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Dr A. U. Ramakrishnan

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Dr. A. U. Ramakrishnan 

Interviews avec des homéopathes | Hpathy Ezine (1)
Mars 2008

 

Alan Schmukler: Bienvenue sur Hpathy. Nous sommes heureux que vous nous fassiez l'honneur de votre visite. Vous êtes connu pour traiter des cas très graves. Comment parvenez-vous à rester positif et optimiste et à redonner du courage à vos patients ? Les homéopathes ont-ils besoin d'une dimension spirituelle pour exercer leur art ?

A.U.Ramakrishnan: Travailler en homéopathie est l'expérience la plus fascinante qu'on puisse imaginer. L'homéopathie révèle les possibilités extraordinaires de l'être humain, le pouvoir de l'énergie vitale... la plus haute force curative. J'ai donc la certitude positive que je peux toujours faire quelque chose pour améliorer l'état de santé de mes patients. Cela ne signifie pas toujours une guérison complète. Je ne suis nullement dans l'ignorance du fait qu'il existe des maladies irréversibles. Mais l'homéopathie peut apporter à chacun la meilleure amélioration possible dans les circonstances données.

J'ai très souvent pris en charge des patients à qui l'on avait dit qu'il ne leur restait que deux semaines à vivre (ou à mourir), et j'ai réussi à leur offrir encore 8 ou 9 mois de vie ; pas dans la douleur et l'angoisse, mais en leur assurant une durée de vie plus longue avec une bonne qualité de vie. Ce sont ces réussites qui me permettent de garder une attitude positive même dans les cas difficiles. Je connais les conditions de vie de mes patients et je parle avec leurs proches ; j'explique la situation et j'essaie d'obtenir le meilleur possible en fonction des circonstances.

Pour répondre à votre question sur la nécessité d'une dimension spirituelle pour les homéopathes... c'est indispensable, et à mon avis tout médecin a besoin d'une dimension spirituelle, qu'il soit homéopathe ou non.

Alan Schmukler: Vous êtes l'un des experts mondiaux dans le traitement du cancer. Qu'est-ce qui vous a amené à vous consacrer aussi intensément à cette maladie ? Est-il réaliste d'espérer une « guérison » pour certains types de cancer ?

A.U.Ramakrishnan: Je ne sais pas si je suis un expert, mais au cours des 20 dernières années j'ai traité des milliers de cas, et cela m'a donné un certain avantage thérapeutique... tout en me rappelant souvent mes limites. En résumé : aux premiers stades (stade I et II) on peut être très optimiste, et même au stade III on peut aujourd'hui être plus optimiste que je ne le pensais il y a dix ans. Dans l'ensemble, je pense que nous pouvons apporter une contribution précieuse.

Alan Schmukler: Vous avez dit : « Pour qu'une guérison puisse réussir, le patient doit avoir une connaissance de son moi intérieur et doit posséder un équilibre intérieur ». Comment aidez-vous les patients à atteindre cela ? Dans quelle mesure vous impliquez-vous dans la vie du patient ?

A.U.Ramakrishnan: J'essaie, quand c'est possible, de consacrer un maximum de temps au patient dans le cadre d'une consultation extra-longue afin d'apprendre son mode de vie ; ensuite je propose mes traitements. Cela provoque souvent de grands changements. Il y a aussi des moments où quelqu'un, pour des raisons particulières, ne peut pas changer sa vie. La vie n'est pas facile, mais nous ne devons pas abandonner ; nous devons toujours continuer à essayer.

Alan Schmukler: On considère généralement qu'un diagnostic précoce est un facteur important pour un traitement réussi. Vous fiez-vous aux analyses sanguines ou à d'autres moyens diagnostiques pour détecter les stades précoces du cancer ? Y a-t-il des paramètres sanguins spécifiques qui indiquent une précancérose ?

