle oscille entre blocage et compensation.
.
* Test de concentration (-)
- Capacité de concentration
- à l’école elle s’ennuie vite et se décourage facilement : « L’école est importante, mais inintéressante », « c’est trop facile à l’école, l’école ne me sert à rien. »

* Compréhension logique (0)
- Raisonnement logique, traitement mental, capacité d’abstraction
- Mathématiques

* Test de haute performance (++)
- Informations, culture générale,
- Adaptation à la réalité : C. observe beaucoup, s’inquiète et a peur de ne pas s’en sortir.

- C. essaie de compenser ses difficultés ; elle se comporte de manière bipolaire : charmante / méchante
 
Prescription / Discussion

C. a toujours été traitée homéopathiquement. Elle est aussi suivie par une psychothérapeute, ce qui m’a permis de garder un peu de distance et de réduire un peu les consultations très longues avec les plaintes interminables de sa mère.
Récemment C. m’a dit qu’elle n’aimait pas les séances chez la psychothérapeute ; elle doit lui avouer quelque chose (sic), mais elle est incapable de le faire. Je lui ai suggéré de consulter un autre psychothérapeute, qui n’aurait pas été choisi par sa mère et auprès duquel elle pourrait peut-être se sentir plus libre.

Au sommet du conflit avec sa mère en 2007 (anno horribilis) deux remèdes furent donnés :
 

Janvier 2007 : 1. - Iridium metallicum 1M (C 1000 Korsakoff)

- C. a 11 ans et est en plein processus de croissance prépubertaire. Elle est épuisée et grandit trop vite. (Silicea)

- Elle est au sommet de son développement artistique pour son groupe d’âge : pendant les deux dernières années C. a composé de la musique et l’a jouée au violon ; de préférence quand sa mère n’était pas là. Personne ne sait ce qu’elle écrit ; même son professeur l’ignore.

- Un événement important : la directrice rapporte que C. était sur le point d’obtenir de bons résultats et qu’elle a tout gâché à la dernière minute, elle a échoué à l’approche du but.

Remarque : Iridium metallicum pourrait aussi être un bon remède pour les problèmes urogénitaux de la mère !
 
Octobre 2007 : 2. - Germanium metallicum

- Grande épuisement

- Famille : grand-père, rétrograde, « Vieille France », très dominateur.

- Guerre entre la mère et la fille et un ennemi invisible : le père.

Germanium 1M(1) fut prescrit un mois après l’Iridium et eut un effet favorable sur son état d’épuisement et ses performances scolaires ; elle se concentre mieux maintenant et est moins agitée.
Au cours de l’année 2008 je n’eus pas de contact avec elle, car la psychothérapeute avait pris la main.

C. revint - avec sa mère - au printemps 2009. Le conflit entre elles reprit violemment et C. vomit constamment. Toute son énergie semble se concentrer sur la dispute avec sa mère, et la mère continue à fixer sa propre énergie sur la haine éternelle du père. Évidemment le « diable » que le grand-père veut exorciser n’est autre que le père.

 
Février 2009

C. revient et le conflit avec la mère continue d’escalader. Elle a toujours des difficultés de concentration et s’occupe beaucoup d’esthétique, surtout de son apparence et de sa musique.

Les symptômes clés suivants m’ont conduite à cette prescription dérivée du papillon :

Énergie : perte d’énergie constante dans le combat. Source d’énergie créative dans la musique et dans les rêves, surtout à l’école.
 
Art et beauté : C. a grandi de 13 cm et est en train de devenir une beauté ; elle a la posture d’une princesse. Elle se consacre intensément à la musique ; j’ai eu la chance d’être invitée pour l’écouter interpréter une de ses propres compositions un après-midi de dimanche.
 
Origine : C. a été (partiellement) élevée avec des enfants handicapés dans le château de ses grands-parents.

Animaux et relations : À Pâques C. dut monter à cheval, ce qu’elle détestait ; elle rejette aussi toutes sortes d’animaux, à l’exception de ceux qui volent la nuit, comme les chouettes, les chauves-souris et les papillons de nuit.

Niveau d’énergie : Elle souffre d’une perte d’énergie ; elle est trop impliquée dans les problèmes familiaux.

