Passer au contenu principal Passer à la recherche Passer à la navigation principale
N'hésitez pas à nous contacter via notre service client: +49 7626 974 9700.

Conium maculatum : Un cas de photophobie chronique sévère chez une fillette de six ans

Actualités
 

Conium maculatum :
Un cas de photophobie chronique sévère chez une fillette de six ans

 

« Madame, nous devons considérer votre enfant comme aveugle, il est temps de l’inscrire dans une école spécialisée. » Nous sommes en février 2002 et la mère de A. écoute le Dr C., un ophtalmologiste qui diagnostique l’état de santé de sa fille.
A. est née en 1996. Ce fut un accouchement difficile – césarienne en urgence après la rupture des membranes au cours d’une maladie fébrile maternelle et un score d’Apgar de 6/10/10.
A. présente une perte auditive de 50 %, pour laquelle elle reçoit un appareil auditif à l’âge de quinze mois. Dès dix-huit mois apparaît une photophobie qui la contraint à porter en permanence des lunettes sombres. Après quelques années, l’hypersensibilité à la lumière devient si grave qu’une vie en plein jour devient impossible.

À l’âge de six ans elle vient dans mon cabinet entièrement repliée sur elle-même. Elle cache constamment ses yeux avec ses deux mains. Elle ressent une sensation de brûlure, ses yeux sont injectés de sang, surtout du côté gauche, et ils purulent le matin.

Pour ce qui est du diagnostic, plusieurs hypothèses ont été envisagées après un bilan complet par nos excellents collègues parisiens. L’examen du fond d’œil a montré une atrophie de l’épithélium pigmentaire rétinien, surtout à gauche. Un syndrome de Usher précoce est envisagé (affection génétique qui pourrait aussi expliquer la perte auditive), mais un traumatisme psychologique n’est pas non plus exclu, même s’il n’y a pas actuellement d’éléments psychothérapeutiques probants.
Aucune de ces approches ne laisse entrevoir une amélioration et la dernière solution paraît être son inscription à l’école pour aveugles de Marseille.

Le traumatisme psychologique de l’enfant a été déclenché par l’incident suivant : par une journée ensoleillée, alors que A. avait 18 mois, une violente dispute éclata entre ses parents. Ils se promenaient à pied sur un champ enneigé et A. était portée dans les bras de sa mère. L’enfant avait uriné auparavant sur un fauteuil – dans le salon de leur appartement de vacances à la montagne – et le père reprocha à sa femme de négliger l’éducation à la propreté de l’enfant, tandis que la mère rétorquait qu’il était encore trop tôt. La dispute dégénéra et se termina par des coups violents portés par le père à sa femme. Ils se séparèrent ensuite et A. ne vit plus son père que rarement. A. était l’unique enfant du couple et le père a maintenant une nouvelle compagne.

Confronté à un cas si difficile, je consultai la rubrique « Photophobie » dans la section « Yeux » du Répertoire de Kent : dans la rubrique principale sont proposés 192 remèdes, et aucune des sous-rubriques proposées ne suscita mon intérêt particulier.

Lorsque je me rendis compte que je n’allais pas trouver de solution par cette voie, j’examinai d’abord l’hypothèse que la photophobie, qui en raison de son intensité pourrait mener à la cécité, puisse dans certaines circonstances être d’origine psychosomatique : l’enfant fuit la lumière. Comme c’est parfois le cas, il existe dans le Répertoire de Kent, sous ESPRIT ET AFFECTION, une rubrique « Photophobie » contenant sept remèdes, dont un seul est ternaire : Conium maculatum.
Les enfants ayant besoin de Conium maculatum sont autoritaires et pointilleux – traits de caractère qui correspondent bien à A.

J’ai donc prescrit Conium maculatum en potences croissantes ; C15, C18, C24, et enfin C30, une dose toutes les deux semaines. Cela suivit un traitement d’évacuation avec des potences des vaccins qu’elle avait reçus, pouvant constituer une barrière énergétique à la guérison (en particulier le vaccin contre l’hépatite B, dont les effets secondaires ont déjà été évoqués à de nombreuses reprises lors de congrès d’ophtalmologie).

Suivi :

A. revient trois mois plus tard et est nettement améliorée. Nous pouvons enfin voir ses beaux yeux car elle ne les cache plus. Son comportement s’est amélioré. Étonnamment la perte auditive est descendue à 30 % sans appareil, et avec l’appareil elle entend maintenant normalement !
Entre-temps elle a été traitée pour des aphtes, guéris par Baptisia tinctoria C7, trois granules trois fois par jour pendant deux jours ; ce remède correspond à l’angoisse de séparation et est d’un grand secours lorsque des familles se séparent.

Nous poursuivons le traitement par Conium maculatum C200, dose unique. Après un mois encore, 1M (1) ; un mois plus tard, 10M, à chaque fois une dose unique.