A.U.Ramakrishnan: Je m'appuie sur les mêmes tests que les oncologues... Certaines maladies comme le cancer de la prostate peuvent être détectées par une analyse sanguine avant leur véritable apparition... par exemple par une valeur élevée du PSA (2). Un frottis (Pap) (3) permet un dépistage précoce du cancer du col de l'utérus... Parfois, un lavage gastrique de routine peut déjà indiquer, en amont, un cancer gastrique. C'est pourquoi, surtout après 40 ans, des examens de contrôle annuels sont recommandés, en particulier des examens comme l'endoscopie (4) du tube digestif supérieur et la coloscopie.

Alan Schmukler: Les écoles homéopathiques récentes mettent plutôt l'accent sur les symptômes psychiques et mentaux. Une approche affirme qu'un remède qui touche les conflits de vie sous-jacents du patient suffit pour traiter la tumeur. Qu'en pensez-vous ?

A.U.Ramakrishnan: C'est vrai, et j'aborde généralement mes cas ainsi, sauf pour le cancer. Le cancer progresse extrêmement vite et se propage à d'autres zones (métastases), ce qui nous oblige à appliquer une technique qui agit immédiatement et directement sur le processus pathologique. C'est la raison du choix d'un remède ciblé sur l'organe.

Alan Schmukler: Même les homéopathes enthousiastes se tournent généralement vers des « spécialistes » conventionnels lorsqu'une maladie menaçant la vie est diagnostiquée. Ainsi, les cas de cancer « frais » n'arrivent pas souvent chez l'homéopathe. La plupart des cas que nous recevons sont « épuisés » ; c'est-à-dire que la médecine conventionnelle les a abandonnés. Quel pourcentage des cas de cancer que vous voyez dans l'année sont des nouveaux diagnostics ?

A.U.Ramakrishnan: Vous avez raison. C'est la réalité, et c'est pourquoi, parmi les quelque 12 000 cas que j'ai traités (il peut y en avoir eu davantage), plus de 9 000 étaient au stade IV. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il n'y a plus rien à faire. Certes, tous les cas que vous prenez ne peuvent pas être guéris. Mais nous pouvons offrir à vos patients une prolongation précieuse de la vie, et cela vaut nos efforts.

J'ai traité des cas qui avaient été renvoyés de l'hôpital pour mourir à la maison. On leur donnait pas deux semaines. Avec mon traitement, ils ont vécu encore neuf mois dans un état de santé acceptable et sans peur constante de la mort. Les proches sont souvent si reconnaissants et me disent que les derniers mois sous traitement homéopathique ont été la meilleure période que le patient ait eue depuis le diagnostic du cancer. Je crois que l'on rend un grand service aux souffrants grâce à l'homéopathie.

Alan Schmukler: Pour quelles raisons les « nouveaux » patients choisissent-ils de venir vous consulter plutôt qu'un médecin conventionnel ?

A.U.Ramakrishnan: Le plus souvent par le bouche-à-oreille. Un ami ou un parent qui est passé par le moulin conventionnel leur raconte les mauvaises expériences qu'il a eues. Cela pousse de nouveaux patients à chercher des voies alternatives et les amène dans votre cabinet. Et je vous assure que ce n'est pas si rare !

Alan Schmukler: Les patients demandent souvent : « Pouvez-vous me guérir ? » Si vous dites « Non ! », le patient ne voudra pas être traité par vous. Si vous dites « Oui ! », vous pouvez avoir des problèmes juridiques. Comment gérez-vous les questions et attentes des patients ? Comment pouvez-vous donner un pronostic dans de tels cas ?

A.U.Ramakrishnan: Je leur dis qu'il n'y a pas de garanties en médecine. Même pour un rhume ou une éruption cutanée il n'y a pas de certitude à cent pour cent. On est déjà content si le médecin obtient une guérison à quatre-vingts pour cent. Puisque la situation est telle, je ne peux que tenter de faire de mon mieux.