 
Prescription : Lilac beauty / Phalène du lilas C 200

Réaction : la réaction au remède est tout simplement spectaculaire, en ce qui concerne sa concentration et l’agressivité envers sa mère. Elle est devenue plus calme et s’en sort mieux à l’école ; les religieuses l’acceptent désormais. Elle prend beaucoup de plaisir à son violon, qu’elle continue de jouer avec passion.
Suivi deux mois plus tard :

après avoir rencontré son père, elle vient en consultation chez moi ; elle est visiblement bouleversée par cet événement, et demande une répétition du remède.
 
Répétition : Lilac Beauty / Phalène du lilas C 200
 
Suivi 6 mois plus tard :
Elle est de nouveau stable, semble profiter de la vie et progresse encore au violon. Elle paraît s’être quelque peu distanciée des conflits qui l’entourent.
 
©Entomart
 
Materia Medica
 
Dr Patricia Le Roux, caractéristiques de Lilac Beauty / Phalène du lilas
 
Classification systématique
Règne : Animalia (animaux)
Embranchement : Arthropoda (arthropodes)
Classe : Insecta (insectes)
Ordre : Lepidoptera (papillons)
Famille : Geometridae (géomètres, phalènes)
Sous-famille : Geometrinae (géomètres verts)
Genre : Apeira
Espèce (Art) : Apeira syringaria
 

Un papillon de nuit de la famille des « Thorn » n’est pas très coloré, mais le bord de ses ailes est joliment ondulé. Cela, associé à un fin motif de couleur, donne l’impression d’une feuille froissée. Ce papillon vole entre juin et juillet, et se rencontre principalement en Angleterre, Irlande et Pays de Galles. Il préfère les haies et les lisières de forêts. La chenille se nourrit de chèvrefeuille (Lonicera), de troène (Ligustrum) et de quelques autres plantes. son envergure est de 38-42 mm (Linnaeus, 1758).

 

Les principaux symptômes pédiatriques d’APEIRA :

1. Sensualité, beauté, joie, esthétique
Ce sont des patients artistiques, esthétiques, avec des idéaux.
 
2. Troubles dus à la perte d’énergie ; trop d’épuisement à cause de problèmes familiaux
Les enfants se sentent responsables des problèmes familiaux qui les entourent, sur lesquels ils n’ont aucune influence.

3. Affection pour les animaux, spécialement les papillons.
Ce sont des personnes vives, actives, qui cherchent plaisir et jouissance.


4. Ils sont souvent confrontés à des maladies génétiques graves.
Cela fut le cas de ma patiente de 14 ans.
 
Analyse

Apeira syringaria est un remède papillon intéressant, qui correspond à l’environnement artistique et aux lourds conflits familiaux !

Il y a plusieurs raisons de traiter la jeune fille à cette étape de la vie par un remède de papillon. Premièrement, l’expérience dramatique de l’abandon ; deuxièmement, son environnement esthétique tant sur le plan social que sur ses conditions corporelles. Le sentiment de beauté et d’harmonie, et le désir de beauté sont toujours présents quand une prescription de papillon est nécessaire. Troisièmement, son éducation parmi des enfants lourdement handicapés (avec des maladies héréditaires) est un symptôme directeur à prendre en compte. Enfin s’ajoutent l’agitation et l’instabilité qui surviennent souvent dans de tels cas. Cette jeune fille est toujours à la recherche d’harmonie et tout ce qui l’en empêche provoque peur et agitation.
Une telle prescription peut favoriser le développement de la patiente et l’aider à gérer utilement son exigence esthétique.

Patricia Le Roux est pédiatre et tient une pratique homéopathique à Marseille, France. Elle est devenue connue comme auteure de plusieurs livres d’homéopathie, tels que « Homéo et Juliette », « Homéo-Pitchoun », « L’énergie de l’hydrogène », « Les métaux en homéopathie » et « Les papillons en homéopathie ».

 

Catégorie : Cas

Mots-clés : Esthétique, désir de beauté et d’harmonie, perte d’énergie, agitation, instabilité, problèmes familiaux.
 
Remède : Apeira syringaria

 
************************************************************************************
 
(1) C 1000 Korsakoff
von Narayana Verlag