Deux mois plus tard elle consulte pour un mal de gorge tenace. Son père a une nouvelle compagne et ne veut plus dormir dans la même chambre qu’elle lorsqu’elle vient en visite. Lachesis C15 en dose unique a été prescrite ; Lachesis est le remède principal pour le complexe œdipien et sa jalousie caractéristique.
Six mois plus tard les yeux se sont un peu aggravés, mais pas au point qu’elle ait besoin de remettre ses lunettes sombres. Je prescris Conium maculatum 5M, une dose, puis deux mois après 10M, une dose.
Une verrue s’est formée sous la plante du pied.
Trois mois plus tard la verrue a disparu, les yeux ne posent plus de problème, et son audition s’est encore améliorée ; elle n’a plus besoin de porter son appareil auditif à l’école, où elle progresse très bien pour son âge. Elle n’aime pas se laver et paraît un peu négligée. Je prescris une dose de Sulphur C9.
Neuf mois après, elle va à merveille : elle n’a plus de problèmes visuels et a bonne mine. Elle n’utilise plus d’appareil auditif et dit qu’elle n’en a pas besoin. Mais maintenant elle a des molluscums sur le ventre.
Prescription : Psorinum C30 et deux semaines plus tard Conium maculatum C30.
Quatre ans plus tard c’est une adolescente en bonne santé.

Commentaire :
Ce cas montre une fois de plus combien la thérapie homéopathique est indispensable. Elle propose des solutions efficaces lorsque l’allopathie ne sait plus quoi faire. Le rejet constant de cette thérapie non violente et économique par la médecine académique paraît d’autant plus irrationnel à une époque où les systèmes de communication électroniques et les nanotechnologies font de tels progrès.

conium_maculatum_200.jpg Conium maculatum (ciguë) est une plante dont les propriétés sont bien connues depuis l’Antiquité et qui a joué un rôle important dans la mort de Socrate. Elle provoque une paralysie ascendante progressive, de sorte que le condamné peut encore parler jusqu’à la fin. Les dernières paroles de Socrate furent : « Criton, nous devons un coq à Asclépios. Te souviendras-tu de payer cette dette ? » (Asclépios est le dieu grec de la médecine).
Hahnemann, le fondateur de l’homéopathie, s’appelle en anglais ‘man-rooster’ (« rooster » signifiant en français « coq »). Le coq représente la double symbolique de l’homme : séducteur, victime de ses impulsions sexuelles, et prophète.
Le coq indique aussi le début du jour, l’aube. Ici il a sublimé ses pulsions sexuelles et concentré toute son énergie sur la moitié supérieure du corps pour accéder au savoir et à la connaissance. D’où le message que Socrate nous enseigne : « Connais-toi toi-même ! » (Know thyself !)
11_lichtscheu_text.jpg
 

Dans notre cas A. se coupe des moyens d’accès au savoir : d’abord par sa surdité, ensuite par sa cécité. Cette tragédie se développe à 18 mois, une phase importante du développement psychologique, où l’influence du père doit permettre à l’enfant d’abandonner la phase orale et la relation symbiotique à la mère ; le père est le représentant de la société.
Grâce aux limites et aux interdits apportés par le père, l’enfant passe de la phase orale à la phase anale et acquiert les règles sociales. Dans ce cas on observe que le père argumente à propos de l’éducation à la propreté de l’enfant, mais est repoussé par la mère, qui préfère prolonger la phase orale pour que l’enfant demeure dans son amour symbiotique sans limites. Le père réagit alors si fortement qu’il provoque l’échec du mariage et le traumatisme psychologique de sa fille, qui associe l’éblouissement du soleil sur la neige à la violence de son père : la lumière est dangereuse ; d’où sa recherche refuge dans l’obscurité. Au-delà de la lumière, c’est l’accès au savoir qui est ainsi compromis.

La proposition du Dr C. d’envoyer la fillette en internat et de la séparer de sa mère est le déclencheur qui la pousse à rechercher un traitement homéopathique.

Conium maculatum permet, en tant que remède homéopathique de l’humanité, une redécouverte du chemin vers le savoir en déplaçant les énergies des chakras inférieurs vers les chakras supérieurs (pour reprendre la terminologie tibétaine).

*************************************************************************
(1) C 1000 Korsakoff
*************************************************************************

Bibliographie

GRANDGEORGE, D., L'esprit du Remède homéopathique, Edicomm Ed., Juan-les-Pins, 2003.
Traduction anglaise : The spirit of homeopathic medicine, North Atlantic Books, Berkeley, Californie, 1998.
Allemand : Der Geist der homöopathischen Medizin

KENT, J.T., Répertoire de la materia medica homéopathique, Sett Dey Ed. Calcutta, 1974.

Platon, Phédon, 118a

*************************************************************************

Catégorie : Cas
Mots-clés : photophobie sévère, perte auditive, traumatisme psychique
Remède : Conium maculatum

 

 

Didier Grandgeorge