Alan Schmukler: Si un patient « nouvellement diagnostiqué » et apparemment « guérissable » ne répond pas à votre traitement et meurt soudainement, les proches peuvent menacer d'engager des poursuites. Cela vous est-il déjà arrivé ?

A.U.Ramakrishnan: Non, Dieu soit loué, pas encore. Mais je fais habituellement signer aux patients un formulaire de consentement avant le début du traitement. Le conseil homéopathique est une recommandation supplémentaire et n'entrave en rien la réalisation des procédures conventionnelles et leurs possibilités.

Alan Schmukler: Vous vous rendez souvent dans d'autres pays pour traiter des cancers. Dans la plupart des pays, cependant, les homéopathes ne peuvent pas légalement « traiter » un cancer. Comment gérez-vous ce dilemme ?

A.U.Ramakrishnan: Je travaille en tant que consultant avec l'accord de l'oncologue traitant. Il me confirme qu'il a fait tout ce qui était en son pouvoir, que le patient est épuisé thérapeutiquement et qu'il n'a aucune objection à ce que je poursuive le traitement de son patient. Je travaille sur une base individuelle et je ne vais pas là-bas pour ouvrir un cabinet.

Alan Schmukler: Pouvez-vous travailler homéopathiquement si une radiothérapie, une chimiothérapie ou d'autres méthodes allopathiques sont utilisées ? Cela ne perturbe-t-il pas le traitement homéopathique ?
 
A.U.Ramakrishnan: Bien sûr, ces procédures perturbent le traitement homéopathique et c'est pourquoi je préfère les éviter autant que possible, à l'exception des opérations nécessaires que je recommande vivement.
Mais la réalité est que nous travaillons avec des patients qui subissent une chimiothérapie ou une radiothérapie, et c'est précisément là que ma « méthode Plussing » intervient, une grande aide dans ces cas. Même face à une chimiothérapie, je peux faire en sorte que nos remèdes puissent exercer leur effet !!!

Alan Schmukler: Quels problèmes peuvent survenir et quelles précautions sont nécessaires lors d'un traitement homéopathique en présence de lésions d'organes, comme dans le syndrome de Parkinson ?

A.U.Ramakrishnan: Dans de tels cas, il est important de connaître précisément la pathologie. Ce n'est qu'ainsi que vous êtes en mesure d'établir un pronostic, dans quelle mesure on peut espérer une amélioration - même après une stimulation vitale réussie.

Alan Schmukler: Aux États-Unis, des naturopathes traitent le cancer par détoxification, avec des régimes spéciaux, des plantes, des nettoyages intestinaux, etc. Intégrez-vous ces méthodes dans votre pratique ou orientez-vous des patients vers de tels traitements ?

A.U.Ramakrishnan: Je n'adopte pas ces méthodes, ni ne les recommande à mes patients. Cependant, si mes patients ont déjà commencé ces traitements ou me demandent s'ils peuvent les suivre, je n'ai rien contre tant qu'ils ont l'impression que cela leur fait du bien.

Alan Schmukler: Parfois il est difficile de trouver le remède constitutionnel. Est-il absolument nécessaire pour la guérison dans un cas de cancer ?

A.U.Ramakrishnan: Il n'est peut-être pas nécessaire de le donner tout de suite au début, mais en fin de compte il est très important. Au cours d'un processus de traitement de plusieurs mois avec des consultations régulières, le remède constitutionnel se précisera à coup sûr.

Alan Schmukler: Lors du choix d'un remède organotrope, les symptômes du tableau du remède doivent-ils correspondre à ceux du patient ou la localisation de la tumeur suffit-elle comme indication ?

A.U.Ramakrishnan: La localisation de la tumeur (organe d'origine) et les symptômes sont tout aussi importants.

Alan Schmukler: Combien de temps poursuivez-vous le traitement des cancéreux après la disparition de la tumeur ?

A.U.Ramakrishnan: Au moins un an de plus et parfois même plus longtemps, mais avec moins d'agressivité ; plus de Plussing. Parfois un contrôle tous les 3 mois pendant une période de 2 à 3 ans est utile... parfois seulement un an... cela dépend.

Alan Schmukler: Y a-t-il déjà eu des problèmes liés à des épreuves de remède (non prévues) lorsque un remède est répété quatre fois ou plus par jour ?

A.U.Ramakrishnan: C'est l'avantage de la méthode Plussing. Vous n'êtes pas exposé, surtout chez les patients cancéreux, à l'embarras d'une épreuve médicamenteuse involontaire lorsque vous administrez le remède selon la méthode Plussing. Je n'ai pas encore essayé comment la méthode Plussing agit chez le sujet sain.

Alan Schmukler: Comment distinguez-vous les effets secondaires ou les symptômes dus à la tumeur des symptômes significatifs ?

A.U.Ramakrishnan: Par leur localisation et par l'ampleur de la pression tumorale.

Alan Schmukler: Vous avez coécrit avec Catherine Coulter le livre « Cancer - une approche homéopathique » (présenté dans ce numéro). Quel retour avez-vous reçu des lecteurs de ce livre ?

A.U.Ramakrishnan: Catherine Coulter était ma co-auteure. Elle m'a fait des suggestions sur l'étendue du livre, la mise en page des chapitres, la formulation en anglais, etc., tandis que les idées, le concept, les cas, la gestion des cas et la philosophie sous-jacente viennent de moi. La réaction des lecteurs à ce livre a montré leur profonde gratitude. Des centaines de personnes ont dit que la méthode Plussing avait été « le salut ». J'ai reçu des dizaines de lettres de remerciement, et cela constitue une source d'inspiration et de force pour ma carrière professionnelle.

Alan Schmukler: Dans certains cas la mort est inévitable. Comment gérez-vous la mort d'un patient ?

A.U.Ramakrishnan: C'est une réalité inévitable, particulièrement dans un cas de stade IV. Il s'agit seulement de permettre au patient une prolongation de la vie avec une qualité de vie optimale et vous faites de votre mieux pour garantir cela. Vous prolongez la durée de vie et la rendez plus agréable. Si vous faites votre travail et acceptez cette réalité, la mort d'un patient ne peut pas vous déséquilibrer.

Alan Schmukler: Merci beaucoup, Dr Ramakrishnan, d'avoir pris le temps de répondre à cette interview. Vos connaissances et votre réflexion nous inspirent et donnent de l'espoir à beaucoup de gens.

 

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Dr. Ramakrishnan MBBS (5), MF Hom (6), PhD (7), est un médecin indien de renommée internationale. Il parcourt le monde, donne des conférences sur l'homéopathie et traite des cas difficiles. Il est expert en maladies cardiaques, cancer, sclérose en plaques, épilepsie, arthrite et diabète. Il est le médecin homéopathe du président de l'Inde.

Dr. Ramakrishnan présente ses connaissances lors de congrès internationaux depuis 1981. Avec Catherine R. Coulter, il est auteur du livre « Cancer - une approche homéopathique ». (Voir la critique du livre dans ce numéro de Homeopathy4Everyone).

Visitez son site Web à l'adresse http://www.drramakrishnan.com/

Vous pouvez joindre le Dr Ramakrishnan à l'adresse suivante : Rajarathnam Str. 22, Madras-600 010, Inde.

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(1) Rev. Homeopathy for Everybody (Homéopathie pour tous), Ezine = magazine électronique

(2) antigène spécifique de la prostate

(3) Frottis (Pap) : développé en 1928 par le médecin grec George Papanicolaou pour le dépistage du cancer du col de l'utérus.

(4) endoscopie

(5) Bachelor of Medicine, Bachelor of Surgery

(6) praticien en homéopathie (Inde)

(7) docteur en philosophie

 

von Narayana Verlag